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« Contredire l'idée que le 10 aurait disparu »

Pour la sortie de L'Odyssée du 10, nous avons posé dix questions à ses auteurs. Ils ont distribué les transversales. 


Jankulowski Desailly Galasek

23/10/2019 à 14h09

D'une certaine façon, les CdF et leur gravisphère, c'est un peu le numéro 10 du journalisme footballisitique.

(c'est quand j'ai flash un "métonymie" lors d'un des tous premiers paragraphes que j'ai réalisé ça).

leo

23/10/2019 à 21h48

Nouvel exemple de Lionel Messi "DiStefaneando" - du verbe "DiStefanear", tout faire sur le terrain, comme Alfredo Di Stefano (copyright Alfredo Relaño) - ce soir avec son but contre le Slavia Prague : interception de la passe de relance, légère temporisation et passe qui déséquilibre le bloc adverse, appel tranchant pour suivre l'action et "créer" la passe du coéquipier et, pour finir, finition clinique.

Le meilleur 10 du monde et, peut-être, de l'histoire de ce sport.

tes fessées

23/10/2019 à 21h48

Radek Bejbl
aujourd'hui à 01h57

C'est quand même étonnant de schématiser ainsi le jeu de Messi, qui est le meilleur passeur au monde et de très loin le joueur le plus créatif depuis de longues années. Il est littéralement le seul organisateur du jeu barcelonais depuis deux saisons. De même, le rôle d'Alexander-Arnold, qui est la principale source de créativité par la passe de Liverpool (Michael Cox en a encore fait un article en août après celui le qualifiant de "right-back-playmaker" l'an dernier), est l'une des principales (r)évolutions du football actuel.

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Sur Messi, j'ai dit moi-même que je schématisais. Je ne trouve pas que ce soit le seul organisateur du jeu barcelonais comme tu le dis - pour moi, c'est plus Busquets et Rakitic (avant cette année pour ce dernier). Meilleur passeur au monde peut-être, mais c'est souvent après avoir percé / dribblé.

Et pour Alexander-Arnold, c'est juste qu'on ne doit pas avoir la même conception d'un 10 alors. Pour moi, un 10, c'est le dépositaire de l'organisation du jeu de l'équipe, celui qui oriente et par qui passe principalement les circuits de passes. Je veux bien qu'Alexander-Arnold soit très dangereux, mais je n'achète pas ce concept de 'right-back playmaker'. Des latéraux influents sur le jeu de leur équipe, il y en a eu plein. C'est pas pour autant que ça en fait des 10. In my humble opinion.

leo

24/10/2019 à 03h54

tes fessées
23/10/2019 à 21h48

Sur Messi, j'ai dit moi-même que je schématisais. Je ne trouve pas que ce soit le seul organisateur du jeu barcelonais comme tu le dis - pour moi, c'est plus Busquets et Rakitic (avant cette année pour ce dernier). Meilleur passeur au monde peut-être, mais c'est souvent après avoir percé / dribblé.
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C'est la différence entre milieu organisateur (qu'on appelle mediocentro, doble cinco, regista en Amérique Latine, en Espagne et en Italie) et le 10 (le mediapunta, mezzapunta ou fantasista, enchange en Argentine).

Le milieu organisateur, c'est Falcao, Redondo, Xabi Alonso, le Pirlo de la deuxième moitié de sa carrière, c'est le meneur reculé, devant sa défense, responsable de la première relance, de l'orientation du jeu.

Le 10, c'est le joueur qui va faire des différences plus près de la zone de vérité et ça ne passe pas forcément ou uniquement par la passe, loin de là.

Maradona faisait autant la différence par la passe que par le dribble et sa grande force, au moins autant que sa technique phénoménale, était sa capacité à accaparer l'attention des adversaires, à faire s'effondrer l'équipe adverse sur lui pour pouvoir éliminer des joueurs et, surtout, ouvrir des espace énormes pour ses coéquipiers. On voit parfaitement ça sur le but de Caniggia contre le Brésil lors du Mundiale 90.

Messi le fait aujourd'hui comme personne.

Michael Laudrup était un passeur fabuleux, sûrement le plus grand qu'il m'ait été donné de voir, mais il était aussi capable (et avide) de dribbles pour éliminer son adversaire direct et se donner le temps de donner ses passes lumineuses.

Johann Cruyff, el Beto Alonso, Alain Giresse, Thomas Hässler, Gica Hagi, Ariel Ortega, Juan-Roman Riquelme, Juan Carlos Valerón, Roberto Baggio, Ronaldinho... nombre de grands numéros 10 étaient, en plus de grands passeurs, de formidables dibbleurs.

leo

24/10/2019 à 03h57

(enganche, pas enchange...)

et alors

24/10/2019 à 10h02

Puisque le sujet ravive la propension à couper les cheveux en quatre sur les rôles/dénominations des joueurs : en Italie c'est plutôt "trequartista" qui correspond à l'idée de 10, c'est à dire celui qui joue sur les trois-quarts, entre le milieu et l'attaque (on peut parler d'une ligne de trequartisti, par exemple dans un 4-2-3-1, mais en général ça désigne surtout l'axial). Il y a aussi le terme "rifinitore", plus attaché à celui qui fait les passes aux attaquants (et qui ne sera pas forcément placé en pur 10) - ça correspond aux spécialistes des "passes-clés" comme on dit maintenant.

Fantasista et encore plus mezzapunta, c'est plutôt un attaquant créatif, par le dribble et/ou la passe, un "neuf et demi" qui joue plus haut sur le terrain. J'ai d'ailleurs l'impression que c'est plus répandu ou plus célébré que les vrais 10 en Italie : pour ne citer qu'eux Baggio, Del Piero, et même Totti dans la deuxième partie de sa carrière me semblent entrer dans la catégorie. Et Cassano qui était le fantasista par excellence n'avait guère les responsabilités d'organisateur d'un 10.

dugamaniac

24/10/2019 à 13h59

tes fessées
23/10/2019 à 21h48


Et pour Alexander-Arnold, c'est juste qu'on ne doit pas avoir la même conception d'un 10 alors. Pour moi, un 10, c'est le dépositaire de l'organisation du jeu de l'équipe, celui qui oriente et par qui passe principalement les circuits de passes. Je veux bien qu'Alexander-Arnold soit très dangereux, mais je n'achète pas ce concept de 'right-back playmaker'. Des latéraux influents sur le jeu de leur équipe, il y en a eu plein. C'est pas pour autant que ça en fait des 10. In my humble opinion.

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Je te suis complètement.
Parce que si on va par là Beckenbauer c'était un 10, ou même Edwin Van der Sar par qui tous les ballons passaient à l'époque de l'Ajax.

tes fessées

24/10/2019 à 22h08

@Leo : je te suis jusque dans une certaine mesure. La différence entre regista et 10 que tu opères est à mon sens valable que depuis récemment. Le 10 des années 80, celui de mon enfance, il devait faire un peu tout cela parce qu'il n'y avait pas vraiment de 6 organisateur.
Messi organise peut-être un peu plus le jeu du Barça à présent. Mais à l'époque pas si lointaine Xavi/Iniesta, c'est eux qui étaient dépositaires du jeu. Pas Messi. Encore une fois, je reconnais l'excellent joueur qu'il est, mais je ne lui attribue pas autant de qualités que toi.

@ Dugamaniac : j'avais failli aussi mentionner Brehme, qui était pas loin d'être le plus dangereux de la Mannschaft. Pour autant, il me semble incontestable que le meneur était Matthaus, voire Hassler.

 

leo

26/10/2019 à 00h21

tes fessées
24/10/2019 à 22h08
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Notre incompréhension vient du fait que tu vois le 10 comme "le dépositaire du jeu", "l'organisateur", "celui qui oriente" et moi pas.

Si on prend nombre des grands 10 du football, dont tout le monde, j'espère, s'accordera à dire que c'étaient des "vrais" 10, ils n'étaient pas les organisateurs ou en tout cas pas du tout les seuls organisateurs. Allez, un peu de name-dropping (et même des années 80) :

Michael Laudrup au Barça jouait avec Ronald Koeman en défense central et Luis Milla puis Pep Guardiola au milieu de terrain (et avec parfois Eusebio, un autre organisateur/meneur en latéral droit dans un 3-4-3, pour faire un clin d'oeil à l'autre débat). Ce sont ces deux-là qui orientaient le jeu et par qui passaient les passes redoublées.

Diego Maradona, en équipe d'Argentine, jouait avec Osvaldo Ardiles au milieu, puis avec Batista et enfin avec Redondo, c'étaient eux les organisateurs.

Zico jouait devant Toninho Cerezo puis Falcao.

Dans le Brésil 58, c'est Didi qui était le milieu organisateur, le meneur reculé d'aujourd'hui, en 70 Gerson. Pelé était très offensif, comme Maradona ensuite ou Messi aujourd'hui.

Thomas Hässler jouait devant Lothar Matthaus (qui était plus relayeur/box-to-box que 10).

En équipe de Roumanie, c'est au moins autant Popescu qui tient ce rôle d'organisateur que Gica Hagi.

Même en équipe de France, on peut voir Giresse comme plus organisateur que Platini, qui jouait plus haut et était beaucoup plus finisseur (mais bon, Giresse aussi était 10).

Mais en fait, tout est déjà dans ce que dit Julien Momont : "On parle souvent du numéro 10 alors qu’il faudrait parler des numéros 10. Il y a une pluralité fascinante d’interprétation du rôle: certains sont plus organisateurs et passeurs, d’autres déstabilisateurs et dribbleurs, certains préfèrent donner la dernière passe, d’autre marquer, certains sont plus milieux, d’autres plutôt attaquants… Le 10, c’est tout ça à la fois. C’est Zidane et Maradona, Bergkamp et Pelé, Platini et Giresse, des profils totalement différents qui endossent une responsabilité similaire, le leadership technique – et moral pour certains – de leur équipe."

Difficile de dire que Lionel Messi n'endosse pas le leadership technique (et même moral, depuis déjà très longtemps, et souvent à outrance) des équipes dans lesquelles il évolue et que ses caractéristiques techniques et tactiques ne ressemblent pas à celles de bien de grands 10 du passé.

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