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La boîte à chants

"Nous entrons dans une ère où les stades, même les plus abandonnés, sonneront toujours plein, sans plus d'égard pour ce qui s'y déroule." 


Sens de la dérision

01/12/2020 à 10h32

Un beau texte qui amène une bonne question.

osvaldo piazzolla

02/12/2020 à 03h18

Il ne pose pas vraiment de question, il prophétise l'ultime phagocytage du football par la télévision et il risque d'être clairvoyant.

Je n'avais jamais pensé à l'association d'idée avec les rires pré-enregistrés et ça m'est paru comme une horrible révélation.

sehwag

03/12/2020 à 08h50

Justement ce matin je pensais à ça. J'ai regardé la première mi temps du ManU-PSG hier et je n'ai absolument pas réussi à tenir. Pourtant c'était un beau match, avec de l'enjeu, du suspense et de l'action.

Rien à faire, je suis allé me coucher à la mi temps. C'est comme si l'absence de public empêchait ce moment de suspension et de déconnexion qui permet d'oublier un instant qu'on regarde des hommes et de se plonger, de s'oublier dans la communion du football.

On a tous conscience ici de la schizophrénie qui consiste à porter un regard critique sur les dérives de notre mode de vie et dans le même temps à se délecter d'un des sports qui en est une des pires caricatures.

On voit régulièrement sur ces pages des copains virtuels se poser la question de continuer à suivre le foot et on s'étonne de plus parler d'autres sujets.

Ce foot sans public, c'est comme si on levait le voile, comme si un élément essentiel du décorum qui fait qu'il est plus que la somme de ses parties avait disparu. Il ne reste que la volonté pure de faire de l'argent à tout prix, de proposer un produit coûte que coûte, sans ce qui en fait ce rendez-vous aussi spécial.

Je travaille dans le commerce international, je connais les contraintes de la folie capitaliste (et ses joies) et plus que jamais depuis que j'évolue dans cet environnement je pense qu'il est fondamental de ne pas perdre de vue le sens des choses, les raisons pour lesquelles on est prêt à donner de son temps et de sa vie sur les autels de la finance, de la productivité, de l'efficacité, de la rentabilité. Pour moi le sens du foot c'est d'être un spectacle populaire, humain, cathartique, un théâtre dans sa forme la plus primaire, qui propose des avatars des sentiments les plus basiques et les plus forts : admiration, dégoût, haine, joie, plaisir, partage, violence etc..

Un des éléments essentiels de ce spectacle c'est bien sûr la qualité de la performance sportive proposée, mais bien plus encore c'est l'investissement du spectateur qui lui permet d'attendre une forme de transcendance. L'émotion du stade, même à la télé, même avec les dérives et les conneries, c'est une des plus fortes qu'on peut connaître. Je ne suis ni ultra ni abonné nulle part mais j'ai connu des grands soirs à Cologne, Rome, Lens, Paris, Lille, peu de choses peuvent rivaliser.

Comme beaucoup mon intérêt s'étiole et de plus en plus je suis lecteur des CDF et membre de cette drôle de communauté des supporters de l'OM sans vraiment pour autant suivre les matches.

Je ne sais pas si l'absence de public est le coup de grâce, peut-être que je reviendrai avec le public, mais en l'état je n'arrive pas à regarder un match entier.

Il faut ajouter à cela la coupe du Monde à venir au Qatar, dont je pense que personne ne devrait la suivre. Les conditions d'attribution et plus encore le coût humain de la mise en oeuvre du projet sont juste inacceptables.

Entre un morne présent et un avenir sombre, je ne sais pas si je vais réussir à remonter dans le train.

Utaka Souley

04/12/2020 à 11h23

Beau texte effectivement; Quand j'étais mioche, on regardait la télé parce qu'on ne pouvait pas aller au stade; la retransmission était une sorte de pis-aller, la télévision le médiateur, celle qui permettait l'accès à tous ceux qui, trop loin, trop jeunes, trop pauvres, ne pouvaient aller au stade.

Mais le foot a changé. On est passé de sport populaire à spectacle de masse, et les revenus ne sont plus tirés de la billetterie mais des droits de retransmissions. La gestion des spectateurs dans les stades est devenue un problème (hooliganisme d'abord, puis terrorisme, enfin pandémie) et peut-être vivons nous en effet la fin des matches avec spectateurs.

Il va quand même se poser la question du devenir de ces enceintes sportives, dont certaines (comme celle du club de ma feuille d'impôt -OGC Nice) sont financées à l'aide de partenariats douteux basés sur des prévisions de fréquentation qu'il va être compliqué d'atteindre.

MarcoVanPasteque

04/12/2020 à 13h37

C'est la boîte à chants de Schrödinger : le public est en même temps absent et présent.

Espinas

04/12/2020 à 14h12

Je ne suis pas sûr, Utaka Souley que les clubs aient tant envie de se passer de spectateurs, ne serait ce que pour les revenus, les sponsors et le public en loges, sans compter la pression sur l'arbitre.

Les années 1920 après la grippe espagnole ne semblent pas indiquer qu'une pandémie mondiale empêche les gens de sortir les années suivantes.

 

Utaka Souley

04/12/2020 à 23h21

Espinas
aujourd'hui à 14h12

Que les clubs aient envie de les garder quand ça leur appartient, probablement. Que les mairies soient prêtes à n'importe quel montage financier pour que le club local ait un "merveilleux outil", je suis moins sûr.

Il est bon quand même de rappeler que, hors circonstances exceptionnelles actuelles, nos clubs de ligue 1 ne remplissent que rarement leurs stades (à l'exception de deux ou trois clubs).

Si la télé invente le foot dans des stades vides, et que le foot business y trouve son compte, la question se posera réellement.

Les brèves

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"Laurent Blanc à Lyon, ça ne colle pas pour deux raisons" (foot01.com)

Aucun

"Euro U17 : qui sont les joueurs majeurs de l'équipe de France ?"

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"Ribéry : Des débuts fracassants." (lequipe.fr)

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"Un pays africain rêve de Bruno Genesio !" (dailymercato.com)

Ruuuuuuuuuuuuuuuuuuud van Nistelrooy

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