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La rédaction

Du même auteur

Manifeste contre l'arbitrage vidéo

Pourquoi l'arbitrage vidéo est un désastre pour le football tel que nous l'aimons. 13 (contre-)arguments. 


nima

14/06/2018 à 11h50

En effet Tonton, c'est une tradition Russe l'officier politique qui surveille le travail des intellectuels...

La Metz Est Dite

14/06/2018 à 11h51

"Josip R.O.G.
aujourd'hui à 11h36
Penser à une version courte pour la diffusion grand public (parce-que nous ça va c'est bon, on est convaincus)."

--> Ah oui c'est vrai il faut une version courte pour les gens qui n'ont pas de temps à perdre pour lire un article (15-20 minutes tout au plus) mais qui ne voient aucun inconvénient à perdre plusieurs minutes par match (le temps que la var opère).

osvaldo piazzolla

14/06/2018 à 12h12

@peterpanderlecht : tu veux dire qu'on ne SAIT PAS qui a l'initiative entre le central et le car régie ?

Luis Caroll

14/06/2018 à 12h15

Evidemment d'accord avec tout.
Il y a un point fondamental pour moi c'est le passage en différé des émotions du but, le truc que je ne suis absolument pas capable d'accepter. Je me suis vraiment demandé pourquoi il y avait des gens à qui ça ne posait pas le moindre problème. J'ai creusé et je me suis rendu compte qu'il s'agit en majorité de gens plus jeunes. L'incompréhension du point de vue est la même que de discuter avec des jeunes qui ont aimé La Menace fantôme. Ca me parait inconcevable.

J'ai l'impression que le phénomène à l'oeuvre est la descenarisation du football. C'est à dire que nous étions attachés à la théatralité du match de foot par son scénario, son entracte au milieu, et sa conception par épisodes.

Dans ce contexte, le rythme est fondamental car on est devant un film et la qualité d'un rebondissement vaut par sa soudaineté et son irreversibilité. Mais la consommation du foot a changé (surtout chez les plus jeunes, surtout chez ceux qui passent beaucoup de temps sur les réseaux sociaux). Ca m'a frappé quand, discutant avec Arthur33 qui m'expliquait que ça ne changeait rien à ses émotions, il m'a dit "j'ai des émotions, j'ai revu le but de Valbuena 15 fois en replay". Un but validé après la VAR ne change pas du tout si on le voit en replay, donc la VAR est acceptable. J'ai trouvé ça bizarre de parler de l'émotion de revoir un but plusieurs fois, après le match. Si on le voit en dehors du scénario du match sur Twitter 10 minutes après qu'il ait été marqué, alors tout va bien, rien ne change. Le foot est descénarisé et la VAR est acceptée parce que le foot est déjà beaucoup regardé en différé, en morcellé, en saucissonné. La VAR n'est pas la source du saucissonnage, c'est une consommation déjà partiellement saucissonnée qui la rend possible.

C'est aussi une focalisation croissante sur la beauté d'un geste, qui elle aussi ne perd rien quand elle n'est pas vue de manière instantanée: on a déjà pris l'habitude d'admirer ces gestes 1, 5, 10 ou 60 minutes après qu'ils aient été réalisés.

Combien de fois va-t-on sur internet voir un but a posteriori, alors que le match est encore en cours, ou vient de se terminer?

Je me demande même si internet ne participe pas aussi à la focalisation outrancière sur la justice du résultat du match. Les supporters d'équipes concurrentes s'invectivent bien plus qu'avant, et tout le temps. Le résultat a toujours été très important, mais j'ai l'impression qu'il l'est devenu encore plus, au détriment du scénario. Parce que les invectives vers ou venant des concurrents prennent une importance folle dans les sensations du supporter.

Ce n'est finalement pas très surprenant que les journalistes soient pour: leur boulot consiste à commenter le résultat final et le direct n'est pour eux pas porteur d'émotion personnelle. Et ce n'est pas surprenant que les journalistes-supporters des Cdf soient contre, puisque pour eux c'est le contraire.

Pour filer la métaphore jusqu'au bout, c'est une consommation du foot qui ressemble à revoir un film d'action. Le scénario n'a plus d'importance, on veut profiter des scènes d'action, encore et encore. Le plaisir est avant tout visuel et non plus dans le rythme du déroulement.

Pascal Amateur

14/06/2018 à 12h30

Je ferai plus court que Luis, partageant son point de vue, que j'ai déjà exprimé. Et comme lui, j'avais été frappé de la réaction d'A33, qui se moquait bien davantage des émotions, et privilégiait autre chose. Il y a, désormais, un impossible des émotions. L'émotion casse le contrôle de soi, nous déborde. L'époque emprunte à la névrose obsessionnelle le désir de tout sécuriser, de façon évidemment illusoire. La vidéo promeut une instance imaginaire qui détient la Vérité. C'est Dieu et sa drôle de machine, mais aux mains des hommes. C'est l'homme qui joue à Dieu sachant tout. Descartes revient, qui avait mis la divinité au placard, pour qu'on fasse de la science tranquille.
L'émotion est remplacée par l'angoisse binaire : y a ou y a pas. Pas d'exaltation, de la joie, du désespoir, de la résignation, du chant futile. Il n'y a plus que du : oui, non. Y a but, y a pas but. Absence/présence. Peur qui tourne donc à l'angoisse. L'attente. Mille émotions fondues en une hésitation unique, fade. On a le but comme on a le bac. Le reste importe de moins en moins. Bravo. On passe à autre chose.

Mandandamadeus

14/06/2018 à 12h34

Merci les gars pour ce manifeste plein de bon sens et d'amour pour ce qui reste de football.

Julow

14/06/2018 à 12h44

Et merci Luis Caroll pour ce commentaire.

Jamel Attal

14/06/2018 à 13h19

@osvaldo piazzolla
L'écran de bord de touche a été de mise en Serie A et Bundesliga (idem dans les coupes françaises).

Quant au "droit d'appel", le Board l'accorde, pour cette Coupe du monde, aussi bien au central qu'aux VAR. Ce qui va dans le sens d'un nombre élevé de recours, préconisé par les instances arbitrales en Italie et en Allemagne.

La logique est très clairement de ne laisser échapper aucune erreur et de tout sacrifier à cet objectif (pour le nombre de recours comme pour leur durée – cf. la décla de Bussaca, "Si ça doit prendre dix minutes, ça prendra dix minutes", cf. aussi notre article sur la Bundesliga avec l'extension au "moindre doute").

C'est aussi la raison pour laquelle le système des challenges, moindre mal, n'a aucune chance d'être adopté tant il entre en contradiction avec cet objectif.

Jamel Attal

14/06/2018 à 13h27

@Luis Caroll
Merci pour ce développement très intéressant.

Je reviens juste sur l'idée que les journalistes seraient pour. En fait, j'ai l'impression que ce sont les plus visibles qui sont pour (ie ceux de télévision), mais que si l'on faisait un sondage sur toute leur population, on aurait une majorité de "contre". Je suis frappé de voir à quel point tous ceux que je rencontre en ce moment, ou qui s'expriment sur les réseaux sociaux, y sont totalement opposés.

Je crois aussi qu'au cours des derniers mois, beaucoup sont revenus de leurs illusions dès lors qu'ils ont vu se matérialiser les multiples conséquences de la VAR. Ils ont dû passer du stade "Faut voir - c'est inéluctable" à "Ah mais c'est grave en fait - ça va peut-être pas marcher").

Jamel Attal

14/06/2018 à 13h31

Précision : j'évoque les journalistes spécialisés. Chez les journalistes "généralistes", je ressens que c'est encore le faux bon sens, les fausses évidences de la solution qui prévalent. Mais ceux-là iront très vite dans le sens du vent si ce sens change.

 

Özil paradisiaque

14/06/2018 à 13h40

J'aime bien la Menace Fantôme.
Je n'aime pas l'arbitrage vidéo par contre.

Je tenais à le préciser.

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Un peu exagéré. https://t.co/acfGIy8nkV

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