auteur
Gilles Juan

 

Footballeur du dimanche et philosophe de comptoir. @Gilles_Juan


Du même auteur

Le désastre à la télé

Lorsqu'on a perdu quelqu’un de proche, ou le proche d’un proche, un camarade ou un concitoyen ; lorsqu’on a eu peur ; lorsqu’on a souffert de l’atrocité terroriste, on a en outre dû encaisser le traitement médiatique de tout cela.


gurney

17/11/2015 à 12h27

Cet article devrait être lu juste après le générique de fin de France 2 mettant en scène la minute de silence de façon interminable à coup de musique larmoyante...

Cebrik Jécluse

17/11/2015 à 12h32

Merci pour cet article. Ces médias m'ont dégouté ce week-end en -retranscrits pêle-mêle- "forçant" les sentiments, en traitant l'actualité sans aucun recul, en utilisant des documents (amateurs) d'une violence inouïe, en bafouant l'intimité des victimes, en faisant juste fi de la moindre once de déontologie.

kinilécho

17/11/2015 à 13h04

Merci. C'était très bien. PAr contre si on pouvait m'éclairer sur le dernier paragraphe (OMG?), je n'ai rien compris...

kinilécho

17/11/2015 à 13h14

Merci. C'était très bien. PAr contre si on pouvait m'éclairer sur le dernier paragraphe (OMG?), je n'ai rien compris...

Roy compte tout et Alain paie rien

17/11/2015 à 13h34

Très bon article qui me confirme que j'ai bien fait de ne pas avoir regardé la TV du w-e (comme lors d'un w-e normal en fait), me contentant des infos écrites qui permettent sans doute plus de liberté au lecteur. Je n'ai voulu regarder aucune des vidéos qui ont envahie le web. J'avais déjà dû subir à mon corps défendant celle de l'exécution du policier à terre en janvier, plus jamais ça.

Brian Hainaut

17/11/2015 à 14h36

OMG = Oh my God !

Ba Zenga

17/11/2015 à 14h58

Merci Gilles, en particulier pour ceci: "Les gens n’ont pas besoin de la télé pour être émus. Ils le seront, comme ils voudront l’être, s’ils sont concernés, et s’ils sont informés." Je suis complètement d'accord, qu'ils nous informent comme il le faut, on ne leur demande pas plus.

plumitif

17/11/2015 à 14h59

« La place à l'émotion La mythologie derrière tout cela (la mythologie au sens de Barthes, c’est-à-dire l’histoire politique qui se camoufle derrière l’impression de naturel et de normalité), c’est la mythologie du spectacle. C’est la mythologie du triomphe de l’émotion et de l’immédiateté. » Tout est là. Une mythologie fabriquée avec les outils de la parcellisation, du raccourci, du plan serré, du propos lapidaire. La manière de filmer un match de foot illustre parfaitement le processus. Presque plus de plans larges, mais du serré, des mimiques, des à côtés (le remplaçant scruté, le geste magnifié, le spectateur choisi pour se voir sur le grand écran). Le réalisateur a pris le pouvoir sur l’évènement. C’est normal, c’est lui désormais le sachant. Le sachant, c’est celui qui dicte. Sa prise de pouvoir sur l’image, sur la représentation a été précédée dans la presse écrite par celle de l’éditeur. Auparavant, le reporter, l’envoyé spécial, faisaient remonter au siège le ressenti du terrain, sa signification. Un processus interrompu avec l’arrivée de l’éditeur, du sachant, renvoyant le reporter, l’envoyé spécial au rang de saltimbanque à la crédibilité incertaine. Ce n'est pas lui le sachant. Le sachant sait. Il règne sur les plateaux télés et radios, gourmande, admoneste, ricane, se gausse, coupe grossièrement la parole à l’invité, ratiocine la pensée et domestique l’échange sur ses critères. Le sachant est l’astre, un paon, un ogre narcissique. Si l’émotion et l’immédiateté fondent aujourd’hui la mythologie du spectacle, c’est aussi par un processus de représentation religieuse de l’émotion. Le cortège digne, silencieux, laïc, sans signe distinctif d’aucune sorte était jusqu’ici la seule manifestation spontanée de l’émotion et de la solidarité. Il y a désormais des totems, des autels, des bougies, un recueillement donc religieux. Il permet donc aux sachants de tous médias d’y expédier ceux qu’ils considérent comme des supplétifs, sommés de ramener religieusement le spectacle de l’émotion. Le spectateur au stade, l’éploré, le témoin, le passant sont devenus ce que les sachants ont décrété que nous étions. Le même processus que les spin doctors de la pub. Ces sachants là font filmer sous le même angle que ceux de l’info. Ceux qui sont censés être toi, moi, donc nous, sommes cadrés d’abord individuellement avant que des plans de plus en plus larges nous donnent à voir le merveilleux. Nous ne sommes pas seuls. Quelque chose nous rassemble. Une marque mondiale (multinationale c’est trop connoté), filme des sourires, une joie de vivre ensemble, avec une musique qui va bien. La pub ainsi nous détend, on ne sent plus seuls dans ce monde hostile grâce à XXX : « dormez, je le veux ». La singularité est interdite. Le « tous ensemble » c’est en fait le « tous pareil ». Ce qui évite de réfléchir. L’image commandée par le sachant ne doit pas provoquer autres réflexes que le pathos. Les seuls états considérés par le sachant ? : le rire ou les pleurs. L’image ne doit pas faire penser. L’individu dans le groupe ne doit pas nous interpeller, il est fondu dans la masse. La singularité d’un regard, comme celui saisi par Agnès Varda d’une jeune femme cubaine en 1963 n’est pas dans la grille du sachant: http://past.is/znzse Le sachant se fait épingler régulièrement comme M6, une nouvelle fois. Mais il s’en fout. Les cartons jaunes ministériels sont intégrés dans le plan marketing. http://past.is/znzsf

José-Mickaël

17/11/2015 à 17h51

Vendredi soir, très tard, j'ai allumé la télé pour savoir ce qui se passait au Bataclan. Je crois que j'ai mis BFM. Un journaliste avait joint une dame par téléphone, qui témoignait. Elle expliquait qu'elle avait pu se sauver à temps puis qu'elle avait entendu des explosions, quelque chose comme ça. Le journaliste lui a alors demandé : « et vous êtes où, maintenant ? » Pendant que je me disais : il est fou de lui demander ça, elle lui a répondu sèchement « en sécurité ». Et j'ai aussitôt éteint. Ils sont incurables ! (Je n'ai pas retranscrit les mots exacts, mais je me souviens que sa question amenait une réponse précise, ce n'était pas la question de quelqu'un qui s'inquiète pour elle mais de quelqu'un qui veut savoir où elle est.) Bref, surtout ne vous informez pas avec la télé. C'est de la télé-poubelle, du voyeurisme, et l'article décrit très bien la dérive vers l'émotion au détriment de l'information. Malheureusement la télé offre ce qui fait de l'audience, donc ce que les gens semblent demander. Bien sûr, les gens n'auraient jamais demandé du voyeurisme si on ne leur avait pas offert. Ça suggère qu'à force de regarder cette télé-poubelle on peut en devenir accroc, qu'il est donc dangereux de suivre régulièrement ce genre d'émission.

JauneLierre

17/11/2015 à 18h51

Merci pour cet article qui permet de bien retranscrire un sentiment partagé. J'ai moi aussi regardé une de ces chaînes info pour suivre ce qui se passait, ou plutôt ce qui s'était passé tout en anticipant la teneur des reportages. Et ça n'a pas raté, en à peine dix minutes, j'ai eu droit à "l'émotion" au minimum trois fois, l'envoyée spéciale dans les rues de Paris qui ne parle qu'au conditionnel et même en l'absence de passant interviewé, nous dit que cette fameuse émotion est palpable. J'ai donc coupé et suis retourné aux sources radiophoniques habituelles. Il y aurait aussi beaucoup à dire sur la propagation sur les réseaux dits sociaux où nous sommes otages de l'instantanéité. L'émotion déclenche la réaction; l'information suscite la réflexion.

 

animasana

17/11/2015 à 21h43

Merci à toi.

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