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Pierre Martini

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Banderole décomposition

Ont-ils été plus bêtes que les auteurs du scandale? Médias, responsables sportifs, membres du gouvernement et élus de la République se sont pris les pieds dans la banderole. Retour sur une semaine d'hystérie.

Loul

07/04/2008 à 05h46

J'ai retenu mon souffle jusqu'au bout de l'article pour voir s'il serait fait ou non mention des violences en marge de la rencontre ou non… heureusement oui. Le récapitulatif est bon, j'aurais apprécié cependant un avis critique sur les différents papiers qui ont tenté de mettre en perspective l'emballement puisque l'on va de l'excellent (Nicolas Hourcade sur sofoot.com ) au carrément très mauvais et mal renseigné (l'article de rue89). Le seul autre point qu'il conviendrait amha d'ajouter serait d'établir un parallèle explicite entre la violence supposée de la banderole et celle des journalistes au sujet non seulement des auteurs de la banderole et également bien trop souvent généralisant à l'ensemble des supporters parisiens. Cette stigmatisation délirante mériterait un travail psychanalytique approfondi et l'on est saisi de vertige quand on pense que ce qui a pu donner l'idée du qualificatif de pédophile aux tristes auteurs de la banderole est le produit passé d'un emballement précédent aussi délirant mais bien plus tragique concernant la désormais célèbre affaire d'Outreau. Le cas médiatique de toute cette affaire est symptomatique de l'état navrant de notre presse et constituerait à mon sens un beau cas d'école pour en faire le procès. Comme évoqué dans l'article, le fonctionnement en circuit fermé de la presse crée des bulles médiatiques et pèse sur le choix des sujets (on rapporte ce qui est déjà traité par les collègues). Le choix de la hiérarchisation de l'information pose problème (au delà de comparaison avec le reste de l'actualité, on se demandera si 1 000 insultes ont jamais pu matraquer gratuitement le moindre spectateur). L'inculture et l'absence de la moindre investigation des journalistes qui traiteront les premiers jours le sujet est patent. On mélange allégrement les termes (hooligans, supporters, ultras, etc.), il n'y aucune contextualisation de l'événement (rappel des banderoles passées, de la fréquence des insultes dans les stades), on s'emballe… La paresse intellectuelle a gangrené la profession au point que l'on ne cherche même pas à comprendre la logique des acteurs (parfois complexe), on se contente de rejeter tout en bloc en considérant avec dédain ces masses perçues comme totalement imbéciles et peu fréquentables. A la typologie éclairante dressée par les sociologues, répond une généralisation considérant trop souvent les supporters en une entité homogène, informe et inquiétante. Et cela est facilité par les traitements passés des mêmes affaires et particulièrement des supporters du Paris Saint-Germain déjà pointés du doigt. Une fois ce pli pris, il n'est plus question que d'enfoncer le clou dans le sens attendu, adieu réflexion critique, adieu travail journalistique : vive le "prêt à rédiger" pour du "prêt à lire". Les critiques de Noam Chomsky sur le matraquage d'analyses biaisées, univoques, aux présupposés jamais interrogés, pratiquées dans les médias semblent s'appliquer à merveille au cas présent. Le public qui ne va jamais dans les stades n'entend parler des supporters du PSG (et généralement des supporters) qu'au travers d'une presse en parlant toujours dans les mêmes conditions dramatiques, la plupart du temps fort mal, sans nuance, ni distance, faute de connaissance du sujet. Dès lors, il est normal que l'exaspération complète gagne nos concitoyens et engendre une demande de mesures radicales et un peu aveugles saisie et entretenue démagogiquement par le politique. Un cas d'école, vraiment.

gimlifilsdegloin

07/04/2008 à 07h28

"le Nouveau Centre (le parti de Bernard Mendy)" Un peu de franche rigolade avant de commencer la semaine et au milieu de tout ça, merci !

la touguesh

07/04/2008 à 09h39

Excellent article !! Toutes ces gesticulations médiatico-politiques dés que le racisme/la violence/les insultes (rayer les mentions qui n'ont pas fait la une des journaux derniérement) apparaissent plus visiblement que d'habitude (affaire Ouaddou, banderole, bastons, arrêts de match ...) sont fatiguantes. Et malheureusement, se ressemblent toutes, et, comme souligné par l'article, reviennent cycliquement au grés des événements .... Toutes ces dérives autour du football existent, et tout le monde semble tomber des nues à chaque fois qu'elles se mettent (ou qu'on les met) en avant ! Merci a vous les cdfs d'être les seuls à souligner l'ineptie de ces emballements médiatiques réguliers (cet article) et l'absence de solutions concrétes (article "et aprés", tout aussi excellent) ....

liquido

07/04/2008 à 09h48

Voix discordante dans le concert d'indignation: le Canard Enchainé, qui, mercredi, compile les déclarations jamais suivies d'effets de NS depuis plusieurs années. Sinon: "La fin de la semaine marque toutefois un reflux, amorcé par la prise de conscience que l’affaire est devenue "affaire d’État"". Je me demande si ce n'est pas ce retournement (relatif) de la presse que j'exècre le plus dans l'affaire: cette capacité a perpétuellement retomber sur ses pattes pour pouvoir dire, finalement, qu'elle a apporté un éclairage pondéré sur l'évènement alors même qu'elle s'est vautrée dans le sensationnalisme juste avant (axiome du du "RER D"). Elle aura beau jeu ensuite de railler les déclarations excessives des politiques qui passeront pour des cons le moment venu (ce qui ne les exonère évidemment pas de leur connerie objective). La presse, elle, a toujours raison. C'est dans ces moments que je chéris les Cahiers du foot, vous imaginez même pas a quel point.

liquido

07/04/2008 à 09h49

*axiome DIT du "RER D"*

taniwha

07/04/2008 à 09h58

Etrange comme les meilleurs articles lus sur cette affaire proviennent de trois sites de foot alternatifs, car on peut y ajouter la très bonne lecture de www.kickofflabiere.com avec http://www.kickofflabiere.com/content/view/486/232/ Et pendant ce temps là, tout va très bien madame la marquise...

forezjohn

07/04/2008 à 10h48

Excellent article. Bravo!

funkoverload

07/04/2008 à 11h46

Ouaip. A vrai dire le problème est assez complexe. Le mauvais goût, la provocation, je ne puis qu'être pour (la meilleure vignette de ces derniers jours est assurément celle de cayzac - eh les gars...). Il est d'autre part difficile de se retrancher derrière le confortable "on peut rire de tout mais pas avec n'importe qui". Il n'est pas évident que les ressorts d'une vanne de mauvais goût soient si différents selon qu'elle émane d'un fascisant de la tribune Boulogne ou d'un lecteur des CDF. Le droit à la provoc n'est réservé à personne. Evidemment, encore faut-il revendiquer un soupçon d'humour. La réponse dans notre cas vient peut-être du fait que curieusement les auteurs de la banderole ne semblent pas adopter une ligne de défense basée sur ce droit à l'humour, fut-il ou futile, de mauvais goût... Quoiqu'il en soit, humour ou pas, la provocation est une chose assez dangereuse dans un stade de foot. Il est assez étonnant qu'il n'y ait pas eu d'incidents graves à la sortie du stade (si l'on considère que l'hypothèse selon laquelle les lensois n'ont pas compris le sens de la banderole est fantaisiste).

mollows

07/04/2008 à 15h16

extrait de l'article : § "Le choix des mots Curieusement, on continue à nier l’humanité des auteurs de la banderole, à la façon de l’éditorialiste du Quotidien du Médecin (!) qui les diagnostique comme des "débiles mentaux" ou de son homologue de L’Indépendant du Midi qui voit en eux des "barbares". On recourt à des métaphores qui expriment la dégradation et la maladie – "Paris et sa gangrène" (L'Équipe), "La gangrène du ballon rond" (La Dépêche du Midi), "la gangrène poursuivra son oeuvre sinistre" (Républicain Lorrain) – et à… des insultes ("Bienvenue chez les cons", Libération). Dany Boon est appelé comme grand témoin de l'affaire et parle de "monstruosité" et de "connerie faite humaine, même pas, d'ailleurs, faite inhumaine" (Aujourd'hui en France)." => qualifier de "débiles mentaux" des personnes, c'est utiliser une tournure qui n'a plus vraiment cours dans le champs du handicap où l'on évoque plus souvent la déficience intellectuelle. Mais on est plus sur le registre d'une stigmatisation de la dégradation et de la maladie que celui de la négation de l'humanité Booniène, tant que l'on cause "choix des mots" ;-) => Sinon, le libé labo pointant l'emballement est apparu plus tôt que ne le laisse penser l'article : le lundi ou le mardi qui a suivi la finale... Et le meilleur retourné concernant la banderole consistait dans le rappel des zamabilité derbynordiques échangées entre les clubs de Lille et de Lens.

Schizo retourné

07/04/2008 à 17h39

gimlifilsdegloin lundi 7 avril 2008 - 07h28 "le Nouveau Centre (le parti de Bernard Mendy)" Un peu de franche rigolade avant de commencer la semaine et au milieu de tout ça, merci ! --- Fier je suis de retrouver un Bernard Mendy facts de ma composition détourné par la rédac. Merci! Et merci pour cet article qui permet de remettre en perspective toute cette histoire!

 

Qui me crame ce troll?

07/04/2008 à 20h10

Très bon article qui pourrait et devrait être fait ailleurs sur toutes les affaires médiatiques (et certains notent très justement Outreau ou le RER D). Par contre, liquido lundi 7 avril 2008 - 09h48 Voix discordante dans le concert d'indignation: le Canard Enchainé, qui, mercredi, compile les déclarations jamais suivies d'effets de NS depuis plusieurs années. --- Super voix discordance le Canard Enchaîné. C'est courageux de la part de ce journal. WOW!

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