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PALMARÈS 2002

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Controverses, bilan annuel

Manifeste, 2e partie

Le dopage, l'arbitrage, le hooliganisme, l'esthétique... La suite
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Lutte contre le dopage

Il faut d’urgence mettre fin à l’hypocrisie qui fait croire que la première discipline sportive au monde est quasiment épargnée par un fléau présent partout ailleurs. La multiplication des matches, leur intensité physique toujours croissante, l’importance des enjeux économiques laissent peu de doute sur sa réalité dans le football, même s’il est peu probable qu’il existe sous les mêmes formes organisées que dans le cyclisme. Pour le savoir et pour prévenir des dérives aggravées, il faut que les instances sportives et surtout les pouvoirs publics donnent à la lutte des moyens substantiels.

Pleins pouvoirs à l’Agence mondiale antidopage
L’AMA, indépendante des pouvoirs sportifs et financée par les Etats, doit donner l’impulsion et les orientations de la politique de lutte, harmoniser les réglementations et exercer un pouvoir réel de contrôle et de sanction. L’expérience montre qu’il n’est pas permis d’en laisser la responsabilité aux seules fédérations et confédérations, lesquelles ont trop intérêt à maintenir un statu quo et à organiser le laxisme.

Un véritable plan de lutte et de prévention

Afin d'éviter qu'il le devienne, le dopage doit être combattu comme s'il constituait déjà un mal endémique, ce qui implique la mise en place du suivi médical longitudinal, de contrôles inopinés et systématisés, de l'élargissement des substances détectées, de commissions d'investigation, de programmes de recherche scientifique.

Financement de la lutte

Une taxe sera imputée aux clubs ou à leurs ligues professionnelles afin de financer la recherche sur la détection des produits interdits et la mise en place de véritables dispositifs de contrôle. Il est totalement légitime que les milieux pros prennent en charge le financement de la lutte antidopage afin d’assumer une évidente responsabilité sociale envers ce problème fondamental.

>> Dossier Dopage.


Arbitrage et règles

Ce dossier est probablement le plus lourd et le plus polémique de tous. Il se décompose en nombreux sous-dossiers, presque tous aussi conflictuels les uns que les autres. Refusant l'intervention de la vidéo au cours des rencontres, il nous semble prioritaire et possible d'améliorer l'arbitrage par des séries de mesures qui rendront plus efficace l'application des règles sans dénaturer le jeu, tout au contraire.


Un non absolu à la vidéo en direct

L’arbitrage vidéo est une hérésie d’autant plus grave que sa popularité (construite au fil d’un intense lobbying des télévisions depuis vingt ans) est très grande. Nous risquons même l'impopularité sur ce point que nous défendrons tout de même corps et âme. Toutes les mesures ci-dessous, si elles étaient appliquées, réduirait à néant l'intérêt présumé de la vidéo.

Usage rétrospectif de la vidéo pour sanctionner l’antijeu

Bien plus efficacement et sans effets dramatiques sur le déroulement du jeu, le visionnage des matches et la prise de sanctions a posteriori doivent être le fer de lance d’une politique de dissuasion dont les effets seront très rapides. Les commissions de discipline doivent examiner les enregistrements et se saisir des cas les plus indiscutables de fautes ou d'actes d'antijeu ayant échappé à l'arbitre. Si les simulateurs, tricheurs et autres brutes sont ainsi confondus et sévèrement sanctionnés, on verra en très peu de temps disparaître la plupart des comportements qui pourrissent actuellement le jeu.

Des dispositifs optiques pour vérifier le franchissement de la ligne de but

Souvent pris pour prétexte à la proclamation de la nécessité absolue de la vidéo, le problème des franchissements de ligne de but qui échappent aux arbitres peut être résolu par la mise en place de systèmes de vérification. Un mécanisme optique se révèlerait probablement plus efficace que des caméras vidéo et devrait pouvoir rendre un verdict instantané. Signalons qu'il ne nous semble pas légitime d'invoquer l'argument de règles qui devraient être les mêmes quel que soit le niveau. D'abord parce qu'il s'agit pas des règles elles-mêmes mais de leur application, ensuite parce que l'élite professionnelle bénéficie déjà de conditions matérielles et techniques sans comparaison possible avec les amateurs (ex. : le 4e arbitre).

Rétablir le respect de l’arbitre

L'application de cette directive générale commence par l'éradication des gesticulations, protestations et autres jérémiades adressées systématiquement aux arbitres. Seul le capitaine peut s'adresser à l'arbitre, qui ne doit pas être approché à moins d'un mètre. La finalité est de rapprocher le football de la plupart des autres sports collectifs, dans lesquels les décisions arbitrales sont par principe respectées, en même temps que celui qui les prend.

Rétablir l'indépendance et l'autorité des commissions de discipline

Lors des dernière saisons, le football français a géré de manière déplorable les dossiers disciplinaires, le fond étant atteint avec l'affaire des faux passeports et le lynchage organisé des arbitres. Les dirigeants émettant des critiques systématiques à l'égard de l'arbitrage ou tâchant d'exercer sur eux différentes formes de pression médiatique doivent être sévèrement sanctionnés. Le barème des sanctions doit être aussi clair que possible, les commissions d'appel ne doivent pas être des instances Des sanctions lourdes doivent être prises contre les clubs en cas d'incidents graves dans les stades ou sur les terrains, incluant la suspension des stades

Véritablement tester le "multi-arbitrage"

Saboté par les arbitres eux-mêmes (qui s’accrochent à une starification masochiste) L'idée de la FIFA de placer des assistants supplémentaires derrière les buts semble hésiter à les placer sur le terrain, ce qui serait pourtant plus logique. L'harmonisation internationale de l'arbitrage doit aussi permettre d'assurer une bonne coordination entre plusieurs arbitres de champ, et réduire la part d'interprétation des règles (l'existence de "styles" d'arbitrage trahit un problème). Des expériences méritent d'être menées sérieusement avec des dispositifs comprenant par exemple deux arbitres de champ et quatre assistants.

Innover, tester, appliquer

De nombreux dispositifs peuvent permettre d'améliorer l'exercice de l'arbitrage sans remettre en cause les fondements du jeu. Les expérimentations comme l'équipement des arbitres en micros et oreillettes ont montré leur intérêt, elles doivent être rapidement adoptées si elles sont probantes.

Professionnaliser les arbitres et garantir leur indépendance

C’est un autre serpent de mer, qu'aucune instance nationale ne veut assumer. Par professionnalisation, on n'entend pas forcément l'abandon de tout autre activité professionnelle, mais l'assurance que chaque arbitre peut consacrer suffisamment de temps à sa formation et à son entraînement. Favoriser les échanges entre les pays. Le football professionnel doit assumer financièrement la formation des arbitres par la création d'une dotation spéciale, mais le corps arbitral doit percevoir ses rémunérations de la Fédération et ne dépendre administrativement que d'elle. Ils doivent être soumis à une évaluation sportive et accepter un contrôle de leurs ressources financières dans le cadre de la lutte contre la corruption.

Dossier arbitrage (1) : La vidéo, un crime contre le football
, 19/02/2001.
Dossier arbitrage (2) : Les solutions techniques
, 19/02/2001.
Dossier arbitrage (3) : le "double arbitrage", 19/02/2001.
Dossier arbitrage (4) : Protéger et professionnaliser les arbitres
, 19/02/2001.

>> Dossier Arbitrage.



Lutte contre la violence et droits des supporters

Les manifestations du hooliganisme n'ont pas cessé dans le football contemporain, faisant peser sur lui une menace aussi bien physique que symbolique. Ce sport et les stades qui l'accueillent ne doivent pas être un moyen d'expression pour les actes et les idées prônant la haine et la violence. Parallèlement, la question des droits et de la représentation des spectateurs et téléspectateurs doit enfin être posée.


Un combat volontariste contre le hooliganisme et le racisme
S'il s'agit de responsabiliser les clubs envers leurs supporters, la lutte contre les dérives racistes ou violentes de certaines tribunes n'est possible qu'avec une politique volontariste, en collaboration avec l'ensemble des parties prenantes, qui allie messages de prévention et répression envers les fauteurs de troubles. Aussi bien les expressions xénophobes que les gestes stupides comme le lancer de projectiles doivent être clairement mis hors-jeu. Puisque la vidéosurveillance est devenue obligatoire dans les stades, autant qu'elle serve à confondre les crétins, ce sera le moins discutable de ses usages. Les mesures d'interdiction de stades doivent par ailleurs être respectées, l'arsenal législatif pouvant être avantageusement complété par des dispositions qui se sont montrées efficaces en Angleterre.

Liberté d'expression des supporters
Cette lutte ne peut cependant en aucun cas justifier de restrictions relatives à la liberté d'expression, les conditions d'application de la loi Alliot-Marie ayant récemment consisté à assimiler abusivement toute forme d'expression critique envers les dirigeants ou les instances à des incitations à la violence ou à la haine raciale. Concernant le problème des fumigènes, c'est la concertation avec les associations de supporters et leur responsabilisation qui doivent prévaloir, de même que pour désamorcer les rivalités haineuses entre supporters.

Représentation des spectateurs et téléspectateurs dans les instances
Si le spectateur-consommateur de football est devenu l'acteur principal d'un sport sous l'influence du business, il reste un nain politique, dépourvu de toute autre forme d'expression que celle que lui confère sa télécommande, ses achats de produits dérivés ou au pire ses exactions sur le parking des joueurs. Téléspectateurs et supporters ne sont représentés nulle part dans les instances sportives, ni même consultés. Si personne ne peut créer de toutes pièces un tel mouvement, il faut encourager les initiatives visant à fédérer les associations de supporters au plan national (et pourquoi pas européen), afin d'acquérir une réelle représentativité et de siéger officiellement dans les instances sportives. La faiblesse des associations de téléspectateurs en France empêche pour le moment l'établissement d'une deuxième représentation, mais elle serait tout aussi logique.

>> Dossier Stades et supporters.



Esthétique, culture…

Interdiction des fanfares militaires sur les pelouses
Survivance d’une époque belliqueuse révolue, les fanfares militaires doivent être interdites dans les enceintes sportives. Ce n'est pas une raison pour voir Lara Fabian beugler la Marseillaises: les hymnes seront interprétés par des artistes de la scène indépendante (incluant les harmonies municipales et les chorales de quartier).

Limitation à un seul sponsor maillot par maillot
Les crimes esthétiques infligés avec constances aux maillots doivent être proscrits. Un seul sponsor sera plus autorisé, sur le devant de la tunique ; le flocage devra être d'une couleur neutre (blanc, noir ou couleur de l'équipe), ne pas excéder 300 cm2 et ne pas comporter de fond. Chaque équipe devra déposer à la Ligue un modèle de maillot "historique" duquel l'équipementier ne pourra se démarquer pour donner libre cours à ses funestes variations graphiques ou chromatiques. Idem pour l'écusson du club, qui ne doit pas servir de revenu d'appoint à des agences de graphisme mal inspirées.

Acoustique
La pose de filtres à décibels sur le micro de Denis Balbir. La limitation du volume des sonos brailleuses interdisant dans les stades la tenue d'une conversation normale entre les spectateurs.
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