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Premier League et foot anglais

Le rendez-vous des amateurs du foot venu d'Angleterre, qui sent la sueur de pub et la bière chaude.

Bananja Vidic

02/03/2010 à 21h04

Ah ben oui, ça a été effacé effectivement, j'avais dû y dire quelque chose qui n'est pas passé... Etonnant. Je parie que c'est la citation de Roy, en Anglais pourtant, qui était un peu trop vulgaire. J'ai cru que les guillemets et la langue couvriraient, mais tant pis. Pardon, Dame Rédac', si j'ai outrepassé les règles sans m'en apercevoir. Mais tu trouveras la citation et toute l'histoire dans l'article Wikipedia en Anglais sur Roy Keane.

Bananja Vidic

02/03/2010 à 21h05

Aaaaah, merci Kelly! J'ai eu peur d'avoir froissé la Rédac', my mistake.

Troglodyt

02/03/2010 à 21h15

http://3.ly/Z1s

socratesinho

02/03/2010 à 22h19

sinon des nouvelles révélations sur J.Terry et, d'autre part, l'ex-de Bridges devraient tomber (si cela n'a déjà commencé). Les journaleux en ayant gardé sous le coude... Manifestement Wayne ne va pas se brouiller qu'avec JT en équipe d'Angleterre. Certaines révélations sur Terry risquent de vraiment l'nefoncer. Je n'en dirai pas plus...

Bananja Vidic

02/03/2010 à 22h30

(c'est Bridge, son petit nom. Bridges, c'est le Dude)

Tricky

03/03/2010 à 08h30

A propos de John Terry, le commentaire du jour dans le Daily Mirror. J'adore. 'You know you're a man of questionable moral fibre when Craig Bellamy looks down on you'

Mangeur Vasqué

03/03/2010 à 17h51

[Merci pour tous les messages. La rechute de la Mangeuse (maladie de Graves, celle que Gail Devers chopa je crois, mais y’a différentes manifestations) est maintenant under control, une saloperie de condition médicale qui bousille le métabolisme (vertiges sérieux, perte de la vision temporaire, tachycardie, etc. mais en principe condition pas mortelle) et qui revient de temps en temps, c'est compliqué, les traitements sont pas très efficaces,, etc. Mais parfois, plus que la maladie en elle-même, ce qui me fait le plus peur, c’est l'état du Service National de Santé (NHS)… Faut 6 mois pour voir un endocrinologue (et encore, souvent c’est un interne ou une infirmière…). J’en profite pour poster l’épisode 3 que j’avais déjà préparé. Pour l’épisode 4 (prêt aussi), demain en principe. J' peux pas repondre aux questions si y'en a avant demain, peut-être, enjoy. ***************************************** Lee Sharpe. EPISODE 3 : La Fergie Revolution et la Drinking culture de l’époque (part 1) (l’épisode 2 a été posté dimanche soir). Bande-son conseillée pour ce 3ème épisode. http://tinyurl.com/c2mebt Still ill (The Smiths) http://tinyurl.com/ygfduld Bob’s yer uncle (Happy Mondays) http://tinyurl.com/ygbdg2z Shoot you down (Stone Roses) http://tinyurl.com/2wk4kt Always the sun (The Stranglers) L’épisode précédent se terminait sur le premier appel en sélection de Sharpe, et l’avenir fabuleux auquel il semblait être promis à 20 ans… Ouvrons donc (brièvement) la parenthèse « sélection anglaise » de Sharpe. En fait, les mots rassurants de Taylor sur les autres occasions de briller en équipe nationale, etc. s’avéreront bien optimistes. Sharpe n’aura pas d’autres occasions de briller avec l’Angleterre. Ou plutôt si, 7 autres, mais pendant une période noire de la sélection (1993) et Sharpe ne saura saisir sa chance. Sa période en sélection nationale sera brève et erratique, de l’âge de 20 ans à 22 ans : il fera 8 matchs sur 2 ans et demi, zéro but (mais aucune sélection en 92 – blessé). Il ne parvient pas à s’imposer au poste qui lui a été réservé (milieu). Il faut dire qu’il n’est pas vraiment en concurrence avec une pompe à vélo, mais avec John Barnes, qui vient la saison précédente de claquer la bagatelle de 22 buts en championnat avec Liverpool où il évolue en ailier gauche (1989-90 – 18ème et dernier titre en championnat pour les Reds) mais qui déçoit terriblement sous le maillot anglais. Première cape donc pour Sharpe le 27 mars 1991, contre l’Irlande. Souvent blessé ou malade, il ne joue aucun match avec l’Angleterre en 1992 – et rate donc l’Euro 92 (1 seul joueur de Man United est présent dans la sélection anglaise). Sa dernière cape (à 22 ans) sera fêtée le 13 octobre 1993 (et non pas 1995, qui figure sur son Wiki et d’autres sources suspectes) par une défaite peu glorieuse 2-0 contre la Hollande à Rotterdam, quasi synonyme de non qualification pour les USA – il y aura un autre match pour l’Angleterre en novembre, contre Saint-Marin mais quasiment pour du beurre (où Saint-Marin, par Gualtieri, inscrira le but le plus rapide de l’histoire des phases de qualification de la CdM, 8 secondes). L’Angleterre n’ira donc pas aux USA. Et l’Angleterre est furieuse contre Graham Taylor qui doit démissionner (ça vous rappelle pas quelqu’un au même moment, au Parc…). Une piètre performance contre la Hollande qui ponctue une année désastreuse pour la sélection anglaise (qui s’incline même en juin 93 contre les USA, 2-0), et condamne Graham Taylor. Mais au moins Taylor ne se cherchait pas d’excuses (comme les temps ont changé !). Après un mauvais match cette année-là, il déclara : « On s’est planté en beauté. Allez-y, descendez-moi, je suis payé pour ça. Notre prestation est indéfendable » ("We made a complete mess of it. I'm here to be shot at and take the rap. I have no defence for our performance"). Sharpe porte donc la tunique blanche pour la dernière fois lors de cette piteuse défaite contre la Hollande à Rotterdam. Détail troublant : à 500 kilomètres de là, au même moment – bon, en fait le match d’après – un autre gaucher célèbre et comparable dans son style flamboyant verra aussi sa carrière internationale s’arrêter brutalement à (El Magnifico). Refermons la parenthèse sélection anglaise. Sharpe ne s’imposera jamais en équipe nationale, et cette nouvelle saison 1991-1992 en club ne démarre pas sous les meilleurs auspices, les ennuis de santé sérieux commencent. Saisons 1991-1995. 4 saisons en dents de scie et assez indissociables l’une de l’autre, toutes marquées par de nombreuses blessures de toutes sortes et une maladie sérieuse (blessures et méningite en 1992). Quand sa forme est de nouveau au rendez-vous, il est barré à l’aile gauche par le p’tit jeunot qu’est devenu indispensable sur l’aile gauche entre temps: Ryan Giggs (titulaire dès 1991-92). Sharpe doit reculer et évoluer latéral-gauche… ou à droite, selon que le titulaire sur la gauche, Denis Irwin, joue ou pas. Entre temps, une autre équipe se forme sans lui, Irwin le barre à gauche, l’ukrainien Kanchelskis lui pique sa place à droite, Cantona à la baguette dès 92-93, la carrière de Sharpe à United se déroulera désormais en pointillé. Fergie ne sait plus trop où mettre Sharpe ni quoi en faire, il est un parfois un « bit-part player » (périphérique, sur le banc), parfois « utility player » (polyvalent), un « all-rounder » comme on dit quand on veut être sympa, en fait, « bouche-trou » serait souvent plus adapté. Saison cependant marquée par quelques fulgurances et éclairs de génie ici ou là, dont cette sublime talonnade-but sur un centre contre le Barça en Ligue des Champions 94-95 http://tinyurl.com/35mu5y Saison 94-95, déjà sa 7ème à United. Elle sera aussi assez difficile, pour cause d’une blessure sérieuse (fracture de la cheville) mais une bonne partie de l’effectif étant souvent blessé lors de cette saison un peu maudite pour United, Sharpe est souvent aligné quand il est disponible, et s’en tire pas mal. Mais décidemment, pas de bol pour Sharpe, la saison est (relativement) ratée pour United (qui finira tout de même 2ème, mais première saison sans trophée depuis 6 ans), et les bonnes prestations de Sharpe passeront relativement inaperçues dans les problèmes et la déception générale qui plombent un peu le club cette saison-là… Giggs souvent indisponible, Cantona le karatéka suspendu pendant 8 mois, Blackburn et son duo SAS de choc à 50 pions – Shearer And Sutton – en profite pour remporter le titre. (B’Burn était financé par leur sugar daddy Jack Walker, un magnat de l’acier, et reste à ce jour le seul club en dehors du Méga Three – Arsenal, Chelsea, Man Utd – à avoir remporté le titre de PL). Saison 1995-96. Sharpe n’a alors que 24 ans et une belle lueur d’espoir point au début de cette saison 95-96. En effet, Fergie veut faire de la place aux jeunes pousses aux dents longues (les Neville, Butt, Scholes et un autre dont nous parlons plus bas…) et élaguer le chêne United de ses quelques branches vieillissantes ou un peu pourries. Exit donc Hughes et Ince (Ince, vendu à l’Inter pour une fortune, mais pas vraiment pour des raisons purement footballistiques, plus parce que Fergie et lui se détestaient cordialement, Fergie lui réservant ses remarques les plus charmantes… telles que « c’est un joueur qu’a pas de cojones dans les gros matchs » - "he is a big-game bottler" - ou « c’est un gros charlot qui se la pète » - "he is a fucking big-time Charlie"). Tous ces changements en faveur des jeunes, stratégie qui s’apparente à une mini-révolution de palais, feront prononcer à Alan Hansen (ex-Liverpool), le consultant TV le plus connu d’Angleterre la connerie la plus célèbre de l’histoire des déclarations fumeuses de journalistes foot, après le premier match de la saison 1995-96 et une défaite contre Aston Villa : « C’est pas avec des gamins qu’ils gagneront quoi que ce soit ». ("You'll never win anything with kids") Man United remportera le double Championnat – FA Cup cette année-là (yep, plus grand moment de solitude depuis Robinson Crusoé pour notre ami Hansen). Exit aussi Kanchelskis (aux Toffees) et donc, et donc… possibilité pour Sharpe de revendiquer une place de titulaire sur le côté droit. Malheureusement, encore une déconvenue de taille attend le pauvre Lee. Après avoir dû se cogner l’apparition XXL sur la scène manageuriale du monstre du Loch Ness (Fergie), et avoir dû endurer l’éclosion du monstre du football gallois (Giggs), Sharpe doit maintenant assister impuissant à l’apparition du monstre du football anglais : David Beckham, 20 ans, toutes ses dents, et de l’ambition pour onze. Ça fait beaucoup de monstres en si peu de temps à se farcir pour un jeune dilettante comme Sharpey au mental emmental… Même s’il joue beaucoup et plutôt bien cette saison, fructueuse pour United (doublé titre-coupe, Cantona est revenu en octobre 95), ses jours dans l’effectif sont comptés, à 24 ans, Sharpe est déjà sur la pente descendante, avec un dénivelé qui rétrospectivement aurait de quoi coller les foies au plus chevronné des descendeurs de Vancouver. Le 10 février 1996, Sharpe marque son dernier but pour United, il marquera 7 buts cette saison-là pour United. Il ne le sait pas encore mais en février/mars 96, il a quasiment tiré ses dernières cartouches en championnat pour les Diables Rouges. Les ennuis « extra-sportifs » avaient commencé déjà avant, pas grand-chose au début, des broutilles, mais à la saveur particulière, de celle qui rameute la presse à sensation. Les Tabloïds l’ont bien repéré comme il faut et flairent en Lee Sharpe la cible idéale, le candidat rêvé, du jamais vu en terme de « potentiel marketing » depuis George Best, le « produit Gascoigne » commençant un peu à tourner en rond et à faire peur (revue détaillée du binôme Tabloïd-Sharpe dans l’épisode 4). Ces rapaces de Red tops (tabloïds) marquent désormais Sharpe à la culotte, épiant et grossissant chacun de ses faits et gestes, comme la presse-caniveau sait si bien le faire. Surtout si ce client est sympa et crédule, un bon client tout sourire comme Lee qui se prête volontiers au jeu. Et Lee est plus qu’un bon client, on jurerait presque qu’il a des actions dans les tabloïds. Ferguson avait convoqué Sharpe plusieurs fois, vers 1992-94, lui et ses p’tits copains trop fêtards (les Giggs, Beckham, Keane). Un soir, prévenu par la mère de Giggs (qui jouait à l’occasion les mouchardes - G Neville avait pas encore perfectionné ses techniques de caftage), Fergie s’était même pointé chez Sharpe en plein milieu d’une fête et avait viré tout le monde ! (l’incident que racontait Bananja y’a 2 jours). Et lors de ces sermons sur le vice, le péché sybarite bas de gamme et les vertus du cocooning, le Fergie avait sorti pour l’occasion son artillerie d’esthéticien hard-core : sa brosse cheveux-poils revêches et son hair-dryer 10 000 volts live pour effectuer quelques shampoinages-soufflantes, les bigoudis-barbelés promis aux récalcitrants du traitement, accompagné de brushing permanentes-mises en garde, le tout assorti d’avertissements-menaces (voir plus bas). Certes, ces p’tits gars-là ne sont pas des Ronaldinho qui font la java tous les soirs, mais pour Fergie, grand ami et admirateur du madré Guy Roux et qui a déjà fait sien l’adage auxerrois (et franc-comtois) que lui a enseigné le sage bourguignon « Qui va au Macumba une fois, va au Macumba cent fois », ce n’est pas supportable. Ce bougre de maquignon froggie avait raison se dit Fergie, pas de Macumba à Manchester (and thank god for that, pouffe-t-il en avalant sa bouillie de flocons d’avoine au p’tit déj’, un brin sarcastique et méprisant envers la jeunesse à Pedretti), y’a que des Legends et Ritzy’s sur Manchester, mais qui va au Ritzy’s once… Si l’Ecossais est décidé à ne pas tolérer les noceurs, même ceux qui sont prodigieusement talentueux, il a une très bonne raison pour cela. Remettons les choses dans le contexte de l’époque… Donc moment opportun d’ouvrir le gros chapitre « DRINKING CULTURE », un volumineux dossier bien corsé (qui continuera dans l’épisode 4)… Dès son arrivée à Manchester United début novembre 1986, Ferguson constate avec effroi (mais sans trop de surprise à vrai dire…) l’alarmante étendue de la culture poivrote dans ce club de (et pas du Chablis), ainsi qu’évidemment un niveau général de fitness aussi bas que celui des boutanches du bar du club. Le club de United est en piteux état et n’a rien gagné depuis des lustres – sauf une maigre FA Cup en 85. Le laisser-aller est général et connu de tous (pas le seul club comme ça cependant), c’est le boxon à tous les étages, un laisser-aller monstrueux même au vu du standard très laxiste de l’époque où la République des Joueurs (Player Power) est bien vivace mais se manifeste du manière très différente de maintenant (les joueurs à cette époque revendiquaient le droit au liquide mais du qui se boit, pas qui se flambe). Disons, pour parler clairement, que sous le très laxiste Ron Atkinson (le prédécesseur de Fergie), on se pointait souvent aux entraînements avec de l’alcool dans le sang, ou vice-versa pour certains… C’est tout juste si Atkinson n’avait pas dû installer une cellule de dégrisement attenante aux vestiaires, passage obligé avant l’entraînement du matin… Ferguson comprend de suite qu’il ne pourra réussir son pari de remettre debout ce club titubant comme un fêtard en fin de soirée qu’en déclenchant le plan Or-sec (tout le monde à l’eau minérale et tout le monde à l’entraînement, sobre). Il n’a d’autre alternative que de déclencher sa « révolution » à lui (celle de Wenger dix ans plus tard se fera un peu sur les mêmes bases). Ferguson déclare aux joueurs, d’entrée de jeu, vouloir bâtir un « club de football » et pas un « club établissement débit de boisson ». Avis aux amateurs et à bon entendeur, salud/santé. Le message a quand même du mal à passer dans certains coins embrumés du vestiaire, où l’on fait quasiment les entraînements avec la flasque de whisky dans le short (et glou, un p’tit coup quand le coach a le dos tourné…). Il en va de l’avenir du club en ces temps critiques (aucun titre depuis 20 ans) de prendre des mesures drastiques, et un nettoyage de la cave au grenier s’impose. Il faut absolument dessoûler le mammouth, certains joueurs Mon Chéri trempant depuis un trop longtemps dans le jus liquoré... Ferguson va alors passer les 2 premières années de son règne à batailler et peu à peu à se débarrasser du dead wood du club (boulets), du bois rétif (Strachan – le seul joueur qui osait lui tenir tête à Aberdeen, déjà !) et du bois bien imbibé (Mc Grath, Whiteside et Moran), triplette plus attaquée par les ver(re)s qu’un tronc pourri rongé par un régiment de xylophages faméliques (faut dire que le clan des buveurs avait l’habitude de se réunir – avec les joueurs de City ! - pour des séances bibine qui duraient jusqu’à 12-15 après l’entraînement – ce que raconte Whiteside dans son autobio, habitudes qui s’empirèrent après 85 dans tous les gros clubs anglais lors du bannissement européen post-heysel, les joueurs n’ayant plus de matchs européens à faire et bénéficiant donc d’encore plus de temps libre…). Seul Bryan Robson (considéré comme le taulier de l’estaminet) ne fut pas vendu, épargné eu égard à ses états de service/sa notoriété et son rendement sur le terrain mais il fut invité à sérieusement mettre de l’eau dans son vin (il était alors indéboulonnable, capitaine de la sélection nationale et considéré meilleur joueur anglais par le sélectionneur Bobby Robson vers 86-87). Un mot sur cette réputation de buveur qu’avait Robson (pas franchement infondée). Elle le poursuivra longtemps, et quelques années plus tard, alors qu’il entraîne Middlesbrough (de 1994 à 2001), Paul Merson*, d’un doigt tremblant, créera le scandale en 98-99 en désignant et accusant l’ex-vedette mancunienne de « perpétuer une culture de la boisson au sein du club » (thème que Mendieta, choqué de voir ce qui se passait à ‘Boro, reprendra presque 10 ans plus tard dans des déclarations sur Middlesborough, au moment de son départ du club en 2008 – mais pas l’endroit idéal ici pour développer le masto-thème drinking culture de ‘Boro, dommage car il est fort intéressant). [*Merson est ce joueur plutôt attachant au palmarès fourni : ex-star d’Arsenal, ex alcolo, ex-accro à la coke, ex-accro du jeu, ex accro de rehab. Tout ça est dans son autobiographie, au titre évocateur, « Rock bottom » - au fond du trou. L’autobiographie de l’ex-accro à tout est vraiment le genre de foot lit anglais le plus en vogue, avec la « hool lit »]. Selon Merson, ce laisser-faire a le même but qu’il a toujours eu dans le foot anglais : on encourage les excès en groupe pour favoriser la culture de la « camaraderie en groupe », du « team-bonding » (ou team-building), sorte d’esprit d’équipe indestructible basé sur l’agilité du poignet et la descente de gosier. Voir ci-dessous l’étude (en pdf) à ce sujet de l’Université de Stirling « Alcohol and the Sportsperson: An Anomalous Alliance » - L’Alcool et le sportif : une alliance contre nature », dans le lien ci-dessous qui contient beaucoup d’infos/analyses sur la Drinking culture, lien : http://tinyurl.com/yh44mcp (cette étude parle notamment de la politique du club de Liverpool qui organisait des séances de boisson collectives dans ces années-là 70-80, un lundi par mois, pour renforcer les liens au sein de l’équipe – team-bonding…). Disons que de nos jours, pour les séances team-bonding, on envoie les joueurs faire du kart ou de l’accro-branche, avant on les enfermait dans un pub pendant 6 heures avec pour consigne de faire connaissance. En Angleterre, la mise au vert a supplanté la mise aux verres. Pour ce qui s’agit de l’état de la « Drinking culture » aujourd’hui, tout le monde s’accorde pour dire que l’arrivée en masse des entraîneurs étrangers, et leur position anti-boisson stricte (Wenger, Houiller, etc.) dès 1996 a considérablement amélioré la situation et qu’il est souvent difficile de trouver une goutte d’alcool dans les clubs maintenant. Revenons à Ferguson et à sa révolution. Avec toutes ces décennies de culture bibine hardcore, Ferguson doit se montrer ferme, et c’est pas ces petits péteux soiffards de 20 ans qui vont lui remettre le bazar à tous les étages. Les écarts que Ron Atkinson avait laissé passer en mettant ça sur le compte « des mœurs traditionnelles des footeux anglais », Ferguson, lui, ne compte pas laisser passer l’ombre d’un micro-écart. Un mot sur Atkinson époque Man United. Il est de notoriété publique également que, non content de tolérer ses excès, Atkinson y participait. Les histoires sur celui-ci fréquentant les mêmes établissements que certains de ses joueurs et draguant les mêmes jeunes femmes ne manquent pas. Atkinson, le très laxiste prédécesseur de Fergie, était aussi célèbre pour conduire les négociations de contrat en bronzant dans son sunbed, vêtu simplement d’un caleçon et de lunettes de piscine… Apparemment, Atkinson avait constaté que ça destabilisait les agents et les joueurs… Ferguson n’est pas vraiment un abstinent du genre à diriger la branche locale de la Société Presbytérienne de Tempérance (voir ci-dessous*), mais à l’orée des premières années fastes du club depuis 25 ans, il n’était pas question que la « drinking culture » reprenne droit de cité dans ce club qui s’est laisser couler sur la pente douce depuis la fin des années Pattes d’éph’ et les derniers exploits yéyés du crépuscule des années Busby avec ses Best, Law & Bobby Charlton. [*après sa carrière de footeux pro, et après 2 semi-échecs en tant qu’entraîneur en Ecosse, ayant un peu marre du foot, en 1978 Ferguson achète un pub, comme beaucoup d’ex- joueurs a l’époque, dans son quartier natal ouvrier (chantiers navals) de Govan à Glasgow. Pub bien Far West où le Glasgow Kiss – coup de boule – se pratique en guise de bienvenue, pub dont il se débarrassera très vite, 6 mois plus tard, las de devoir sans arrêt appeler la police pour faire arrêter les bastons monstres qui y éclatent pour un wee ou pour un non]. Bon, autant dire qu’il fallait quelqu’un de la trempe de Fergie pour de se débarrasser de cette tare inscrite dans l’ADN du foot anglais. Car pour Fergie, c’est clair, y’aura ni Woodstock, ni Power Foireurs, ni zozos à United tant que lui, Fergie, sera entraîneur. Il a réglé le cas des picolos de l’ancien régime atkinsonien (Mc Grath, Whiteside, Moran, Robson), il s’est occupé des jeunes fêtards Giggs et ses potes. Il s’agit maintenant de s’attaquer au chantier Sharpe, cela ne s’annonce pas facile, car ce dernier n’a visiblement pas intégré ou « internalisé » les consignes de l’entraîneur… Et le révolutionnaire Fergie n’est pas au bout de ses surprises… [L’épisode 4 reviendra sur le contexte charnière de l’époque – débuts de la Premier League –, continuera sur la Drinking culture qui vomit ses derniers spasmes et bien sûr, examinera les déboires mythiques de Sharpe à Manchester et son inévitable départ, pour le moins précipité et chaotique…].

Oook

03/03/2010 à 18h01

Merci pour ce nouveau chapitre passionnant, et bon courage à Mangeuse. Petite question pour les historiens des 90's, quelqu'un se souvient en détail de l'affaire des marths truqués de Grobbelaar?

Lucarelli 1

03/03/2010 à 18h06

En tout cas il sait s'en moquer : http://www.youtube.com/watch?v=-CPIRYTxB44 Sinon, dans le détail, bof... Il a été mis en cause par le journal dont on ne cite pas le nom. Relaxé (avec l'autre, là, John Fash... Fasanh... ça finit par -nu) finalement, mais il a du rembourser les frais de justice au torchon, ça l'a ruiné.

Lucarelli 1

03/03/2010 à 18h15

http://www.guardian.co.uk/football/2004/dec/29/sport.comment Voilà déjà ça.

 

socratesinho

04/03/2010 à 21h05

Bonne nouvelle pour Liverpool: le joyau de Galatasaray, Arda a dit sur le site de l'UEFA que le club qu'il rêverait de rejoindre en Europe est Liverpool dont il est fan (il en reste beaucoup à dire cela?) Mauvaise nouvelle pour Liverpool: il pense quitter Galatasaray après que le club ait gagné une compétition européenne.