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Double jeu à la française

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Le jubilé de Francis LLacer

France-Roumanie : les gars

Pas assez décisifs individuellement, les Bleus ont dû appeler du renfort pour s'en sortir.
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Peu inquiété directement, Lloris laisse la trace d'un dégagement contré (24e) et de deux interventions décisives: une parade sur la frappe croisée de Florescu (47e) et une claquette sur un centre dangereux (72e). Il plonge impeccablement sur la passe de son poteau droit, qui venait de renvoyer obligeamment la tentative de Sapunaru (71e).


Clichy à la limite

Sobre, sérieux, appliqué, c'est bien cela que l'on dit usuellement de Réveillère? Allons-y, alors. Le Lyonnais a peu centré (une tentative, tendue, à la 28e), mais deux jolis débordements ont permis d'obtenir des corners (26e et 64e). Surtout, il n'a quasiment pas été pris en défaut par ses vis-à-vis en phase défensive.

Tout en contrastes : Clichy a autant séduit qu'il a apporté de l'eau au moulin de ses détracteurs. Et son moulin va trop vite. Actif d'emblée, il sollicite un une-deux avec Benzema (5e) remporte un gros combat face à Cocis (18e), réussit un dégagement salvateur de la tête (47e), centre avec précision mais sans réussite (7e et 52e). Malheureusement, il est aussi pris par Radoi (61e), perd dans l'axe une balle qu'il venait de récupérer, laissant Sapunaru lancer le contre qui s'achèvera sur le poteau de Lloris (71e), et rate un contrôle inconsidérément risqué, heureusement sans conséquences (83e). On a envie de l'aimer, mais qui lui pardonnera de telles erreurs si elles s'avèrent fatales?

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Rarement défié directement, Mexès a soigné son placement en jaillissant à bon escient (24e) et en assurant de bonnes têtes défensives (11e, 12e et 32e). Il en place aussi une sur un corner français, un peu trop sur le gardien (51e). Une prestation rassurante, surtout pour lui.

La menace n'est pas que fantôme pour les attaquants adverses qui se prennent, à un moment ou un autre, les quatre-vingt-dix kilos de Rami sur le paletot. Il les a aussi souvent dominés à la régulière, même s'il est déposé par Niculae (46e). Pas très heureux sur les coups de pied arrêtés de son équipe: une frappe dévissée (16e) et une tête assez franchement ratée (27e). Mais une irruption précieuse pour enrayer un embarrassant contre roumain (69e).



Le paradoxe de Nasri

Diarra s'est moins signalé par des gestes exceptionnels (une tête au-dessus à la réception d'un corner, 29e), que par son placement et ses replacements, qui en ont fait un intéressant ordonnateur du jeu français... du moins jusqu'à la 83e minute et la passe sans contrôle, depuis ses quarante mètres, qui envoie Rémy gagner le match. "Comme un signe", a salué Lizarazu.

Pas moins à l'ouvrage que son comparse, Mvila a eu son impact habituel à la récupération, mais il est moins parvenu à percuter et à jouer vers l'avant. En soutien des attaques, il n'a glané que trois frappes non cadrées (23e, 43e et 88e), mais est au relais sur le deuxième but (il sert Payet).

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Très vite à température (premier débordement côté gauche à la 6e minute, centre dangereux, 11e, tentatives de combinaison avec Benzema,15e et 16e, Nasri éclaire cette entame d'un excellent décalage pour Malouda et la meilleure occasion de la première mi-temps (19e). Il a touché beaucoup de ballons en jouant de sa vivacité et de sa technique (une talonnade pour dévier un centre de Valbuena vers Mvila – 43e), et parfois préféré la solution individuelle: un tir contré au sortir d'une série de dribbles (44e) et un rush dans l'axe gauche pour obliger Pantelimon à une double parade, échouant de peu (59e). En verve sur le terrain (surtout en première période), mais pas totalement convaincant pour assurer l'animation offensive, il voit son remplaçant du soir tirer les marrons du feu...



La surprise Malouda

Individualiste dans ses prises de balle, déshérité du brassard, loin de son niveau en club, oubliant de servir Yoann Gourcuff... Avec de tels symptômes, faut-il penser que Malouda est encore sous l'emprise de l'esprit de Knysna? Il ne se signale pas avant la 19e minute et un tir qui ne trouve que le petit filet, rate un une-deux avec Benzema (32e) et un tir à distance, beaucoup trop enlevé (38e). Seule lumière dans sa première mi-temps: Il donne la bonne impulsion sur l'action qui conduira Benzema à enrouler un tir près du poteau opposé (41e). Pour quelques centres corrects (70e et 85e) et un autre excellent (87e), il a collectionné un petit pont raté (78e), un tir dévissé au milieu d'une course (80e) et un up and under (90e+2). Un tir du droit depuis l'axe, non cadré et dévié en corner (50e), ne suffit pas à sauver une prestation étonnamment décevante.

Remuant comme il se doit, Valbuena a fait parler ses jambes pour déstabiliser la défense roumaine et surtout se mettre lui-même en position favorable: s'il ripe sa première tentative, lancé à droite par Benzema (18e), il pivote bien aux dix-huit mètres mais place son tir, dans les bras de Pantelimon (40e). Ce dernier, d'une manchette, enverra sur la barre une frappe plein axe du Marseillais (58e), dix minutes avant sa sortie. Sur son carnet de bord aussi: une talonnade judicieuse pour Malouda (50e).



Ne tirez pas sur Benzema

Au premier jet, l'envie ne manque pas de charger Benzema d'un lot de critiques, avec ses approximations et l'impression de lenteur qu'il a dégagée dans un match où il a en outre rarement fait la différence dans ses prises de balle. Au deuxième visionnage, le tableau est plus nuancé, tant le Madrilène figure dans un nombre considérable de mouvements offensifs au cours desquels il a trouvé ses partenaires ou proposé de bons appels.

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Il ouvre bien pour Valbuena (18e), vers lequel il centre (27e et 40e), décale précisément Réveillère après une percée (28e), sert Nasri en retrait après avoir provoqué côté droit (29e), n'est pas loin de réussir un contrôle difficile sur ballon en profondeur (35e), manque d'arracher un ballon à Tamas (49e), réalise un très bon décalage pour envoyer Clichy dans la surface (50e), trouve Malouda en retrait depuis la gauche (59e)... À porter également à son crédit: la frappe brossée depuis l'angle gauche de la surface qui caresse la face extérieure du poteau (41e) et... le dribble raté qui offre une superbe position à Valbuena (58e).
Encore en manque de rythme (et pour combien de temps?), Benzema reste sous la menace de n'importe quel attaquant moins doué, mais plus en forme que lui. Il a toutefois rappelé en Bosnie que même en manque de condition, il a des armes dont ne disposent pas ses concurrents directs.



Des entrées décisives

Premier sorti du banc, Rémy a pourtant négocié peu de ballons: on ne relève, avant son but, qu'une percée côté gauche achevée sur un centre inoffensif (79e). Mais il a empoigné son destin d'international en convertissant l'occasion suivante. Il n'est ensuite pas loin de pouvoir redresser, de la tête, le centre au deuxième poteau de Malouda (87e) et on lui passe volontiers un contre un peu gâché (88e).

Gourcuff s'est appliqué à orienter le jeu tout en contribuant à la domination athlétique des Bleus en fin de match, avec des ballons récupérés comme sur cette action qui le verra ensuite alerter Mvila en retrait (88e). Auteur d'un joli geste défensif en pleine surface (90e), il amorce aussi le contre du deuxième but.

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Payet se lance, au premier ballon touché, dans une chevauchée conclue par une frappe qui met Pantelimon en difficulté (90e+1). Un prélude à son petit chef-d'œuvre de l'ultime minute: il a fallu une fraction de seconde aux spectateurs et aux téléspectateurs pour comprendre que le Stéphanois avait mis tout le stade sur pause en arrêtant le ballon sur sa feinte de centre, et ouvert une faille dans l'espace permettant à Gourcuff marque un but simplissime. Comme l'a dit Arsène Wenger, au paroxysme de l'enthousiasme: "M'enfin ce que fait Payet là, c'est classe quand même".


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Costel Fane Pantelimon n’a pas eu beaucoup de travail en première mi-temps, jusqu’à cette frappe de Valbuena avec rebond sur laquelle il se couche bien (40e), et ce ballon enroulé de Benzema qu’il regarde toucher son poteau gauche (41e). Vigilant sur sa ligne sur une reprise de la tête de Mexès sur corner (51e), il a également la main chaude sur une frappe à bout portant de Valbuena qui finit sur la barre (58e), puis sur un double arrêt devant Nasri (60e). Il a affiché de paradoxales absences sur les sorties aériennes, et il est battu par Rémy à la 83e sur une action lui donnant un faux air de Toldo face à Wiltord en finale de l’Euro 2000.

Au cœur d’un duel accroché avec Malouda, Cristian Sãpunaru a accumulé les fautes sur le joueur de Chelsea avec un avertissement à la clé, à chaque fois pour l’empêcher de le contourner et de prendre le couloir. Son placement hasardeux provoque une occasion pour Malouda (19e dans le petit filet) et les grosses occasions françaises de l’heure de jeu. Mais c’est lui qui est tout proche de donner l’avantage aux siens, avec cette frappe croisée qui atterrit sur le poteau de Lloris, conclusion d’une action qu’il a lui-même initiée en jaillissant devant Clichy (71e).

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Son compère de l’aile gauche, Rãzvan Dincã Raţ, a bien entamé son match, en contrant successivement Valbuena (2e) et Benzema (3e), et en plaçant une frappe du gauche contrée par le dos de M’Vila (11e) pour le premier corner de la partie. Par la suite, il a souffert face aux crochets et contrôles orientés de Valbuena. C'est lui qui oublie Rémy dans son dos à la 83e. Surtout, il mord dans la feinte de frappe de Payet, qui n’a plus qu’à servir Gourcuff pour le second but français (90e + 3).

Gabriel Sebastian Tamaş a été le joueur roumain le plus sollicité dans la relance, domaine dans lequel il a affiché plus ou moins de réussite. Nasri a quelquefois buté sur lui mais le prend de vitesse sur un crochet intérieur sur son occasion de la 60e. Il est également tout heureux de voir son dégagement de la tête raté passer entre les jambes de Chivu et mourir dans les bras de son gardien (13e). C’est lui qui contre la puissante frappe du droit de Malouda à la 50e.

Le capitaine, Christian Chivu, s’est essentiellement distingué dans la couverture, comme sur ce joli tacle à la 15e qui lui permet de couper un ballon en profondeur de Nasri pour Benzema, ou encore aux 21e et 26e devant Réveillère. Très combatif, il a souvent été au contre de tentatives françaises (29e et 45e devant Nasri), et a été vigilant sur quelques ballons chauds, notamment celui de Valbuena qui finit sur la barre (58e). En revanche, il a été moins performant dans le domaine aérien. Ses lanières détachées pourraient lui valoir le surnom de Rabbi Chivu.

Placé juste devant la défense, Mirel Rădoi a souvent été obligé de jouer en retrait ou latéralement, même si son intention était de jouer haut. Très mobile dans l’entrejeu en première période, George Mihai Florescu a eu le souci de jouer simplement, usant de passes courtes et dépassant rarement les deux touches de balle, mais ratant certaines transmissions, comme ce changement d’aile pour Zicu (36e). Auteur de bonnes interventions dans sa propre surface, il oblige Lloris à une belle parade au retour des vestiaires (47e), avant de chuter physiquement et de se montrer un peu plus imprécis en seconde période.

Discipliné défensivement, Ianis Alin Zicu a contribué à contenir Réveillère dans les premiers instants du match avant de passer à droite. Remplacé par Ciprian Ioan Deac à la mi-temps, qui s’est évertué lui aussi à bien défendre, sur Valbuena (49e) et Rémy (70e) ou en suppléant Florescu pour contrer Réveillère (64e). Il a peu apporté offensivement. Recentrant plus que Zicu,
Razvan Cocis a d’abord signé un beau retour sur la talonnade de Benzema en direction de Clichy (6e), avant de changer d’aile pour aider Rat à défendre. Il est l’auteur d’une claque sur M’Vila (53e) et d’un centre fort devant le but dégagé d’une claquette par Lloris (72e). Il exploite également mal un bon ballon pour Florescu (81e) et est tout près de profiter d’un contrôle raté par Clichy dans ses trente mètres (82e). Remplacé par Mihai Roman à la 87e, qui a juste eu le temps d’être au cœur d’un tampon aérien avec Clichy (89e).

Bogdan Sorin Stancu, placé en soutien de Daniel Niculae, a eu beaucoup de déchet, comme ce mauvais renvoi de la tête qui profite à Rami pour une frappe dévissée du gauche (17e), ce râteau raté (46e), ces contrôles approximatifs dans les vingt mètres adverses (57e et 80e) ou cette passe trop appuyée pour Marica (66e). Il est néanmoins à l’origine de l’action qui amène la frappe de Florescu de la 47e, lorsqu’il prend de vitesse Rami qui se jette sur son dribble et, lancé par Radoi, il trouve Daniel George Niculae qui place un tir contré par Rami (61e).
L’avant-centre monégasque a beaucoup couru en première période, sans toucher beaucoup de ballons ni empêcher vraiment la relance des défenseurs centraux français. Souvent battu et malmené dans les duels (17e par M’Vila, 24e par Mexès et 45e par Diarra qui récolte d’un avertissement), ratant certains gestes simples, il recule d’un cran à la reprise et décroche un peu pour orienter (55e) et même contrer Malouda dans ses trente mètres (57e). C’est malheureusement sur sa tentative de la 61e qu’il se tord la cheville droite et doit laisser sa place à Ciprian Marica, dont les principaux faits d’arme sont ce ballon sur lequel il s’arrache pour remettre d’un joli tacle à Sãpunaru pour le tir sur le poteau (71e), et cette faute de Mexès qu’il provoque et qui vaut un carton jaune au défenseur romain (82e).
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