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Sport et santé

Parce que si on aime bien le regarder dans le canapé, ça nous arrive aussi de le pratiquer...

MarcoVanPasteque

29/11/2019 à 15h20

En tout cas il était très élogieux envers son collègue urologue Léo Vessie.

Le Meilleur est le Pires

29/11/2019 à 16h24

Il t'aura sans doute prescrit d'énormes tampons.
Parce que le drame peut arriver sur un pas, seulement.

MarcoVanPasteque

29/11/2019 à 16h58

Non il m'a prescrit du cumin, du thym, de la spiruline, des graines de sésame et de tournesol, du soja, du chocolat noir, des noix de cajou, des pignon de pin, de haricots rouges, des lentilles, des olives et de la viande rouge car il m'a trouvé de l'anémie. Il appelle ça un régime "plein fer".

Hydresec

23/12/2019 à 14h05

C'est prouvé: l'activité physique n'est bénéfique sur la santé qu'à condition d'être ludique, ou du moins source de plaisir. Si elle est subie, elle devient malsaine: https://tinyurl.com/voolgq8
Le travail n'est donc pas la santé.

El Mata Mord

23/12/2019 à 15h23

Ce qui confirme que le sport professionnel est mauvais pour la santé...

serge le disait

26/12/2019 à 14h11

Je ne suis pas certain que le format, particulièrement long, soit très adapté mais je tente le coup avec plusieurs tomes.
Désolé par avance pour ceux qui trouveront cela bavard ou inintéressant...ça essaye de raconter comment j'ai découvert le triathlon.


ça a commencé comme une discussion de comptoir. Une invitation à prendre l'apéro, quelques verres de rhum, 2-3 plaisanteries fines pour égayer le tout, et une invitation en forme de bravade : "tu t'inscris avec nous" ?
Naïvement, ragaillardi par l'alcool ou en manque de lucidité je réponds bravache "bah ouais, y a pas de problème".
Immédiatement mon regard se perd dans le fond de mon verre à la recherche d'une explication crédible à cette décision hâtive.
Constatant que ce dernier était quasiment vide, je me ressers tout en prenant conscience du côté irréversible et irrévocable de cette réponse.

L'inscription ? Un triathlon à La Baule. Spécialité "découverte", terme marketing pour signifier petit triathlon pour débutants.
Le programme : 500 m de nage, 20 kms de vélo et 5 kms de course à pied. Bien sur je me veux sportif, le programme ne semble donc pas insurmontable.

Quelques semaines plus tard, la fanfaronnade alcoolisée se transforme en mission collective. Nous serons finalement 5 à nous inscrire. Un obstacle de plus pour ne plus faire demi tour et ne pas subir de légitimes railleries.

Se limiter à participer et terminer semble raisonnable pour un débutant. Visiblement l'égo n'est pas satisfait par ce challenge minimaliste. Il demande à ne pas finir dernier du mini groupe de 5, soit disant pour limiter les moqueries en soirées.
C'est pénible l'égo d'un homme. Même sans expérience et condition physique, il faut que ça fanfaronne en annonçant que ça finira pas dernier du petit groupe.

Quoi qu'il en soit, va falloir s'entrainer.

1ère étape : les temps de parcours

Rapide check sur les temps de parcours pour se rendre compte qu'il faudra avancer un minimum pour ne pas être suivi de près par le camion balai.
Le camion balai ? Une sorte de monstre moderne qui harcèle les coureurs en perdition, prêts à les avaler pour les accueillir dans l'antre douillette que représente un J5 à 300.000 kilomètres au compteur. Ce monstre qui, telle les sirènes grecques, cherche à te charmer en te disant : "mais rejoins moi sur la banquette en skai éventrée, tu seras au chaud et tu n'auras plus besoin de sentir tes poumons bruler et tes cuisses exploser..."
Les temps moyens : 18 minutes en nage, 38 minutes en vélo et 22 en course à pied. Je laisse les matheux calculer les vitesses moyennes et les amateurs constater les efforts à faire.

2ème étape : le matériel

J'avais bien compris qu'il me faudrait un vélo autre que celui de ma grand mère qui prend la poussière et l'humidité au fond de la cave. Alors je me lance en quête du précieux bicycle, direction internet.
Tout d'abord on passe par la case conseil : quelle taille, quel prix ?
Pour la taille c'est plutôt simple. Vous calez un livre au niveau de votre entrejambe et mesurez la taille...entre la marque et le sol. Ok, pour moi c'est 56.
Pour les prix, c'est variable. Entre 150 et 8000 euros (oui 8000, plus cher qu'une Dacia). Bon faut pas déconner, avoir un vélo à 8000 et se trainer lamentablement, l'égo dit non. Rejoint sur ce point par le porte monnaie.
Alors on se fixe un budget et on cherche, on google ça, on compare. Résultat, un vélo neuf pour 650 euros. A peu près dans le budget. Ce qui malgré tout ne fait pas plaisir à M. Porte monnaie.
Une bonne chose de faite. Pour le reste lié au vélo (casque, chaussures, vêtements), la débrouille fera l'affaire.
Si le porte monnaie s'en félicite, Anna Wintour s'étouffe devant cet assemblage improbable de couleurs. Une sorte de tenue d'arlequin dupliquée sur un cycliste avec du jaune, du blanc, du rouge, du noir...tout y passe ou presque.

J'ai déjà les chaussures pour la course à pieds et le slip de bain qui va bien pour la natation. Je pense être paré.

Finalement non.
On me parle de combinaison de natation, de tri fonction et d'autres termes jusqu'ici inconnus.
Bah oui, pour nager on vous force à mettre une combinaison en néoprène si l'eau est trop froide (moins de 16°). En même temps pour quelqu'un qui trouve l'eau de la piscine fraiche, c'est peut être pas plus mal cette histoire de combinaison.
Nouveau tour sur la case Internet. Nouvelle claque tarifaire. Nouvelle crispation de M. Porte monnaie. Entre 150 et 650 euros la combinaison.
A ce prix là, le système D fera l'affaire.

Reste à trouver la tri fonction.

La Tri fonction

Cekoidonc une tri fonction ? Etymologiquement, je comprends bien le terme. Mais comment associe-t-on ce barbarisme à ce sport ?
Bref, là encore, vive google.
Pour faire simple, c'est une tenue, plutôt moulante, utilisée pour pratiquer les 3 disciplines. Ca ressemble pas mal aux tenues des athlètes de lutte gréco-romaine avec en plus une peau de chamois sous le fessier pour ménager les postérieurs sensibles lors du vélo. Egalement dégagée au niveau des bras, elle doit permettre de faire du vélo et de la course à pied sans se changer...
On la met sous la combinaison de natation afin de ne pas perdre de temps lors de la sortie de l'eau et on fait tout le reste du parcours avec.
Après quelques heures sur internet, la fameuse tri-fonction est commandée. Il est temps maintenant de l'essayer.

Première surprise : la taille de la boite, ridiculement petite. Nan mais oh, un gabarit comme le mien rentre là dedans ?
A ma grande déception, oui. Faut le dire c'est moulant. Très moulant. Je me sens même obligé de retenir mon souffle pour rentrer mon ventre, c'est dire.
Un petit tour devant la glace et le verdict tombe. Je ressemble à un lutteur malade. Une sorte de Ghani YALOUZ anorexique.

Le matos, les chiffons, les termes techniques, tout ça c'est bien mignon mais ça fait pas avancer le tri-athlète que je suis censé devenir (vous excuserez cet excès de prétention à ce stade de préparation).

Maintenant va falloir s'entrainer ! Surtout qu'une autre épreuve s'est ajoutée au calendrier : le triathlon des Mureaux courant mai. Même programme mais 750 m de nage au lieu de 500. Bof ça change pas grand chose.


serge le disait

26/12/2019 à 14h11

La 1ère sortie en vélo.

Déjà, diète sportive imposée par un mollet récalcitrant : 1 mois d'arrêt. Du coup, le temps de préparation se réduit. Alors pas de temps à perdre : mollet réparé, vélo livré ; c'est parti pour un tour.

J'ai longtemps pratiqué étant gamin, faut dire qu'en vivant dans la pampa beauceronne si on ne fait pas de vélo on limite ses rencontres sociales. Souhaitant étendre mes relations au delà du monde raffiné des chasseurs et autres piliers du bar du village, je ne rechignais pas à enquiller une vingtaine de bornes par jour.
Alors je ne suis pas trop inquiet, on y va pour un petit circuit.

Contrairement à mes souvenirs, j'ai (trop) rapidement les cuisses qui brulent et le souffle court. Et puis c'est quoi cette manie de jouer en permanence avec son dérailleur à la recherche du développement miracle qui limitera le mal de jambes tout en maintenant une vitesse acceptable ? Bref, c'est beaucoup plus dur que prévu et beaucoup moins agréable aussi. Si on ajoute à ça le froid de canard qui me glace les os, tous les ingrédients sont réunis pour ne pas s'éterniser sur ces routes hostiles. C'est décidé, je rentre chez moi.
Au final, une demi heure à 20km/h de moyenne. A peine 10 bornes. Déception. Y a pas à dire, y a encore du boulot pour tenir les 25-27 km/h de moyenne que je me suis fixé.

Petit à petit le rythme commence à rentrer. Les sorties s'allongent, la vitesse progresse. Et la barre tombe, enfin : les 20 bornes sont faites. On se traine encore mais au moins je sais que je peux tenir la distance.





La sortie à "Longchamp".

Dans mon imaginaire, Longchamp c'est le PMU, Pierrette Bres, des casaques aux couleurs improbables et des noms poétiques : Ideal du Gazeau, Ourasi, Jarret de bouere (celui là il faut le prononcer très vite) et autres.
Visiblement c'est également un spot très couru des cyclistes parisiens où chacun peut pédaler sans se soucier des voitures en tournant autour du fameux hippodrome.
Etant parfaitement raccord au niveau des casaques improbables, je me décide à rejoindre un de mes acolytes qui m'a embringué dans cette expédition.
Faut le dire, au début ça impressionne. Voir passer une trentaine de cyclistes en file indienne qui déboulent à des vitesses variées, mais élevées, ça fait du vent.
On me brieffe : tu tiens ta droite et tu regardes derrière quand tu déboites et tout ira bien.
On aurait du rajouter "et tu serres les fesses lorsque le peloton te double dans le passage étroit".
On démarre gentiment après avoir laissé passer un train de cyclistes. Il fait beau, froid, mais j'ai l'équipement textile qui va bien. L'équipement musculaire, lui, fait un peu défaut. Rapidement le rythme est dur à tenir pour suivre un peloton qui avance à une trentaine de kilomètres heure.
Tant pis j'abandonne mon pote et le laisse poursuivre. Je vais me chercher un petit groupe de mon niveau.
Après avoir été doublé par un VTT de montagne (les trucs qui pèsent 15 kilos et ont des roues larges comme les tracteurs), mon égo en prend un coup. Bientôt une sorte de velib viendra me faire la misère. Y a pas à dire, j'ai du boulot.
Si finalement je me trouve un groupe de 4-5 et arrive à me coller dans leurs roues (sucer la roue disent les spécialistes...), je connais cet instant magique où inconsciemment tout ton corps se contracte, se crispe, ton souffle devient saccadé et tes mains moites.
Bref, je me tape un coup de stress.

Longchamp c'est sympa mais il y a un passage où la route se rétrécit à 2-3 mètres maximum de largeur. Le pompon ? Ce passage étroit est borduré par de hauts rebords en béton. Ecarts interdits.
Jusqu'alors pas de soucis dans ce passage, mais là j'aperçois un groupe de fous furieux qui me rattrape à plus de 35 km/h et va inéluctablement me doubler dans cette portion étroite.
Je tiens ma droite, essaie de rouler droit et sens ces coureurs m'enrhumer en doublant sans ménagement.
Au final, j'en sors sans soucis. Le baptême a eu lieu.
Vous pensez que j'en rajoute ? Pas tant que ça...mon acolyte qui a réussi à suivre le rythme d'un autre peloton est témoin d'une belle gamelle dans ce passage qui emmène quelques coureurs au tas. Tout ça pour un écart d'un cycliste...

Au bout d'une heure, on se décide à mettre la flèche (oui oui c'est du vocable soutenu au niveau vélo). Les jambes sont vacillantes, les fesses meurtries mais la satisfaction prédomine. Une heure à 26 de moyenne. Je me rapproche de l'objectif.

D'autres sorties sur Longchamp s'enchaineront pour atteindre le Saint Graal visé : une heure et quart de pédalage à 28 de moyenne. Objectif intermédiaire : check.

Vous le savez, le triathlon c'est un enchainement de 3 épreuves. On l'a vu, pour le vélo c'est bonnard. Enfin c'est censé l'être.
Pour la course à pied, quelques sorties brèves plutôt rassurantes : le souffle développé en vélo aide bien en CAP (acronyme de Course à pied, dans le jargon quoi...). le tendon d'Achille tire mais pas d'inquiétudes, 5 bornes je dois pouvoir les faire sans soucis.

Reste la natation.

serge le disait

26/12/2019 à 14h13

La Natation

Déjà faut savoir que je ne sais nager que la brasse. Nage la moins rapide qui existe. Ca part mal.
J'ai bien essayé une méthode autodidacte pour apprendre le crawl, mais faut se rendre à l'évidence : sans la technique c'est vite un enfer. Cette nage approximative, mélange de crawl et de n'importe quoi, m'épuise. Incapable de faire plus de 4 longueurs sans m'arrêter ou risquer la syncope, je me résous à arrêter le massacre.
Il faut que je prenne des cours.
Le problème c'est que l'échéance est proche, deux mois. Deuxième problème : on ne peut prendre des cours que le matin en semaine.
Pratique quand on travaille.
Réjouissant de se dire "je me lève à 6h00 du mat, je vais à la piscine de 7 à 8 et après je vais bosser". En hiver, sous la neige et 2°c, et en deux roues...

Incapable de résoudre ce problème insoluble, la décision, tranchée, tombe : je laisse tomber le crawl, on fera ça en brasse. A l'ancienne.
Un dernier petit tour à la piscine pour s'enfiler les 30 longueurs qui vont bien (donc 750 m) et s'assurer que ça le fera le jour J.
Pas de soucis ça le fait. Avec des pauses certes, mais bon, le jour de l'épreuve j'irais tranquillement et ça devrait y aller.

Fin de la préparation

Le grand jour approche. Certificat médical en poche, combinaison de natation récupérée, je pense être prêt.
A mon actif plus de 250 bornes en vélo (c'est pas énorme malgré tout), une trentaine de longueurs de piscine et suffisamment de CAP pour être rassuré.
On m'a bien indiqué qu'il serait bon de tester l'enchainement vélo-cap qui serait délicat, le corps ayant du mal à passer d'un effort à l'autre.
Quitte à faire une demi-préparation, je colle à la ligne de conduite suivie depuis le départ : je fais un demi- enchainement.
20 minutes de vélo, suivies immédiatement de 10 minutes de CAP.
Et là, faut reconnaitre que c'est compliqué. Les jambes ne répondent pas et ont même une agaçante tendance à s'affaisser, à flageoler à chaque foulée.
En effet, l'enchainement n'est pas évident et s'il est possible qu'après quelques minutes, la sensation disparaisse, pour l'instant elle est bien présente et rend l'effort pénible. Un peu comme si vous couriez en état d'ivresse.
Après 4 minutes de CAP, c'est décidé : je rentre chez moi.

Le grand jour

C'est comme le hockey sur glace ce sport, faut voir le matériel à emmener. Une liste longue comme le bras comportant certains accessoires a priori incongrus : des épingles à nourrice et de la vaseline.
Hein, quoi, de la vaseline et des épingles ? Un truc a du m'échapper quelque part.
Les épingles c'est pas compliqué, c'est pour accrocher le dossard.
La vaseline, elle, sert à s'enduire chevilles, bras et nuque pour limiter les irritations de la combinaison de natation et faciliter son retrait.
Liste checkée, sac prêt, vélo gonflé. Allez hop au lit. Réglage du réveil sur 6h00 du mat.
Moche pour un samedi.
On sera trois à participer, mon acolyte ayant ramené son cousin. Rendez vous groupé à 7h du mat pour arriver sur site vers 8h45.
Température extérieure 7°c. Réjouissant.
Les yeux encore bouffis arrivent à distinguer un peu de ciel bleu. Par bonheur, il pourrait faire beau.
Le cadre est champêtre. La température est remontée. Les yeux commencent à s'ouvrir. Tous les signaux sont au vert.
Tout autour de nous, des hommes, des femmes, avec des tenues officielles. Aie on est cernés par des triathlètes officiels, des gens licenciés qui font ça toute l'année.
J'ai beau cherché alentour, j'aperçois peu de branleurs comme nous. Tant pis, de toute façon l'égo a compris qu'il ne serait pas flatté aujourd'hui. Au mieux, il devra se contenter d'une place de "finisher".
Après avoir récupéré le fameux dossard, il est temps de se mettre en tenue. C'est parti pour un strip tease pleine nature et me voila moulé dans ma tri-fonction.
Direction le parc à vélo pour entreposer tout le matos nécessaire.
500 mètres à faire, on enfourche les vélos pour rejoindre l'aire de départ qui fera de nous des triathlètes, des vrais.
Et là. Le drame.

A peine posé sur la selle, une drôle de sensation. Je me sens ralenti par la mécanique.
Un petit coup d'œil au sol et le verdict tombe, impitoyable : le vélo est à plat.
Bien sur aucune pièce de rechange n'a été prévue et il est de toute façon trop tard pour réparer, le départ approchant.
La valve du pneu semble peu serrée, il a du se dégonfler pendant la nuit. On regonfle tout ça, on vérifie, ça tient. Ouf. La course reste possible.
Evidemment, dans la panique, la combinaison de natation que je portais à la main a été oublié sur le chemin.
Combinaison généreusement prêtée je dois le rappeler. Un petit footing discret pour ne pas alarmer l'aimable donateur, je retrouve le précieux bien tel qu'il avait été négligemment posé. M. Porte monnaie est content, il n'aura pas besoin de claquer 300 balles pour racheter une combi en néoprène.
Voilà tout est réuni. On se fait tatouer le numéro de dossard sur nos larges épaules (dans le sens de la longueur pour les mauvaises langues qui s'inquiéteraient du manque de place sur mes bras pour écrire plus d'un chiffre). Dans le parc à vélo, on organise notre petit "stand" où sera posé tout l'attirail.
Le casque posé sur le vélo, les running prêtes à être chaussées. Tout est prêt pour ne pas perdre trop de temps sur ces fameuses transitions.
A quelques minutes du départ, il faut se résoudre à enfiler la combi de natation. Eau à 15°. Définitivement indispensable.
Bien aidé pour cela, je me retrouve paré, ficelé comme un roti de porc dans cet accessoire en néoprène qui me fait transpirer.

Le départ

Direction le plan d'eau. Une petite baignade pour s'acclimater. Et là comme un choc : l'eau me glace les pieds et la nuque. Mon souffle s'accélère, mon cœur s'emballe pour résister au froid. Ca va être plus compliqué que prévu.
Un bref regard sur le plan d'eau et au loin une bouée. Jaune, seule, lointaine.
Cette bouée marque l'endroit où il faudra faire demi tour. Tout d'un coup, je visualise mieux ce que représente 750 mètres de nage et l'effort qui attend le piètre nageur que je suis.
Il y a comme une appréhension qui s'installe. Quelques plaisanteries pour masquer la tension et 170 personnes s'approchent de l'eau.
Par sagesse, on reste en retrait et on décide de laisser partir les nageurs, les vrais, ceux qui font du crawl.

Le coup de pistolet retentit. La meute s'élance. Quelques branleurs patientent. Ca y est c'est parti pour, je l'espère, 1h40 d'efforts.
L'appréhension et le froid du début ont disparu. La foule est nombreuse dans l'eau mais globalement pas de coups reçus. Je me cale à côte d'un brasseur et d'une crawleuse un peu lente. C'est décidé, ils seront mes lièvres.
Je tente quelques mouvements de crawl, pas la peine. Alors c'est parti pour 750 mètres de brasse, non stop, sans rebord pour reprendre son souffle ou reposer des muscles fatigués.
Une bizarrerie survient : mon acolyte qui ma embringué dans cette histoire s'arrête de nager et regarde derrière. Tiens il m'attend. Idée saugrenue mais bon pourquoi pas.
Après l'avoir hélé, je comprends : cet être sans morale qui a profité de ma faiblesse liée à l'ivresse naissante pour m'embringuer dans ce truc se décide à abandonner après à peine 150 mètres. Bravo et merci.
Je sens bien que je nage n'importe comment, trop de mouvements, trop rapides.
Je m'épuise.
Pas aidé en cela par cette satanée combinaison. Cet ustensile indispensable a une vertu, il aide à flotter. Très pratique pour le crawl.
Mais pas adaptée du tout pour la brasse : à chaque "coulée", je remonte immédiatement. Rendant encore plus inefficaces mes mouvements.
Toujours calé entre ma crawleuse et mon brasseur, j'avance, lentement. Mais inexorablement. Une bonne tasse plus tard, le point jaune se rapproche. Bientôt le moment de faire demi tour. Là maintenant, plus moyen de lâcher. Je ferai tout au mental.
Mes lièvres finissent par me lâcher. Je suis seul au milieu de l'eau. Un petit coup d'œil en retrait et une petite satisfaction vient flatter l'égo : je ne suis pas dernier ! Une bonne dizaine de nageurs se trainent derrière moi.
Ca devient dur, les bras tétanisent, les mouvements se raccourcissent. Le rythme ralentit. Besoin de faire une pause. Pas de bol, pas un rebord pour s'accrocher. Il faudra finir à l'arrache. Quelques passages en planche pour reposer, un peu, les bras. Quelques derniers mouvements et l'arrivée s'approche. Avec un objectif : dès que j'ai pied j'arrête de nager.
Première tentative : ratée et mini tasse absorbée. Quelques mètres plus loin, je récidive. Encore raté. Pas de tasse, mais deux énormes crampes au mollet qui me prennent. Pratique quand on est dans l'eau, qu'on n'a pas pied et qu'on ne peut s'accrocher nulle part.
Retour en mode planche, quelques mouvements et la voilà la terre ferme. J'ai pied. J'arrête le calvaire.
Bien secoué par cet effort je rejoins le parc à vélo, les mollets encore durs mais les crampes semblent passées.
Le retrait de la combinaison se passe bien (faut bien avoir en tête que c'est comme une deuxième peau et que c'est donc plus compliqué à enlever qu'un survet'), je prends mon temps, je m'hydrate et m'étire même un peu les mollets. Je suis plutôt satisfait : j'ai passé le plus dur.

Le vélo

Pas complètement lucide, j'oublie de mettre mon casque. Vite rectifié par un "commissaire", je corrige ce manque. Je marche tranquillement jusqu'au départ en vélo. Ligne de départ franchie, j'enfourche. Je cherche mes cales pieds, clipse mes chaussures et attaque mes premiers coups de pédales.
Une sensation connue et étrange revient. Petit coup d'œil au sol. Bingo, le pneu est à plat.
Un monde s'effondre. Décontenancé, je reste sans voix. J'erre quelques instants limite hagard, avant de me rendre à l'évidence et après avoir braillé un juron du meilleur gout, je dois abandonner.
Pas de matos pour réparer, pas très habitué à ça qui plus est et déjà bien à la bourre.
Le choix est évident, je rends ma puce électronique et regagne penaud le parc à vélo retrouver mon acolyte qui doit patienter tranquillement.
Rideau, la compète est finie, il est temps de remettre une tenue plus décente.
On discute tranquillement en attendant les cyclistes qui en terminent avant cette illumination. Cet éclair de génie venu de nulle part et qui surgit trop tardivement : j'aurais pu taxer le vélo de mon acolyte qui a la même taille que moi et poursuivre la course.
Mais voilà, sans lucidité à la sortie de l'eau cela ne m'a même pas effleuré l'esprit.
Je termine donc piteusement ce premier triathlon par un DNF (did not finish) du meilleur effet. Pendant que certains terminent leur CAP à plus de 17km/h de moyenne, j'en suis toujours à maudire la fatalité et mon absence de prévoyance.
Maintenant va falloir expliquer aux gens informés ma brillante performance. Je ne sais pas pourquoi, mais je m'attends à quelques railleries.

Au moins c'est sur, la prochaine fois j'aurais tout ce qu'il faut pour réparer.
Sinon, le cousin a terminé en un très honorable 1h27, le classant en milieu de peloton. Joli au vu du plateau d'habitués.

Prochaine étape : La Baule. Septembre.

El Mata Mord

26/12/2019 à 15h18

Comme le disait Serge July, j'chuis d'accord avec Serge...

fireflyonthewater

26/12/2019 à 15h31

C’est Philippe Alexandre qui était d’accord avec Serge. (Me servirai bien une poire tiens)

 

dugamaniac

26/12/2019 à 16h05

C'est l'histoire d'un mec qui va faire un triathlon sans savoir nager et avec un vélo crevé.

Ça m'a beaucoup amusé, merci serge.