Infos des cahiers


Boutique

boutique

Classement en relief

classement en relief

Les brèves

Je crois que bon bon

"Laurent Blanc à Lyon, ça ne colle pas pour deux raisons" (foot01.com)

Aucun

"Euro U17 : qui sont les joueurs majeurs de l'équipe de France ?"

Autobiographie

"Ribéry : Des débuts fracassants." (lequipe.fr)

Ô Pep !

"Un pays africain rêve de Bruno Genesio !" (dailymercato.com)

Ruuuuuuuuuuuuuuuuuuud van Nistelrooy

"PSV Eindhoven : Ruud van Nistelrooy prolonge sur le banc des U19." (lequipe.fr)

Surprises sur prise

"Fin de saison électrique au PSG." (lemonde.fr)

Pablo prix cassé ?

"Bordeaux : l’avenir de Pablo en suspens." (footmercato.net)

Syntaxe à Rohr

"Dimitri Payet : 'Bien sûr qu'on a encore plus qu'avant pas le droit à l'erreur'." (lequipe.fr)

Kermit l'aigre nouille

"L'ancien Rennais Kermit Erasmus frappe violemment un adversaire en plein match." (lequipe.fr)

Benny Hill, le gif

"Rudi Garcia : 'On court encore plus derrière les autres'." (lequipe.fr)

Le forum

Paris est magique

aujourd'hui à 01h27 - Gouffran direct : Je viens juste de voir le coup-franc de Neymar.Oh pu... >>


Les CdF : cahiers de doléances

aujourd'hui à 00h57 - PCarnehan : Cush29/05/2019 à 11h21@la rédactionEst-ce que ce serait possible (et techniquement pas trop... >>


Le fil éclectique

aujourd'hui à 00h40 - Milan de solitude : La ligne 1 roule comme d'habitude et est un plus chargée que d'habitude. >>


Messages de service

aujourd'hui à 00h23 - Marius T : .....plus de temps sans compromettre leurs budgets coiffeur, drogue, bières et putes. Leur vie de... >>


Café : "Au petit Marseillais"

aujourd'hui à 00h16 - Marius T : Flo Riant Sans Son08/12/2019 à 22h02Qui sont Pipo et Bimbo?Sarr et Sakai dans l’ordre que tu... >>


Scapulaire conditionné

08/12/2019 à 23h56 - Yul rit cramé : On sera bien avec notre soit disant super début de saison pour passer les fêtes à la 9eme... >>


CDF sound system

08/12/2019 à 23h54 - Rolfes Reus : Milan de solitude07/12/2019 à 00h57[Le temps : phase de vote]Vous êtes quinze et demi à être... >>


Liga, prisma de luz

08/12/2019 à 22h48 - sehwag : Ah oui, c'est vrai ! >>


Premier League et foot anglais

08/12/2019 à 22h45 - Anglachel : (Pardon je n’avais pas vu la réponse)Oui oui évidemment, je parlais uniquement de Premier... >>


En Vert et contre tout

08/12/2019 à 22h04 - Zouma Zouma Zouma Yeah : Ah nan mais aujourd'hui c'est pas que sur la défense qu'il faut tirer, c'est sur tout le monde.... >>


Et PAF, dans la lucarne !

08/12/2019 à 20h07 - El Mata Mord : J'ai montré le 1er à mes 2 garçons cet après midi et c'était fluide pour tout l'épisode. >>


Gerland à la détente

08/12/2019 à 19h56 - balashov22 : Mik Mortsllakaujourd'hui à 19h05S'il pouvait n'y briller que modérément ce serait sans doute une... >>


Le fil prono

08/12/2019 à 19h32 - jeannolfanclub : Avec toutes mes confuses.NFL Week 14Colts@Buccaneers 23-17Ravens@Bills 27-13Lions@Vikings... >>


Au tour du ballon ovale

08/12/2019 à 18h57 - lunatic XV : Mais on garde l’invincibilité à domicile, et même le 3/3 en coupe d’Europe et ça c’est... >>


Le fil dont vous êtes le héros

08/12/2019 à 18h28 - Kireg : Quelle superbe partie entre Ding et MVL !Et que dire du final : https://tinyurl.com/wkdktr9 >>


Feuilles de match et feuilles de maîtres

08/12/2019 à 18h18 - O Gordinho : N'hésite pas si tu veux des conseils sur le Moyen-Orient en général.On a toute une nouvelle... >>


Go Mouest !

08/12/2019 à 17h29 - L'amour Durix : Prétentieux ! Et le Jeannedarcico à Rouen a du être brûlant. Orléans aurait joué plus... >>


Etoiles et toiles

08/12/2019 à 16h41 - André Pierre Ci-Gît Gnac : Le génie se meurt ? Ah mais l'mage rit07/12/2019 à 21h13La phrase de fin, par exemple, peut... >>


Feuilles de match et feuilles de maîtres

Qui a dit que football et littérature étaient incompatibles ? Voici le forum où vous pourrez parler de vos lectures récentes et anciennes, liées ou non avec le ballon rond.

Un conseil de lecture ? Une bonne librairie ? =>> "You'll never read alone", le Gogol Doc: http://bit.ly/11R7xEJ.

Classico

13/04/2019 à 16h30

L'homme bus
aujourd'hui à 10h51

1/ L'être n'est pas la totalité des étants, mais la totalité des étants sont de l'être en train d'être, mais de l'être substantivé? Une chaise, un poème, une pensée,c'est quelque chose de l'être, mais de l'être déjà figé, partiel, qui n'est donc pas l'être ; mais c'est tout de même quelque chose de l'être, puisque c'est une manière d'avoir contact avec l'être (mais pas l'être lui-même)?
-------------
C'est tout à fait ça ; il y a une distinction au coeur de la pensée h. (la "distinction ontologique"), entre étant et être, mais il n'y a pas de dualisme, de séparation entre deux ordres de réalités, comme chez d'autres penseurs ; l'être est à même l'étant. La dialectique la plus nette, c'est que l'être en tant qu'être (la pure action d'être) disparaît dans un étant (qui fige l'être dans un quelque chose de fini et de fixe), mais c'est seulement en disparaissant dans un étant que l'être apparaît, sinon la pure action d'être jouerait tout simplement dans le néant, comme néant. Et cette pure action d'être qui apparaît en disparaissant dans un étant n'apparaît que pour le Dasein, qui est le seul étant en relation consciente à l'être.

La pure action d'être qui apparaît en disparaissant dans l'étant, c'est aussi bien l'intuition fondamentale du monothéisme, évidemment (un tautologique "je suis celui qui suis" tournant à vide qui crée le monde, et qui n'apparaît à un seul étant de ce monde qui est "à son image"). Sauf que dans la représentation religieuse, l'intuition originaire va se simplifier et s'assécher en spectacle surnaturel et anthropomorphique (l'être devient Dieu, il a une volition et des affects, et ainsi de suite), puis en culte.


2/ Dans l'exemple que tu donnes de ton ami, en quoi a-t-il vu l'être? C'est le recul qu'il a pu prendre face à sa propre vie, c'est-à-dire ce dégagement partiel et momentané des étants, ce petit décalage, qui l'a fait échapper à la quotidienneté pour se ressaisir lui-même comme projet (je balance du terme Heideggerien sans savoir si j'en fais un usage correct)? Mais de fait, il va retomber dans les étants ; donc se confronter à l'être n'est que momentané?

De fait, nous ne pouvons jamais parler de l'être, puisque parler suppose une substantivation, et de fait essayer de parler de l'être, c'est en faire un étant parmi les autres. Si je dis l'être est..., outre l'étrangeté de la formule, j'ai fait de l'être une chose, et donc un étant parmi les étants. Donc comment parler de l'être? On est condamné à n'en rien dire non?
------
Je n'ai rien de mieux à dire, c'est parfaitement exprimé. J'ajouterais juste que tes deux dernières questions répondent à plusieurs questions de Balthazar sur le langage de H, auxquelles je n'ai pas répondu. La philosophie s'essaie toujours à penser le plus extrême, qui comme tel outrepasse les possibilités normales du langage, et c'est pourquoi elle a tendance à jargonner, à maltraiter la langue.


3/ Avec une analogie très imparfaite, tape moi sur les doigts s'il le faut : il y a quelque chose de similaire à la manière dont Kant pense la chose en soi non? On n'a jamais accès à la chose en soi, mais à un ensemble de phénomènes partiels, dont la totalité ne serait pas a chose en soi, chez Kant parce que nous n'avons accès à la chose que par nos propres catégories.
De même chez Heidegger, nous n'avons pas accès à l'être lui-même mais à des étants, dont la totalité n'est pas l'être ; nous avons un rapport à l'être, mais "caché" par les étants, comme si les étants était un ensemble de pétales nous cachant l'être?
---------
Très, très rapidement sur ce sujet : H. a beaucoup écrit sur Kant. Il faudrait relire ces textes (pour le coup difficiles, ceux là) pour te fournir une réponse précise. En très gros cependant, les grandes lignes.

Pour H, ce qu'il se passe avec la modernité initiée par Descartes puis systématisée et fixée par Kant, c'est que l'être y est littéralement supprimé et remplacé par le sujet. La modernité, c'est la suppression de l'être par la dilatation indéfinie de l'étant au-delà de toutes les limites, par la technique, la marchandisation, etc.

Lire ou relire les deux premières méditations (Méditations métaphysiques de Descartes), texte littérairement sublime (style baroque) et complètement accessible : lorsque la totalité du monde est supprimée par une expérience de pensée (hypothèse du malin génie) et qu'il ne reste aucun étant sur quoi s'appuyer, ne reste que ma pure existence en tant que sujet pensant et désirant. Lorsque le monde et ses étants sont ensuite rétablis, après cette expérience, ils s'en trouvent métamorphosés : l'étant n'est plus l'étant en tant qu'il donne accès à l'être, mais une pure quantité mesurable disponible pour une opération technique (chez Descartes), ou un phénomène que seule une science exacte pourra prendre légitimement en considération (chez Kant). L'être est perdu ; il en reste un vestige, comme un écho : la magnifique idée de la création continuée chez D. (si Dieu cessait de penser au monde une seule seconde, la totalité de celui-ci s'écroulerait dans le néant), la chose en soi chez Kant.

Je peux pas faire plus, mais tu as donc à la fois raison de faire cette analogie avec Kant, et tord, dans le sens où tout est absolument "corrompu" chez Kant, du point de vue h. évidemment.

Voilà un ensemble de questions un peu désordonnées, pas forcément très précises. Je ne sais pas si tu auras le temps et l'envie d'y répondre, mais merci pour ton travail précédent que j'ai lu avec intérêt.
---------
Merci, mais je vis quand même pas mal sur mes acquis, mes réponses auraient été plus précises et affûtées il y a quelques années !

Classico

13/04/2019 à 16h33

@ Balthazar : si tout le monde était bête comme tu prétends l'être, le monde serait un endroit remarquablement civilisé. Très chouette ton challenge, je ré-ouvrirai moi aussi l'introduction à la métaphysique quand j'aurai le temps, et on y reviendra avec plaisir un de ces 4 si tu veux. Et c'est quoi cette chanson de Ferré avec les mots de Beethoven ? Connais pas, et j'aime beaucoup Ferré.

@Utaka : très jolie ta question. A méditer :p.

Balthazar

13/04/2019 à 18h01

Classico
aujourd'hui à 16h33
---
Ah, mais je ne me compare pas à tout le monde! C'est l'orgueil qui me rend parfois modeste.

Pour Ferré, j'aurais voulu t'envoyer un lien, mais je n'arrive pas à me connecter à certains sites. Entre "Muss es sein" + Ferré dans un moteur de recherches, et tu devrais arriver à bon port. (Après tu pourras réécouter "L'étant chimérique".)

Et merci pour tes dernières explications, toujours aussi intéressantes.

Classico

13/04/2019 à 18h45

Je passe chez ouam, je relis mon dernier post et j'ai envie d'en remettre une dernière louchette, parce que j'ai une idée qui peut peut-être faire déclic.

J'ai écrit quelque chose qui méritait un léger prolongement :

"La dialectique la plus nette, c'est que l'être en tant qu'être (la pure action d'être) disparaît dans un étant (qui fige l'être dans un quelque chose de fini et de fixe), mais c'est seulement en disparaissant dans un étant que l'être apparaît, sinon la pure action d'être jouerait tout simplement dans le néant, comme néant. Et cette pure action d'être qui apparaît en disparaissant dans un étant n'apparaît que pour le Dasein, qui est le seul étant en relation consciente à l'être."

L'être apparaît en disparaissant dans un étant : cette proposition en apparence paradoxale recouvre une expérience que nous faisons en fait très régulièrement. La pure action d'être a disparu dans un étant en s'y "chosifiant", et ce faisant seulement elle peut nous apparaître. En effet, face à n'importe quel étant, nous pouvons le nier, nous demander s'il pourrait ne pas être, ou s'il pourrait être autrement qu'il n'est, ou au contraire nous réjouir qu'il est tel qu'il est et craindre qu'il ne change ou qu'il disparaisse. Cette table basse mochissime que j'ai envie de changer depuis des mois ; cette pensée vulgaire que j'ai eue, et que j'aurais préféré ne pas avoir ; moi-même, qui voudrais parfois être autre - meilleur que je ne suis ; cette passion amoureuse que je sais éphémère mais que je ferais tout pour faire durer : absolument chaque étant nous invite à une expérience de l'être, que nous pouvons faire ou ne pas faire. Un étant qui nous satisfait d'ordinaire peut aussi soudain nous paraître laid, inutile, insupportable, monstrueux, et vice versa.

Dans Baisers Volés, il y a une scène où Antoine Doinel se trouve devant son miroir, dans sa salle de bain, et il se met à répéter des dizaines de fois très vite : "Antoine Doinel". Il arrive alors un moment très étrange où ce qui allait de soi (la salle de bain, le miroir et Antoine Doinel) se met tout à coup à être là, étant, mais comme vidé de signification, juste là, inutile, dépourvu de sens, pesant tout le poids de son être.

Nous pouvons cependant ne pas faire cette expérience directe de l'être lorsque nous nous contentons totalement des étants qui nous entourent, lorsque nous ne les remettons pas en question, lorsque nous n'avons même pas l'idée de le faire. Je rentre chez moi, je retrouve mes objets familiers, ma compagne et ses gestes connus, nos rituels, les distances devenues intuitives entre les meubles, la façon inouïe mais régulière qu'a le chat d'être une chose : je me coule entre tous ces étants sans penser le moins du monde à les mettre à distance, à réactiver la distinction ontologique pour les interroger, conspirer à leur changement.

C'est la quotidienneté. Et la quotidienneté passionne H. pour la raison suivante : dans la quotidienneté je me coule entre les étants qui constituent mon univers quotidien sans les interroger, en étant avec eux non pas comme un Dasein (l'étant capable d'interroger l'être de l'étant), mais comme un autre étant banal au milieu d'eux. Sauf que cette immédiateté (moi étant au milieu d'étants sans mise à distance ontologique) est une immédiateté qui n'est plus "naturelle", comme celle que vivent les bêtes, mais qui est de part en part reconstruite par le Dasein. C'est comme si "l'exposition à l'être", comme à de la radioactivité, avait bouleversé complètement notre chair et notre capacité à vivre dans l'immédiateté, dans la non-expérience de l'être. Nous avons reconstruit de part un part un univers extrêmement riche mais parfaitement artificiel dans lequel nous pouvons retrouver une expérience de l'immédiateté, du non-rapport à l'être, mais de seconde main par rapport à l'immédiateté absolue de l'expérience animale. La quotidienneté est cet univers, et si de l'intérieur il signifie un non-rapport à l'être, observé avec le recul de la philosophie il apparaît comme complètement marqué par l'expérience de l'être : la façon dont l'étant en rapport essentiel à l'être s'organise un univers de non-rapport à l'être.

Je sais pas si c'est plus clair. Je voulais juste ajouter 12 lignes à la base. J'arrête !

Monsieur Jo

13/04/2019 à 21h06

Il faut répondre par oui ou par non là ? Je ne suis pas du tout sur du succès de ton RIC.

(C'est passionnant, merci Classico).

Milan de solitude

13/04/2019 à 23h15

Classico,

Si l'on a le manque d'originalité de penser à Dieu, peut-on adapter la pensée de Heidegger au panthéisme ? Dieu serait l'être, qui habite tout ce qui est.
Mais cela colle peut-être mal avec la relation que tu décrivais entre l'être et l'étant : tu disais que l'être disparaissait dans l'étant.

Autre chose : l'être pourrait-il être un DVD, qui, en lecture inexorable, déploierait tous ses étants ?
Hum... Comme pour le panthéisme, j'ai l'impression d'être à côté ; mais quelles sont mes erreurs ?

(On va me prescrire le même livre déjà conseillé, à moi aussi.)

Passoãr

14/04/2019 à 01h19

¹

Passoãr

14/04/2019 à 01h20

Merci Classico et Balthazar. C'est fascinant.

SocRaïtes

14/04/2019 à 20h22

J'ose à peine m'immiscer au milieu d'eux débats qui me dépassent.
Question philo, je me contente de romanciers qui décèlent quelques points de la nature humaine.
Dans le genre, ait découvert H Hesse tout récemment. Le loup des steppes.
Coup de poing assez violent, j'en reste pré-suicidaire.
Si germanophones, j'ai trouvé le style pesant (sauf la fin): problème de traduction ?
Et si certains connaissent, un ou deux autres titres à suggérer ?

Pascal Amateur

14/04/2019 à 20h30

De Hesse, je n'ai lu que Le jeu des perles de verre qui, privilège rare, a fini à la poubelle. Sur la psychologie au scalpel, je conseille toujours l'immense Bernanos.

 

SocRaïtes

14/04/2019 à 21h55

Bernanos ...

Tenté trop jeune, mais il serait temps que je m'y mette.
Un facile ? Enfin, pas trop ardu ?

Rassure moi, il n'y avait ni calembour ni contrepèterie ?