auteur
Jérôme Latta

 

Chef d'espadrilles.


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Orlando, loin de l'Euro

Une Balle dans le pied – L'absence d'hommage de l'UEFA aux victimes du massacre d'Orlando témoigne d'une sensibilité variable aux drames planétaire, d'un certain malaise envers l'homophobie, et d'un rapport compliqué à la "politique"… 


Classico

15/06/2016 à 12h35

Absolument, c'est ce que je dis que vous faites. Et bien sûr que c'est "surprenant", puisque ce faisant vous obéissez à un réflexe quasi-pavlovien de l'époque, qui vous semble une "évidence".

Jamel Attal

15/06/2016 à 13h13

Bon, je savais bien en écrivant cet article quelle serait son interprétation-réflexe. À aucun moment je ne suspecte l'UEFA d'homophobie : je parle explicitement d'embarras de sa part vis-à-vis de cette question. Je ne fais pas de procès, j'ai trouvé la problématique intéressante. Par ailleurs, je ne suis pas du tout adepte de la fièvre commémorative et de la multiplication des hommages. Mais puisque le football s'y adonne avec assiduité, j'ai jugé pertinent d'interroger les choix de l'UEFA en la matière. Pascal, merci de ta remarque. Deux choses : - cette "cause particulière", l'UEFA prétend l'embrasser, fût-ce (et ça me semble significatif) du bout des lèvres dans ses discours sur sa lutte très générique et abstraite contre l'intolérance. - réduire le massacre d'une communauté à une question de "cause particulière" me pose problème, dans la mesure où faudrait – à mon sens – ne pas opérer cette réduction et au contraire opposer une réaction universaliste et solidaire (conformément aux valeurs constamment affichées par des organisations comme l'UEFA, et bien au-delà), pour dire que chacun est touché par le drame. C'était bien le sens des messages du type "Je suis [Charlie - juif - policier]" après les attentats de janvier. Enfin, il m'a semblé tout à fait significatif que cet embarras a été très perceptible dans la médiatisation de l'attentat d'Orlando, avec une difficulté à nommer les victimes comme homosexuelles et l'acte comme homophobe (je me garderais de répondre à ceux qui vont même chercher des raisons de ne pas le qualifier comme tel).

Classico

15/06/2016 à 14h28

Ces types ont démontré qu’ils tuaient tout le monde avec la même volupté ; ils ont pris soin de cibler toutes les typologies de populations, des flics parce que flics, des musulmans modérés parce que musulmans modérés, des jeunes qui s’amusent parce qu’ils s’amusent, etc. Cela suffit bien évidemment à expliquer la « difficulté à nommer les victimes comme homosexuelles et l'acte comme homophobe » : ce n’est juste pas le problème. Nous sommes dans des problématiques différentes, qui n’ont rien à voir. Daesh n’est pas une entité plus homophobe que très largement « omniphobe ». Bien sûr que le bon sens éprouve une gêne à polariser l’évènement sur la lutte d’une minorité sexuelle pour sa reconnaissance : c’est le même embarras qu’on éprouverait à faire de Guy Georges un argument en faveur de l’égalité des sexes. S’ajoute ici le fait que le tueur était manifestement un habitué des lieux, ce qui ne dit pas grand-chose en soi mais ajoute à la confusion... Que les instances du foot soient par ailleurs homophobes à un degré ou un autre, c’est possible, mais c’est à discuter sur un tout autre terrain. Enfin bon, une énième manifestation de l’hypnotisation intégrale d’une partie de la gauche sur une seule et unique problématique, les luttes des minorités, qui absorbe toutes les situations et toutes les évaluations.

 

Jamel Attal

15/06/2016 à 15h03

À propos d'hypnose, elle a l'air efficace, ta grille de lecture toute faite des intentions et des présupposés de "cette partie de la gauche" (dont je ne fais pas partie, mais on n'est pas à un détail près) qui s'appliqueraient à cet article (pour la seule raison de son sujet, qui ne saurait évidemment être traité autrement que comme tu le crois). Bon, tu examinerais d'un peu plus près tes propos, à défaut du mien, tu en mesurerais l'absurdité quant aux cibles de Daesh qui sont n'importe qui mais pas n'importe qui. Tant pis.