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Zinédine Zidane

Si un coup du sort (ou plutôt, du calendrier) n'avait soumis sa participation à des aléas aux conséquences incertaines, cette Coupe aurait été à coup sûr un moment de consécration pour Zidane. Elle peut encore l'être…
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Une marche de plus ?
Entre 1996 et 2002, Zidane est le joueur dont la trajectoire épouse le plus intimement celle de l'équipe de France, fusionnant même un soir de juillet. Malgré les doutes (un Euro anglais que Jacquet avait tenu à lui faire disputer, même diminué) et les orages (une expulsion et deux matches de suspension en plein Mondial), et jusque dans une blessure dont on ne sait encore si elle sera fatale pour 2002, le meneur de jeu s'est rendu de plus en plus indispensable à une sélection dont il est devenue la figure de proue. Sur le terrain aussi, la vie sans lui n'est plus la même, comme s'il manquait à la fois le moteur et le carburant. Zidane n'a pas la vision du jeu de Platini ni ses qualités de stratège et de buteur, mais il possède une maîtrise technique incomparable qui lui permet de récupérer, de conserver et de distribuer les ballons avec une facilité confondante. Son dribble, si on peut l'appeler ainsi, consiste à constamment pousser la balle là où son adversaire ne peut l'atteindre, l'obligeant parfois à tacler dans le vide. Son importance pour l'équipe réside moins dans ses passes décisives ou ses percées dans les défenses que dans la fluidité et l'assurance qu'il donne à l'expression du collectif. Son positionnement assez bas pour un milieu offensif traduit bien ce registre de joueur qui donne l'impulsion ou nettoie les ballons là où il y en a besoin. On n'attend finalement plus de lui qu'une relation plus instinctive avec les attaquants, et une prise de responsabilité plus grande aux abords de la surface…

Il a également gommé les aspects moins positifs de son jeu, comme sa tendance à perdre subitement ses nerfs ou a être un buteur rare. Avec 19 buts en 73 sélections (soit un pour quatre matches), dont deux particulièrement inoubliables, il affiche désormais des statistiques très honorables. Depuis qu'il a arrêté de décocher des coups de boule ou de savate aux défenseurs qui le serrent de trop près, et au travers de son transfert au Real Madrid, il a acquis une aura internationale à laquelle la Coupe du monde devrait offrir la plus grande scène qui soit. Une sale blessure et la fatigue l'empêcheront-t-elles d'y réaliser des gestes aussi exceptionnels que sa reprise de volée en finale de Ligue des champions?


Son point fort
Une perception en temps réel des coordonnées spatiales de la balle, du terrain et des joueurs dans un univers orthonormé dont les axes se croisent à hauteur de ses hanches, exploitée par une coordination corporelle digne des plus grands danseurs étoile.

Son point faible
Le rectus femorus du quadriceps antérieur gauche.

Son geste technique
Zidane ne fait que des gestes techniques.

Son objectif personnel
Cette fois, ne pas laisser l'ombre d'une chance à Figo pour le Ballon d'or.


Le point de vue de Jean-Patrick Sacdefiel (1)
Alors là, on touche au summum. Le Veau d'Or de la sélection est célébré comme le plus grand joueur de l'histoire des Bleus. C'est juste la plus grosse supercherie de cette sélection, dont il n'est pas étonnant qu'il soit le symbole. Zidane est un joueur de cirque, qui tel un chien sur un monocycle ne sait pas toujours dans quelle direction il avance. Rien ne le représente mieux que cette publicité dans laquelle il jongle, dribble en traversant différents décors sans quitter le ballon des yeux. Ce n'est pas grave, il fournit des jolis ralentis à toutes les télévisions du monde et fait vendre des milliers de maillots du Real Madrid. Il n'a pas besoin d'en faire plus pour déchaîner l'idolâtrie crasse des masses bêlantes, qui voient en chacun de ses marmonnements l'expression de la sagesse et de l'esprit saint des Bleus, en chacun de ses gri-gri de cour de récréation la preuve de son génie.
Un seul joueur mérite d'être consacré plus grand meneur de jeu de l'équipe de France de tous les temps, un seul a assez de talent pur et de gloire personnelle, un seul numéro 10 a une carrière sublime qui ne souffre aucune tâche tant elle a su rester vierge de trophées et de célébration médiatique. J'ai bien entendu nommé M. Serge Chiesa, qui eût, lui, la dignité de refuser la sélection et d'épargner à son génie la souillure d'un culte aussi indigne.

(1) La rédaction des Cahiers du football décline toute responsabilité envers les propos de notre atrabilaire consultant, qui souffre d'un aigrissement général l'ayant conduit à une haine maladive envers les Bleus (voir sa légendaire première contribution).


Zidane dans nos archives
Le-plus-grand-club-du-monde, mars 2002.
Les Bleus sur le web : Zidane..
Qui a une tête de Ballon dOr?, décembre 2000.

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