auteur
Jérôme Latta

 

Chef d'espadrilles.


Du même auteur

Éloge des éliminatoires

Une Balle dans le pied – Les phases qualificatives ont le charme âpre d'un football qu'on aime encore. Tant pis pour les exigences de "spectacle" des consommateurs.


Citron Merengue

02/04/2021 à 16h06

Entre nous, la France a souvent été "chiante" en éliminatoires sans que cela ne présage forcément de la qualité de son jeu en phase finale.

J'ai le souvenir des qualifs 96, bien tristounes sur pas mal de matches et une litanie de nuls. Les qualifs à l'Euro 2000, comme rappelé, furent particulièrement laborieuses. On parle en effet du Andorre - France. Mais sur cet Euro souvenez-vous que notre qualif ne tient qu'à une erreur de main du gardien russe face à l'Ukraine à la dernière minute de leur dernier match. Et ainsi de suite.

C'est rappelé récemment sur un autre fil. Certaines nations, comme l'Allemagne, semblent habituellement dérouler en qualif (sauf quand ils tombent face à l'ogre macédonien). Nous c'est souvent limite. Mais du coup au moins y'a du suspense. En règle générale (j'ai pas compté mais en dehors de 2004 et 2008) on se qualifie quasi systématiquement à la toute dernière journée et donc à défaut d'être emballante cette Equipe de France sait nous offrir du suspense pour se qualifier. Et finalement, dans la mémoire collective des supporters français, certains matches de qualification tiennent une place bien à part dans la mythologie Bleue (dans ma vie de supporter : France Bulgarie 93 of course, Roumanie - France 95, France - Irlande 2009, France - Ukraine 2013 par exemple).

suppdebastille

03/04/2021 à 09h38

Le problème à mon sens n'est pas tellement le niveau de jeu des sélections très éloigné des meilleurs clubs aujourd'hui mais qu'il n'y a plus aucun suspense depuis l'éclatement de pays européens qui a entraîné l'empilement de "moyens" pays et l'élargissement des euro et mondial.
Certes la France peut perdre 2 points ici ou là mais personne ne doute qu'elle sera qualifiée à la fin.
L'autre problème majeur (Jérôme l'a bien signalé ) est l'uniformité des environnements et des stades ( pire encore avec les huis clos). Tous les stades se ressemblent et j'imagine que pour les joueurs on peut ajouter que tous les environnements se ressemblent ( hôtel, bus ultra moderne, wifi,..).

Charterhouse11

03/04/2021 à 16h30

Jamel Attal
01/04/2021 à 22h50

En parallèle, il y a ce que je considère comme une détestation de l'équipe de France pathologique et manquant terriblement de discernement, au sein d'une frange pourtant "éclairée" des amateurs de foot qui, visiblement, semblent plus régler des comptes qu'analyser avec un tant soit peu de recul.

Non pas qu'on ne pourrait pas porter de critiques fondées sur le jeu des Bleus. Mais si on effectue vraiment ce *travail* critique, c'est-à-dire si on veut bien dépasser le dénigrement de principe et l'épanchement d'une rancune troublante, prendre en compte ce que sont devenus le football de sélection et le travail des sélectionneurs, s'appuyer sur des éléments observables, jamais on arrive à des condamnations aussi délirantes. Je trouve que ces dernières en disent beaucoup plus sur leurs auteurs et sur l'état actuel du football que sur l'équipe de France.
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Pour me considérer dans la frange que tu dénonces (le côté éclairé en moins cependant), ton argumentaire t'est tout à fait opposable, vu que tu défend becs et ongles et en tout temps l’Équipe de France. Notons d'ailleurs que les contempteurs de l'EDF ont moins voix au chapitre que ceux qui l'encensent à tout va (le titre de champion du monde aidant).

Mais si l'EDF ne me procure plus aucun frisson (et à mon corps défendant, j'aurais aimé vibrer à la dernière CDM), plus globalement le système actuel fait que le frisson n'est pas vraiment dans le spectre d’une non-qualification vu que tout est fait pour que le maximum d'équipes soient présentes à la future compétition. L'enjeu est quasi inexistant pour une nation comme la France. Ca peut arriver oui, mais tout est fait pour que ça n'arrive pas/plus. Bref, difficile au final pour moi de trouver autre chose qu'un intérêt poli à ces matchs.

Espinas

05/04/2021 à 10h18

suppdebastille
03/04/2021 à 09h38
Le problème à mon sens n'est pas tellement le niveau de jeu des sélections très éloigné des meilleurs clubs aujourd'hui mais qu'il n'y a plus aucun suspense depuis l'éclatement de pays européens qui a entraîné l'empilement de "moyens" pays et l'élargissement des euro et mondial.
Certes la France peut perdre 2 points ici ou là mais personne ne doute qu'elle sera qualifiée à la fin.
L'autre problème majeur (Jérôme l'a bien signalé ) est l'uniformité des environnements et des stades ( pire encore avec les huis clos). Tous les stades se ressemblent et j'imagine que pour les joueurs on peut ajouter que tous les environnements se ressemblent ( hôtel, bus ultra moderne, wifi,..).
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Tout à fait, se qualifier pour une coupe du monde au XXe siècle ou un euro à 8 ou à 16 ou à 24 n'a rien à voir et nos amis de l'UEFA et de la FIFA ont tout fait pour éviter que des gros marchés ne se qualifient pas en phase finale.

Pour moi, outre le vaccin Domenech en 2004-2006 (j'avais regardé tous les matchs, en enregistrant certains pour de fréquents 0-0 surtout avant le retour de Zidane, Thuram et Makelele), ces nouveaux formats font que là où on tremblait en éliminatoires (mon premier match des Bleus est le France-Pologne de 1995 où on est mené 0-1 avec le coup franc de Djorkaeff pour égaliser. Si ça restait à 0-1, on aurait été très mal partis), maintenant, ce sont des formalités qui servent surtout à faire la sélection française via les performances individuelles mais de moins en moins à éliminer les têtes de série.

Citron Merengue

06/04/2021 à 17h16

Sachant quand même qu'il n'y a "que" 13 places UEFA en coupe du Monde (contre 24 à l'Euro), je trouve qu'il reste quand même encore du suspense.
Et ces 13 places c'est le cas depuis a minima 1986. Le passage de 24 à 32 nations s'est surtout fait à l'avantage des "petites" confédérations. A noter enfin qu'en 2026 ce seront 16 équipes UEFA (soit +3) soit un niveau de difficulté de l'ordre des Euros jusqu'à France 2016.

Espinas, quand tu cites les difficultés de la France pour la qualif à l'Euro 96, à l'époque il y avait quand même 15 qualifiés (hors Angleterre). Théoriquement la qualif pour Qatar 2022 est moins aisée que celle pour l'Euro 95. Le seul avantage accordé aux grands ce coup-ci c'est le fait que les qualifiés en phase finale de la Ligue des Nations sont quasi assurés d'être rebasculés en barrages.

N'oublions pas qu'en 2018 nous n'avions ni l'Italie ni les Pays Bas en coupe du Monde.

 

Espinas

07/04/2021 à 15h25

Tu as raison, d'ailleurs, la France a tremblé pour se qualifier pour les coupes du monde 2010 et 2014 en passant par les barrages avec la main d'Henry en novembre 2009 et le fameux France-Ukraine de novembre 2013.