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Feuilles de match et feuilles de maîtres

Qui a dit que football et littérature étaient incompatibles ? Voici le forum où vous pourrez parler de vos lectures récentes et anciennes, liées ou non avec le ballon rond.

Un conseil de lecture ? Une bonne librairie ? =>> "You'll never read alone", le Gogol Doc: http://bit.ly/11R7xEJ.

Pascal Amateur

22/09/2020 à 20h03

https://www.youtube.com/watch?v=tMDIOut__Gk

Milan de solitude

22/09/2020 à 21h30

[LA RENTRER SERA DURE, les résultats]

Merci à tous les participants, je pense parler au nom de tous en disant que (vous avez vu, je pourrais prononcer des discours) c'était un plaisir de découvrir les poèmes et les sensibilités qui ont montré une France diverse et unie lorsqu'elle se sent convoquée par les épreuves de l'Histoire (je pourrais vraiment).
Sous le titre des poèmes, je fais figurer, d'abord, la moyenne des notes reçues, puis la variance. La variance mesure la disparité des notes reçues.



[PREMIER TOUR]


1--- Delio Onnisoitquimalypense
André Breton, "Épingles tremblantes"
1,53 ; 0,41

L'inscription bi-ailée

Le long des rues bruissantes, les belles enseignes polychromes déteintes épuisent toutes les variétés de caractères romantiques. L’une d’elles un moment me tient sous le charme pervers des tableaux de l’époque négativiste de René Magritte. Mais ce que je contemple de loin est d’un Magritte extrêmement nuancé – avec la réalité en voie de rupture ou de conciliation ? Qu’on se représente, de la taille d’un aigle, un papillon bleu ciel sur lequel se lit en lettres blanches le mot PIGEON. Au demeurant, un naturaliste de ce nom, simplement…



2--- Raspou
Victor Segalen, "Stèles"
6,53 ; 0,98

ÉDIT FUNÉRAIRE

Moi l'Empereur ordonne ma sépulture : cette montagne hospitalière, le champ qu'elle entoure est heureux. Le vent et l'eau dans les veines de la terre et les plaines du vent sont propices ici. Ce tombeau agréable sera le mien.

Barrez donc la vallée entière d'une arche quintuple : tout ce qui passe est ennobli.
Étendez la longue allée honorifique : — des bêtes ; des monstres ; des hommes.
Levez là-bas le haut fort crénelé. Percez le trou solide au plein du mont.

Ma demeure est forte. J'y pénètre. M'y voici. Et refermez la porte, et maçonnez l'espace devant elle. Murez le chemin aux vivants.

Je suis sans désir de retour, sans regrets, sans hâte et sans haleine. Je n'étouffe pas. Je ne gémis point. Je règne avec douceur et mon palais noir est plaisant.
Certes la mort est plaisante et noble et douce.
La mort est fort habitable. J'habite dans la mort et m'y complais.

Cependant, laissez vivre, là, ce petit village paysan. Je veux humer la fumée qu'ils allument dans le soir.
Et j'écouterai des paroles.



3--- Julow
Ernst Jandl, "le travail du chapeau"
3,47 ; 5,12

visite

doktor ich nicht können aufhören scheissen
du mir geben mittel für aufhören scheissen

doktor ich nicht können aufhören sagen au au
du mir geben mittel für aufhören sagen au au

doktor ich nicht können aufhören in kopf reden wenn wollen schlafen
du mir geben mittel für aufhören in kopf reden und anfangen schlafen

doktor ich nicht können aufhören krepieren
du mir geben mittel für krepieren

/
consultation

docteur moi pas pouvoir arrêter chier
toi donner moi remède pour arrêter chier

docteur moi pas pouvoir arrêter dire aïe aïe
toi donner moi remède pour arrêter dire aïe aïe

docteur moi pas pouvoir arrêter parler dans tête quand dormir vouloir
toi donner moi remède pour arrêter parler dans tête quand dormir vouloir

docteur moi pas pouvoir arrêter crever
toi donner moi remède pour crever



4--- cachaco
Carlos Drummond de Andrade, "O Sentimento do Mundo"
5,93 ; 3,78

SENTIMENTO DO MUNDO
Tenho apenas duas mãos
e o sentimento do mundo,
mas estou cheio de escravos,
minhas lembranças escorrem
e o corpo transige
na confluência do amor.
Quando me levantar, o céu
estará morto e saqueado,
eu mesmo estarei morto,
morto meu desejo, morto
o pântano sem acordes.
Os camaradas não disseram
que havia uma guerra
e era necessário
trazer fogo e alimento.
Sinto-me disperso,
anterior a fronteiras,
humildemente vos peço
que me perdoeis.
Quando os corpos passarem,
eu ficarei sozinho
desfiando a recordação
do sineiro, da viúva e do microscopista
que habitavam a barraca
e não foram encontrados
ao amanhecer

esse amanhecer
mais noite que a noite.


SENTIMENT DU MONDE
Je n'ai que deux mains
et le sentiment du monde
mais je suis plein d'esclaves,
mes souvenirs s'échappent
et le corps transige
à la confluence de l'amour.

Quand je me lèverai, le ciel
sera mort et saccagé,
moi-même je serai mort,
mort mon désir, mort
le marais sans accords.

Mes camarades ne m'avaient pas averti
qu'il y avait une guerre
et qu'il était nécessaire
d'apporter du feu et de la nourriture,
je me sens dispersé,
antérieur aux frontières,
humblement je vous prie
de me pardonner.

Quand les corps auront disparu
je resterai tout seul
racontant le souvenir
du sonneur, de la veuve et de l'homme au microscope
qui habitaient la baraque
et ne furent pas retrouvés
au point de l'aube

cette aube
plus nuit que la nuit.



5--- Balthazar
Tristan Corbière, "Les Amours jaunes"
5,33 ; 4,29

À LA MÉMOIRE DE ZULMA
Vierge-folle hors barrière
et
D’UN LOUIS

Bougival, 8 mai.

Elle était riche de vingt ans,
Moi j’étais jeune de vingt francs,
Et nous fîmes bourse commune,
Placée, à fonds perdu, dans une
Infidèle nuit de printemps…

La lune a fait un trou dedans,
Rond comme un écu de cinq francs,
Par où passa notre fortune :
Vingt ans ! vingt francs !… et puis la lune !

— En monnaie — hélas — les vingt francs !
En monnaie aussi les vingt ans !
Toujours de trous en trous de lune,
Et de bourse en bourse commune…
— C’est à peu près même fortune !

— Je la trouvai — bien des printemps,
Bien des vingt ans, bien des vingt francs,
Bien des trous et bien de la lune
Après — Toujours vierge et vingt ans,
Et… colonelle à la Commune !

— Puis après : la chasse aux passants,
Aux vingt sols, et plus aux vingt francs…
Puis après : la fosse commune,
Nuit gratuite sans trou de lune.

Saint-Cloud. — Novembre.



6--- Pascal Amateur
Paul Celan, "Strette"
4,47 : 5,55

Par les rainures
de la monnaie céleste
dans l’entrebâillement,
tu forces le mot
hors duquel j’ai roulé
quand de mes poings tremblants
je défaisais au-dessus de nous
le toit, ardoise par ardoise,
syllabe par syllabe,
pour l’éclat cuivré de cette
sébile de mendiant,
là-haut.



7--- Milan de solitude
Sully Prudhomme, "Les Vaines Tendresses"
5,00 ; 6,43

Distraction

À mon insu, j’ai dit : « ma chère »
Pour « madame », et, parti du cœur,
Ce nom m’a fait d’une étrangère
Une sœur.

Quand la femme est tendre, pour elle
Le seul vrai gage de l’amour,
C’est la constance naturelle,
Non la cour ;

Ce n’est pas le mot qu’on hasarde,
Et qu’on sauve s’il s’est trompé,
C’est le mot simple, par mégarde
Échappé...

Ce n’est pas le mot qui soupire,
Mendiant drapé d’un linceul,
C’est ce qu’on dit comme on respire,
Pour soi seul.

Ce n’est pas non plus de se taire,
Taire est encor mentir un peu ;
C’est la parole involontaire,
Non l’aveu.

À mon insu j’ai dit : « ma chère »
Pour « madame », et, parti du cœur,
Ce nom m’a fait d’une étrangère
Une sœur.



8--- Aristofan
Henry Jean-Marie Levet, "Cartes postales"
5,33 ; 6,53

I. outwards

L’ARMAND-BÉHIC (des Messageries Maritimes)
File quatorze nœuds sur l’Océan Indien...
Le soleil se couche en des confitures de crimes,
Dans cette mer plate comme avec la main.

– Miss Roseway, qui se rend à Adélaïde
Vers le Sweet home au fiancé australien,
Miss Roseway, hélas, n’a cure de mon spleen,
Sa lorgnette sur les Laquedives, au loin...

– Je vais me préparer – sans entrain ! – pour la fête
De ce soir : sur le pont, lampions, danses, romances.
(Je dois accompagner miss Roseway qui quête

– Fort gentiment – pour les familles des marins
Naufragés.) Oh, qu’en une valse lente, ses reins
À mon bras droit, je l’entraîne sans violence

Dans un naufrage où Dieu reconnaîtrait les siens...



9--- khwezi
Natalia Berbelagua, "Domingo"
4,93 ; 5,50

Miro con envidia a los borrochos enamorados,
los veo besarse, abrazarse tambulantes y felices,
reir con la boca abierta y las piernas entrecruzadas
afirmandose por las paredes.
Escucho con envidia algunas canciones de amor
Imagino un ser mitico gigante, eterno y sin nombre
un remolino que abrace
este carrusel vacio

Je regarde avec envie les ivrognes amoureux
Je les vois s'embrasser, dégringoler en s'étreignant et joyeux,
Rire avec la bouche ouverte et les jambes entrecroisées, se tenant aux murs.
J'écoute avec envie quelques chansons sur l'amour
J'imagine un être mythique, géant, éternel et sans nom
Un tourbillon étreignant ce manège déserté.



[DEUXIÈME TOUR]


1--- Delio Onnisoitquimalypense
André Breton, "Épingles tremblantes"
2,85 ; 2,97

Pour Madame Suzanne Césaire

Puis les cloches de l'école essaiment aux quatre coins les petites chabines rieuses, souvent plus claires de cheveux que de teint. On cherche, parmi les essences natives, de quel bois se chauffent ces belles chairs d'ombre prismées : cacaoyer, caféier, vanille dont les feuillages imprimés parent d'un mystère persistant le papier des sacs de café dans lesquels va se blottir le désir inconnu de l'enfance. En vue de quel dosage ultime, de quel équilibre durable entre le jour et la nuit - comme un rêve de retenir la seconde exacte où, par temps très calme, le soleil en s'enfonçant dans la mer réalise le phénomène du "diamant vert" – cette recherche, au fond du creuset, de la beauté féminine ici bien plus souvent accomplie qu'ailleurs et qui ne m'est jamais apparue plus éclatante que dans un visage de cendre blanche et de braises ?



2--- Raspou
Victor Segalen, "Stèles"
4,69 ; 5,23

DÉPART

Ici, l'Empire au centre du monde.
La terre ouverte au labeur des vivants. Le continent milieu des Quatre-mers. La vie enclose, propice au juste, au bonheur, à la conformité.
Où les hommes se lèvent, se courbent, se saluent à la mesure de leurs rangs. Où les frères connaissent leurs catégories : et tout s'ordonne sous l'influx clarificateur du Ciel.

Là, l'Occident miraculeux, plein de montagnes au-dessus des nuages ; avec ses palais volants, ses temples légers, ses tours que le vent promène.
Tout est prodige et tout inattendu : le confus s'agite : la Reine aux désirs changeants tient sa cour. Nul être de raison jamais ne s'y aventure.

Son âme, c'est vers Là que, par magie, Mouwang l'a projetée en rêve. C'est vers là qu'il veut porter ses pas.
Avant que de quitter l'Empire pour rejoindre son âme, il en a fixé, d'Ici, le départ.



3--- Julow
Ernst Jandl, "le travail du chapeau"
5,69 ; 7,40

bibliothek

die vielen buchstaben
die nicht aus ihren wörtern können

die vielen wörter
die nicht aus ihren sätzen können

die vielen sätze
die nicht aus ihren texten können

die vielen texte
die nicht aus ihren büchern können

die vielen bücher
mit dem vielen staub darauf

die gute putzfrau
mit dem staubwedel

/
bibliothèque

toutes ces lettres
qui ne peuvent quitter leurs mots

tous ces mots
qui ne peuvent quitter leurs phrases

toutes ces phrases
qui ne peuvent quitter leurs textes

tous ces textes
qui ne peuvent quitter leurs livres

tous ces livres
avec toute la poussière dessus

la femme de ménage
avec son plumeau



4--- cachaco
Carlos Drummond de Andrade, "O Sentimento do Mundo"
5,23 ; 4,86

Os mortos de sobrecasaca

Havia a um canto da sala um álbum de fotografias intoleráveis,
alto de muitos metros e velho de infinitos minutos,
em que todos se debruçavam
na alegria de zombar dos mortos de sobrecasaca.

Um verme principiou a roer as sobrecasacas indiferentes
e roeu as páginas, as dedicatórias e mesmo a poeira dos retratos.
Só não roeu o imortal soluço de vida que rebentava
que rebentava daquelas páginas.


Les morts en redingote

Il y avait dans un coin du salon un album de photographies insupportables,
haut de plusieurs mètres et âgé de minutes infinies,
sur lequel tous se penchaient
dans la joie de se moquer des morts en redingote.

Un ver a commencé à ronger les redingotes indifférentes
et il a rongé les pages, les dédicaces et même la poussière des portraits.
Une seule chose il n’a pu ronger, l’immortel sanglot de vie qui jaillissait
qui jaillissait de ces pages-là.



5--- Balthazar
Tristan Corbière, "Les Amours jaunes"
4,69 ; 5,06

UN JEUNE QUI S’EN VA [début]

Morire.

Oh le printemps ! — Je voudrais paître !…
C’est drôle, est-ce pas : Les mourants
Font toujours ouvrir leur fenêtre,
Jaloux de leur part de printemps !

Oh le printemps ! Je veux écrire !
Donne-moi mon bout de crayon
— Mon bout de crayon, c’est ma lyre —
Et — là — je me sens un rayon.

Vite !… j’ai vu, dans mon délire,
Venir me manger dans la main
La Gloire qui voulait me lire !
— La gloire n’attend pas demain. —

Sur ton bras, soutiens ton poète,
Toi, sa Muse, quand il chantait,
Son Sourire quand il mourait,
Et sa Fête… quand c’était fête !

Sultane, apporte un peu ma pipe
Turque, incrustée en faux saphir,
Celle qui va bien à mon type…
Et ris ! — C’est fini de mourir ;

Et viens sur mon lit de malade ;
Empêche la mort d’y toucher,
D’emporter cet enfant maussade
Qui ne veut pas s’aller coucher.

Ne pleure donc plus, — je suis bête —
Vois : mon drap n’est pas un linceul…
Je chantais cela pour moi seul…
Le vide chante dans ma tête…

Retourne contre la muraille.
— Là — l’esquisse — un portrait de toi —
Malgré lui mon œil soûl travaille
Sur la toile… C’était de moi.

J’entends — bourdon de la fièvre —
Un chant de berceau me monter :
« J’entends le renard, le lièvre,
« Le lièvre, le loup chanter. »

… Va ! nous aurons une chambrette
Bien fraîche, à papier bleu rayé ;
Avec un vrai bon lit honnête
À nous, à rideaux… et payé !

Et nous irons dans la prairie
Pêcher à la ligne tous deux,
Ou bien mourir pour la patrie !…
— Tu sais, je fais ce que tu veux.

… Et nous aurons des robes neuves,
Nous serons riches à bâiller
Quand j’aurai revu mes épreuves !
— Pour vivre, il faut bien travailler…

(…)



6--- Pascal Amateur
Paul Celan, "Strette"
4,69 ; 8,90

Dé-
porté dans
l’étendue
à la trace sans faille :

Herbe, écrite : désassemblée. Les pierres, blanches,
et l’ombre des tiges :
Ne lis plus – regarde !
Ne regarde plus – va !

Va, ton heure
n’a nulle sœur, tu es –
es de retour. Une roue, lentement,
tourne par elle-même, les rais
grimpent,
grimpent sur un champ de noirceur, la nuit
n’a besoin de nulle étoile, nulle part
n’est souci de toi.



7--- Milan de solitude
Sully Prudhomme, "Les Vaines Tendresses"
5,77 ; 4,69

Sur la mort

I

On ne songe à la mort que dans son voisinage :
Au sépulcre éloquent d’un être qui m’est cher,
J’ai, pour m’en pénétrer, fait un pèlerinage,
Et je pèse aujourd’hui ma tristesse d’hier.

[...]


II

Hélas ! J’ai trop songé sous les blêmes ténèbres
Où les astres ne sont que des bûchers lointains,
Pour croire qu’échappé de ses voiles funèbres
L’homme s’envole et monte à de plus beaux matins ;

[...]

N’es-tu plus qu’une chose au vague aspect de femme,
N’es-tu plus rien ? Je cherche à croire sans effroi
Que, ta vie et ta chair ayant rompu leur trame,
Aujourd’hui, morte aimée, il n’est plus rien de toi.

[...]


III

Pourtant je ne sais rien, rien, pas même ton âge :
Mes jours font suite au jour de ton dernier soupir,
Les tiens n’ont-ils pas fait quelque immense passage
Du temps qui court au temps qui n’a plus à courir ?

Ont-ils joint leur durée à l’ancienne durée ?
Pour toi s’enchaînent-ils aux ans chez nous vécus ?
Ou dois-tu quelque part, immuable et sacrée,
Dans l’absolu survivre à ta chair qui n’est plus ?

Certes, dans ma pensée, aux autres invisible,
Ton image demeure impossible à ternir,
Où t’évoque mon cœur tu luis incorruptible,
Mais serais-tu sans moi, hors de mon souvenir ?

Servant de sanctuaire à l’ombre de ta vie,
Je la préserve encor de périr en entier.
Mais que suis-je ? Et demain quand je t’aurai suivie,
Quel ami me promet de ne pas t’oublier ?

Depuis longtemps ta forme est en proie à la terre,
Et jusque dans les cœurs elle meurt par lambeaux,
J’en voudrais découvrir le vrai dépositaire,
Plus sûr que tous les cœurs et que tous les tombeaux.


IV

[...]

Naguère ce problème où mon doute s’enfonce,
Ne semblait pas m’atteindre assez pour m’offenser ;
J’interrogeais de loin, sans craindre la réponse,
Maintenant je tiens plus à savoir qu’à penser.

Ah ! Doctrines sans nombre où l’été de mon âge
Au vent froid du discours s’est flétri sans mûrir,
De mes veilles sans fruit réparez le dommage,
Prouvez-moi que la morte ailleurs doit refleurir,

Ou bien qu’anéantie, à l’abri de l’épreuve,
Elle n’a plus jamais de calvaire à gravir,
Ou que, la même encor sous une forme neuve,
Vers la plus haute étoile elle se sent ravir !

Faites-moi croire enfin dans le néant ou l’être,
Pour elle et tous les morts que d’autres ont aimés,
Ayez pitié de moi, car j’ai faim de connaître,
Mais vous n’enseignez rien, verbes inanimés !

Ni vous, dogmes cruels, insensés que vous êtes,
Qui du juif magnanime avez couvert la voix ;
Ni toi, qui n’es qu’un bruit pour les cerveaux honnêtes,
Vaine philosophie où tout sombre à la fois ;

Toi non plus, qui sur Dieu résignée à te taire
Changes la vision pour le tâtonnement,
Science, qui partout te heurtant au mystère
Et n’osant l’affronter, l’ajournes seulement.

Des mots ! Des mots ! Pour l’un la vie est un prodige,
Pour l’autre un phénomène. Eh ! Que m’importe à moi !
Nécessaire ou créé je réclame, vous dis-je,
Et vous les ignorez, ma cause et mon pourquoi.


V

Puisque je n’ai pas pu, disciple de tant d’autres,
Apprendre ton vrai sort, ô morte que j’aimais,
Arrière les savants, les docteurs, les apôtres.
Je n’interroge plus, je subis désormais.

[...]

Ah ! Qui que vous soyez, vous qui m’avez fait naître,
Qu’on vous nomme hasard, force, matière ou dieux,
Accomplissez en moi, qui n’en suis pas le maître,
Les destins sans refuge, aussi vains qu’odieux.

Faites, faites de moi tout ce que bon vous semble,
Ouvriers inconnus de l’infini malheur,
Je viens de vous maudire, et voyez si je tremble,
Prenez ou me laissez mon souffle et ma chaleur !

Et si je dois fournir aux avides racines
De quoi changer mon être en mille êtres divers,
Dans l’éternel retour des fins aux origines,
Je m’abandonne en proie aux lois de l’univers.



8--- Aristofan
Henry Jean-Marie Levet, "Cartes postales"
5,23 ; 4,69

AFRIQUE OCCIDENTALE

Dans la vérandah de sa case, à Brazzaville,
Par un torride clair de lune congolais,
Un sous-administrateur des colonies
Feuillette les « Poésies » d’Alfred de Musset...

Car il pense encore à cette jolie Chilienne
Qu’il dut quitter en débarquant, à Loango...
– C’est pourtant vrai qu’elle lui dit : « Paul, je vous aime. »
À bord de la « ville-de-pernambuco ».

Sous le panka qui chasse les nombreux moustiques,
Il maudit « ce rivage où l’attache sa grandeur »,
Donne un soupir à ses amours transatlantiques,
Se plaint de la brusquerie de M. le Gouverneur,
Et réprouve d’une façon très énergique
La barbarie des officiers envers les noirs...

Et le jeune et sensitif fonctionnaire
Tâche d’oublier et ferme les yeux...

« Regrettez-vous le temps où le ciel sur la terre
Marchait et respirait dans un peuple de dieux,
Où Vénus Astarté, fille de l’onde amère... ? »



9--- khwezi
Natalia Berbelagua, "Domingo"
3,79 ; 6,64

Todo que debio hacerme feliz fue un fracaso
no se cuales son la palabras que me definen
Soy una lista de cosas a medio terminar
ideas anotadas en papeles que no se suceden
Añorar la felicidad como quien no se resigna a probar un dia la mejor cena
Por ahora rastrojos de un plato, el dolor del estomago
a mirar el refrigirador vacio
migas duras bajo la mesa

Tout ce qui devait me rendre heureuse fut un échec
je ne sais pas quels sont les termes qui me définissent
Je suis une liste de choses à moitié terminées
des idées annotées sur des morceaux de papier qui ne se suivent pas
Aspirer au bonheur comme quelqu'un qui ne renonce pas à essayer un jour une meilleure cuisine
Pour le moment les restes d'un plat, la douleur à l'estomac
en regardant le réfrigérateur vide
des miettes rassies sous la table



[TROISIÈME TOUR]


1--- Delio Onnisoitquimalypense
André Breton, "Épingles tremblantes"
3,73 ; 4,02

La lanterne sourde

À Aimé Césaire, Georges Gratient, René Ménil.

Et les grandes orgues c'est la pluie comme elle tombe ici et se parfume : quelle gare pour l'arrivée en tous sens sur mille rails, pour la manœuvre sur autant de plaques tournantes de ses express de verre ! À toute heure elle charge de ses lances blanches et noires, des cuirasses volant en éclat de midi à ces armures anciennes faites des étoiles que je n'avais pas encore vues. Le grand jour de préparatifs qui peut précéder la nuit de Walpurgis, au gouffre d'Absalon ! J'y suis ! Pour peu que la lumière se voile, toute l'eau du ciel pique aussitôt sa tente, d'où pendent les agrès de vertige et de l'eau encore s'égoutte à l'accorder des hauts instruments de de cuivre vert. La pluie pose ses verres de lampe autour des bambous, aux bobèches de ces fleurs de vermeil agrippées aux branches par des suçoirs, autour desquelles il n'y a qu'une minute toutes les figures de la danse enseignées par deux papillons de sang. Alors tout se déploie au fond du bol à la façon des fleurs japonaises, puis une clairière s'entrouvre : l'héliotropisme y saute avec ses souliers à poulaine et ses ongles vrillés. Il prend tous les cœurs, relève d'une aigrette la sensitive, et pâme la fougère dont la bouche ardente est la roue du temps. Mon œil est une violette fermée au centre de l'ellipse, à la pointe du fouet



2--- Raspou
Victor Segalen, "Stèles"
4,45 ; 2,87

SANS MARQUE DE RÈGNE

Attentif à ce qui n'a pas été dit ; soumis par ce qui n'est point promulgué ; prosterné vers ce qui ne fut pas encore,

Je consacre ma joie et ma vie et ma piété à dénoncer des règnes sans années, des dynasties sans avènement, des noms sans personnes, des personnes sans noms,

Tout ce que le Souverain-Ciel englobe et que l'homme ne réalise pas.



3--- Julow
Ernst Jandl, "le travail du chapeau"
2,00 ; 2,60

von zeiten

ein das heuten tag sein es ein scheißen tag

sein das gestern tag sein es gewesen ein scheißen tag ebenfalz

kommen das morgen tag sein es werden ein scheißentag ebenfalz


und so es sein aufbauen sich der scheißen woch

und aus dem scheißen woch und dem scheißen woch

so es sein aufbauen sich der scheißen april

und es sein anhängen sich der scheißen mai

und es sein anhängen sich der scheißen juni scheißen

juli august etten zetteren

so es sein aufbauen sich der scheißen jahr

und auf allen vieren der scheißen schalten jahr

und haben jeden der scheißen jahr darauf einen nummeron

neunzehnscheißhundertsiebenundsiebzigscheiß

scheißneunzehnhundertscheißachtundscheißsiebzigscheiß

so es sein aufbauen sich der scheißen leben

schrittenweizen hären von den den geburten

und sein es doch wahrlich zum tot-scheißen

/
cacalendrier


être le jour d’hui être lui jour de merde

être le jour d’hier avoir été lui jour de merde idem

jour demain venir aller lui être jour de merde idem

et comme ça se faire la smaine de merde

comme ça se faire l’avril de merde

et être à la suite de lui le mai de merde

et être à la suite de lui le juin de merde le juillet août et cetétron de merde

et comme ça se faire le an de merde

et tout quatre an le an de merde bissextile

et avoir chaque an de merde un numéron

dixneufmerdecentsoixantedixseptmerde

merdedixneufcentmerdesoixantemerdedixhuitmerde

comme ça se faire la vie de merde

pas à pas constipuer depuis d’eux la naissance

et sûr ça être jusqu’à total merder mort



4--- cachaco
Carlos Drummond de Andrade, "O Sentimento do Mundo"
6,09 ; 4,49

O OPERARIO NO MAR
Na rua passa um operário. Como vai firme! Não tem blusa. No conto, no drama, no discurso político, a dor do operário está na blusa azul, de pano grosso, nas mãos grossas, nos pés enormes, nos desconfortos enormes. Esse é um homem comum, apenas mais escuro que os outros, e com uma significação estranha no corpo, que carrega desígnios e segredos. Para onde vai ele, pisando assim tão firme? Não sei. A fábrica ficou lá atrás. Adiante é só o campo, com algumas árvores, o grande anúncio de gasolina americana e os fios, os fios, os fios. O operário não lhe sobra tempo de perceber que eles levam e trazem mensagens, que contam da Rússia, do Araguaia, dos Estados Unidos. Não ouve, na Câmara dos Deputados, o líder oposicionista vociferando. Caminha no campo e apenas repara que ali corre água, que mais adiante faz calor. Para onde vai o operário? Teria vergonha de chamá-lo meu irmão. Ele sabe que não é, nunca foi meu irmão, que não nos entenderemos nunca. E me despreza… Ou talvez seja eu próprio que me despreze a seus olhos. Tenho vergonha e vontade de encará-lo: uma fascinação quase me obriga a pular a janela, a cair em frente dele, sustar-lhe a marcha, pelo menos implorar lhe que suste a marcha. Agora está caminhando no mar. Eu pensava que isso fosse privilégio de alguns santos e de navios. Mas não há nenhuma santidade no operário, e não vejo rodas nem hélices no seu corpo, aparentemente banal. Sinto que o mar se acovardou e deixou-o passar. Onde estão nossos exércitos que não impediram o milagre? Mas agora vejo que o operário está cansado e que se molhou, não muito, mas se molhou, e peixes escorrem de suas mãos. Vejo-o que se volta e me dirige um sorriso úmido. A palidez e confusão do seu rosto são a própria tarde que se decompõe. Daqui a um minuto será noite e estaremos irremediavelmente separados pelas circunstâncias atmosféricas, eu em terra firme, ele no meio do mar. Único e precário agente de ligação entre nós, seu sorriso cada vez mais frio atravessa as grandes massas líquidas, choca-se contra as formações salinas, as fortalezas da costa, as medusas, atravessa tudo e vem beijar-me o rosto, trazer-me uma esperança de compreensão. Sim, quem sabe se um dia o compreenderei?


L'OUVRIER SUR LA MER
Un ouvrier passe dans la rue. Comme il va d'un pas sûr ! Il n'a pas de blouse. Dans le conte, le drame, le discours politique, la douleur de l'ouvrier est dans la blouse bleue à l’étoffe épaisse, dans les mains calleuses, dans les énormes pieds, dans les énormes inconforts. C’est un homme ordinaire, à peine un peu plus noir que les autres, et avec une signification bizarre sur le corps, qui porte desseins et secrets. Où va-t-il de ce pas si sûr ? Je ne sais pas. L’usine est restée là-bas derrière. Devant lui c'est la campagne, avec quelques arbres, un grand panneau pour de l'essence américaine, et les fils, les fils, les fils. L'ouvrier n'a pas le temps de réaliser que par ces fils vont et viennent des messages, qui parlent de la Russie, de l'Araguaya, des Etats-Unis. Il n'écoute pas, à la Chambre des Députés, le leader de l'opposition qui vocifère. Mais il poursuit sa marche à travers la campagne et remarque seulement que là passe un cours d’eau, car il va faire chaud sous peu. Où va-t-il, l'ouvrier ? J'aurais honte de l'appeler mon frère. Il sait bien qu'il n'est pas, qu'il n'a jamais été mon frère. Que nous ne nous comprendrons jamais. Et il me méprise... ou peut-être est-ce moi-même qui me méprise à ses yeux. J'ai honte et envie de le regarder en face. Une fascination m'incite à sauter par la fenêtre, à tomber devant lui, à arrêter sa marche, à l'implorer au moins pour qu'il s'arrête. Maintenant il marche sur la mer. Je croyais que cela ne constituait le privilège que de quelques saints et des navires. Mais il n'y a aucune sainteté chez lui, et je ne vois ni roues ni hélices sur son corps, apparemment banal. Je sens que la mer a eu peur et l'a laissé passer. Où sont donc nos armées qui n'ont pas empêché le miracle ? Maintenant je vois que l'ouvrier est fatigué et s’est mouillé, peut-être pas beaucoup, mais il s’est mouillé, et des poissons glissent de ses mains. Le voilà qui se retourne et m'adresse un sourire humide. La pâleur et la confusion sur son visage, c'est le soir même qui se décompose. Dans une minute il fera nuit et nous nous trouverons irrémédiablement séparés par les circonstances atmosphériques, moi sur la terre ferme, lui au milieu de la mer. Unique et précaire lien entre nous deux, son sourire toujours plus froid, traverse la grande masse liquide, se heurte aux formations salines, aux fortifications de la côte, aux méduses, traverse tout et vient m'embrasser sur la joue, m'apportant un espoir de compréhension. Oui, qui sait si un jour je le comprendrai ?



5--- Balthazar
Tristan Corbière, "Les Amours jaunes"
5,82 ; 5,96

LE POÈTE CONTUMACE [début]

Sur la côte d’ARMOR. — Un ancien vieux couvent,
Les vents se croyaient là dans un moulin-à-vent,
Et les ânes de la contrée,
Au lierre râpé, venaient râper leurs dents
Contre un mur si troué que, pour entrer dedans,
On n’aurait pu trouver l’entrée.

— Seul — mais toujours debout avec un rare aplomb,
Crénelé comme la mâchoire d’une vieille,
Son toit à coups-de-poing sur le coin de l’oreille,
Aux corneilles bayant, se tenait le donjon,

Fier toujours d’avoir eu, dans le temps, sa légende…
Ce n’était plus qu’un nid à gens de contrebande,
Vagabonds de nuit, amoureux buissonniers,
Chiens errants, vieux rats, fraudeurs et douaniers.

— Aujourd’hui l’hôte était de la borgne tourelle,
Un Poète sauvage, avec un plomb dans l’aile,
Et tombé là parmi les antiques hiboux
Qui l’estimaient d’en haut. — Il respectait leurs trous, —
Lui, seul hibou payant, comme son bail le porte :
Pour vingt-cinq écus l’an, dont : remettre une porte. —

Pour les gens du pays, il ne les voyait pas :
Seulement, en passant, eux regardaient d’en bas,
Se montrant du nez sa fenêtre ;
Le curé se doutait que c’était un lépreux ;
Et le maire disait : — Moi, qu’est-ce que j’y peux,
C’est plutôt un Anglais… un Être.

Les femmes avaient su — sans doute par les buses —
Qu’il vivait en concubinage avec des Muses !…
Un hérétique enfin… Quelque Parisien
De Paris ou d’ailleurs. — Hélas ! on n’en sait rien. —
Il était invisible ; et, comme ses Donzelles
Ne s’affichaient pas trop, on ne parla plus d’elles.

— Lui, c’était simplement un long flâneur, sec, pâle ;
Un ermite-amateur, chassé par la rafale…
Il avait trop aimé les beaux pays malsains.
Condamné des huissiers, comme des médecins,
Il avait posé là, soûl et cherchant sa place
Pour mourir seul ou pour vivre par contumace…

Faisant, d’un à-peu-près d’artiste,
Un philosophe d’à peu près,
Râleur de soleil ou de frais,
En dehors de l’humaine piste.

Il lui restait encore un hamac, une vielle,
Un barbet qui dormait sous le nom de Fidèle ;
Non moins fidèle était, triste et doux comme lui,
Un autre compagnon qui s’appelait l’Ennui.

Se mourant en sommeil, il se vivait en rêve.
Son rêve était le flot qui montait sur la grève,
Le flot qui descendait ;
Quelquefois, vaguement, il se prenait attendre…
Attendre quoi… le flot monter — le flot descendre —
Ou l’Absente… Qui sait ?

Le sait-il bien lui-même ? … Au vent de sa guérite,
A-t-il donc oublié comme les morts vont vite,
Lui, ce viveur vécu, revenant égaré,
Cherche-t-il son follet, à lui, mal enterré ?

— Certe, Elle n’est pas loin, celle après qui tu brames,
Ô Cerf de Saint Hubert ! Mais ton front est sans flammes…
N’apparais pas, mon vieux, triste et faux déterré…
Fais le mort si tu peux… Car Elle t’a pleuré !

— Est-ce qu’il pouvait, Lui !… n’était-il pas poète…
Immortel comme un autre ?… Et dans sa pauvre tête
Déménagée, encor il sentait que les vers
Hexamètres faisaient les cent pas de travers.

— Manque de savoir-vivre extrême — il survivait —
Et — manque de savoir-mourir — il écrivait

(…)



6--- Pascal Amateur
Paul Celan, "Strette"
5,91 ; 4,29

UN ŒIL, OUVERT

Heures, couleur de Mai, fraîches.
Ce désormais indicible, ardent,
distinct dans la bouche.

Voix de nul, à nouveau.

Douloureuse profondeur de la prunelle :
la paupière
ne barre pas la route, le cil
ne compte pas ce qui pénètre.

Une larme, à demi,
lentille plus aiguë, mouvante,
capte pour toi les images.



7--- Milan de solitude
Sully Prudhomme, "Les Vaines Tendresses"
3,64 ; 3,85

Au jour le jour

[…]
La rose éclora tout à l’heure,
Et l’on attend qu’elle ait souri ;
Éclose, on attend qu’elle meure ;
Elle est morte, une autre a fleuri
[…]



8--- Aristofan
Henry Jean-Marie Levet, "Cartes postales"
6,73 ; 4,82

CÔTE D’AZUR. – NICE

L’Écosse s’est voilée de ses brumes classiques,
Nos plages et nos lacs sont abandonnés ;
Novembre, tribunal suprême des phtisiques,
M’exile sur les bords de la Méditerranée...

J’aurai un fauteuil roulant « plein d’odeurs légères »
Que poussera lentement un valet bien stylé :
Un soleil doux vernira mes heures dernières,
Cet hiver, sur la Promenade des Anglais...

Pendant que Jane, qui est maintenant la compagne
D’un sain et farouche éleveur de moutons
Émaille de sa grâce une prairie australe
De plus de quarante milles carrés, me dit-on

Et quand le sang pâle et froid de mon crépuscule
Aura terni le flot méditerranéen,
Là-bas, dans la nouvelle Galles du Sud,
L’Aube d’un jour d’été l’éveillera... C’est bien !...



9--- khwezi
Natalia Berbelagua, "Domingo"
3,83 ; 3,97

Recupero la confianza y abro la puerta, salgo de la pieza donde he pasado acostada dos dias. La misma pieza donde murio mi bisabuela. Donde se ven sombras, se mueven murallas, y donde a peso de todo ne siento miedo.

Esta casa destila muerte : las ventanas cerradas, el olor de los dientes podridos de los perros, los santos, los rosarios, los cuadros y retratos al oleo de mi antepasados.

En el domitorio hay un altar : una imagen de Jesucristo en tamaño natural, un foto del Papa, tres santos, una Maria de yeso con la pintura corrida.

Yo se porque no pude tocarme, porque desperté con la mano dormida en el sexo.


Je reprends confiance et ouvre la porte. Je sors de la pièce ou j'ai passé ces deux derniers jours allongée. La même pièce où mourut ma grand-mère. Où l'on peut voir des ombres, des murailles mouvantes, et où malgré tout je ne ressens pas de peur.

Cette maison distille une atmosphère de mort : les fenêtres fermées, l'odeur des dents pourries des chiens, les saints, les rosaires, les cadres et portraits à l'huile de mes ancêtres.

Dans la chambre, il y a un autel : une image de Jésus Christ grandeur nature, une photo du Pape, trois saints, une Marie bonne à jeter avec sa peinture écaillée.

Je sais pourquoi je n'ai pas pu me toucher, pourquoi je me suis réveillée avec la main endormie sur le sexe.



[QUATRIÈME TOUR]


1--- Delio Onnisoitquimalypense
André Breton, "Épingles tremblantes"
2,91 ; 5,09

Porteuse sans fardeau

Comme un espoir qui reviendrait à intervalles réguliers tant leur maintien est le même et n'appartient qu'à elles et tant elles semblent portées par le même rythme, des jeunes filles de couleur passent souvent seules et chacune est la seule à qui Baudelaire semble avoir pensé tant l'idée qu'il en donne est irremplaçable :

Avec ses vêtements ondoyants et nacrés,
Même quand elle marche on croirait qu'elle danse...

De quelle nuit sans âge et sans poids cette messagère muette dont, au défi de toutes les cariatides, la cheville et le col lancent plutôt qu'elles ne soutiennent la construction totémique qui dans l'invisible se confond - en vue de quel triomphe ? - avec le rêve d'un monument aux lois de l'imprégnation ?



2--- Raspou
Victor Segalen, "Stèles"
5,45 ; 3,07

JOYAU MÉMORIAL

Pour mon service et ma fidélité voici, du Prince, le joyau de Mémoire, perle magique où s'enferme le passé. Un regard jeté sur elle et tout renaît, tout s'éclaire et se ravive, luisant comme un reflet du jour présent.

Puis-je contenir ma joie ! rallumer les soleils studieux; ressentir les succès timides : compliments du maître, attente comblée des nominations.

Voici donc : — mais cela n'est plus mon passé à moi ! Avais-je oublié cela ? Regardons mieux, fixement, au fond, tout au fond du joyau magique :
Je vois : — je vois un homme épouvanté qui me ressemble et qui me fuit.



3--- Julow
Ernst Jandl, "le travail du chapeau"
2,55 ; 4,87

16. dezember 1973

drei stunden zu viert

literaturförderung diskutiert

am abend dieses 16. dezember,

des einzigen je;

eines tages der ölkrise,

die die kohleförderung aktualisiert.

auf dem heimweg der schnee

hat mich berührt

durch die undichten schuhe.

/
16 décembre 1973


discuté trois heures à quatre

de promotion littéraire

le soir du 16 décembre,

fameux entre tous ;

jour de crise pétrolière

qui ramène la question du charbon.

au retour c’est la neige

qui m’a fait problème

vu pompes pas étanches.



4--- cachaco
Carlos Drummond de Andrade, "O Sentimento do Mundo"
6,09 ; 9,09

OS OMBROS SUPORTAM O MUNDO
Chega um tempo em que não se diz mais: meu Deus.
Tempo de absoluta depuração.
Tempo em que não se diz mais: meu amor.
Porque o amor resultou inútil.
E os olhos não choram.
E as mãos tecem apenas o rude trabalho.
E o coração está seco.
Em vão mulheres batem à porta, não abrirás.
Ficaste sozinho, a luz apagou-se,
mas na sombra teus olhos resplandecem enormes.
És todo certeza, já não sabes sofrer.
E nada esperas de teus amigos.
Pouco importa venha a velhice, que é a velhice?
Teu ombros suportam o mundo
e ele não pesa mais que a mão de uma criança.
As guerras, as fomes, as discussões dentro dos edifícios
provam apenas que a vida prossegue
e nem todos se libertaram ainda.
Alguns, achando bárbaro o espetáculo,
prefeririam (os delicados) morrer.
Chegou um tempo em que não adianta morrer.
Chegou um tempo em que a vida é uma ordem.
A vida apenas, sem mistificação.


LES ÉPAULES PORTENT LE MONDE

Arrive un temps où l'on ne dit plus : mon Dieu.
Temps d'épuration absolue.
Temps où l'on ne dit plus : mon amour.
Car l’amour s'est révélé inutile.
Et les yeux ne pleurent pas.
Et les mains ne tissent que le rude métier.
Et le cœur est sec.

En vain les femmes frappent à la porte, tu n'ouvriras pas.
Tu es resté seul, la lumière s'est éteinte,
mais dans l'ombre tes yeux resplendissent énormes.
Tu n'es que certitude, tu ne sais plus souffrir.
Et tu n'attends rien de tes amis.

Peu importe que la vieillesse approche, qu'est-ce que la vieillesse ? Tes épaules portent le monde et il ne pèse pas plus lourd qu'une main d'enfant. Les guerres, la faim, les disputes au sein des maisons ne disent rien si ce n'est que la vie mène son train
et que tout le monde ne s'est pas encore affranchi.
Certains, trouvant barbare ce spectacle,
préféreraient (les délicats) mourir.
Est arrivé un temps où il ne sert à rien de mourir.
Est arrivé un temps où la vie est un ordre.
La vie seulement, sans mystification.



5--- Balthazar
Tristan Corbière, "Les Amours jaunes"
4,09 ; 4,09

LE POÈTE CONTUMACE [dernière strophe]

Sa lampe se mourait. Il ouvrit la fenêtre.
Le soleil se levait. Il regarda sa lettre,
Rit et la déchira… Les petits morceaux blancs,
Dans la brume, semblaient un vol de goëlands.

(Penmarc’h — jour de Noël.)



6--- Pascal Amateur
Paul Celan, "Strette"
5,09 ; 5,89

Sois en ce jour aveugle :
l’éternité aussi est pleine d’yeux –
là s’abîme,
et noie, ce qui fit aux images passer
telle route, où elles auront paru,
là,
s’éteint ce qui à la parole
d’un geste toi aussi t’a retiré,
que tu laissas venir comme
danse de deux mots faits
d’automne et de soie et rien.



7--- Milan de solitude
Sully Prudhomme, "Les Vaines Tendresses"
6,64 ; 4,45

En voyage

Je partais pour un long voyage.
En wagon, tapi dans mon coin,
J’écoutais fuir l’aigu sillage
Du sifflet dans la nuit, au loin ;

Je goûtais la vague indolence,
L’état obscur et somnolent,
Où fait tomber sans qu’on y pense
Le train qui bourdonne en roulant ;

Et je ne m’apercevais guère,
Indifférent de bonne foi,
Qu’une jeune fille et sa mère
Faisaient route à côté de moi.

Elles se parlaient à voix basse :
C’était comme un bruit de frisson,
Le bruit qu’on entend quand on passe
Près d’un nid le long d’un buisson ;

Et bientôt elles se blottirent,
Leurs fronts l’un vers l’autre penchés,
Comme deux gouttes d’eau s’attirent
Dès que les bords se sont touchés ;

Puis, joue à joue, avec tendresse,
Elles se firent toutes deux
Un oreiller de leur caresse,
Sous la lampe aux rayons laiteux.

L’enfant, sur le bras de ma stalle,
Avait laissé poser sa main
Qui reflétait, comme une opale,
La moiteur d’un jour incertain ;

Une main de seize ans à peine :
La manchette l’ombrait un peu ;
L’azur, d’une petite veine,
La nuançait comme un fil bleu ;

Elle pendait, molle et dormante,
Et je ne sais si mon regard
Pressentit qu’elle était charmante
Ou la rencontra par hasard,

Mais je m’étais tourné vers elle,
Sollicité sans le savoir :
On dirait que la grâce appelle
Avant même qu’on l’ait pu voir.

« Heureux, me dis-je, le touriste
Que cette main-là guiderait ! »
Et ce songe me rendait triste :
Un vœu n’éclôt que d’un regret.

Cependant glissaient les campagnes
Sous les fougueux rouleaux de fer,
Et le profil noir des montagnes
Ondulait ainsi qu’une mer.

Force étrange de la rencontre !
Le cœur le moins prime-sautier,
D’un lambeau d’azur qui se montre,
Improvise un ciel tout entier :

Une enfant dort, une étrangère,
Dont la main paraît à demi,
Et ce peu d’elle me suggère
Un vœu d’un bonheur infini !

Je la rêve, inconnue encore,
Sur ce peu de réalité,
Belle de tout ce que j’ignore
Et du possible illimité...

Je rêve qu’une main si blanche,
D’un si confiant abandon,
Ne peut-être que sûre et franche,
Et se donnerait tout de bon.

Bienheureux l’homme qu’au passage
Cette main fine enchaînerait !
Calme à jamais, à jamais sage...
- Vitry ! Cinq minutes d’arrêt !

À ces mots criés sur la voie,
Le couple d’anges s’éveilla,
Battit des ailes avec joie,
Et disparut. Je restai là.

Cette enfant, qu’un autre eût suivie,
Je me la laissais enlever.
Un voyage ! Telle est la vie
Pour ceux qui n’osent que rêver.



8--- Aristofan
Henry Jean-Marie Levet, "Cartes postales"
5,09 ; 2,49

ÉGYPTE. – PORT SAÏD. – En rade

On regarde briller les feux de Port-Saïd,
Comme les Juifs regardaient la Terre Promise ;
Car on ne peut débarquer ; c’est interdit
– Paraît-il – par la Convention de Venise…

À ceux du pavillon jaune de quarantaine.
On n’ira pas à terre calmer ses sens inquiets
Ni faire provision de photos obscènes
Et de cet excellent tabac de Latakieh...

Poète, on eût aimé, pendant la courte escale
Fouler une heure ou deux le sol des Pharaons,
Au lieu d’écouter miss Florence Marshall
Chanter « The belle of New York », au salon.



9--- khwezi
Natalia Berbelagua, "Domingo"
4,25 ; 2,39

Me levanto y enciendo la luz, me quedo mirando el techo como quien examina el cielo
Se que afuera se amenece pero no corro la cortina, las gaviotas hacen sonidos que se escuchan como gritos o reir.
Recuerdo ese dia en que volvi tarde y borracha con una de ellas parada sobre el velador, parecia a una estatua.
Nunca entendi lo que significaba.

Je me levais et allumais la lumière, restant là à contempler le plafond comme quelqu'un examinant le ciel.
Je sais que dehors le jour se lève mais je n'ai pas tiré les rideaux, les mouettes font des bruits qui s'entendent comme des cris ou des rires.
Je me rappelle ce jour ou j'étais rentrée tard et ivre, avec l'une d'elles plantée sur le guéridon, telle une statue.
Je n'ai jamais compris ce qu'elle racontait.



[TOTAUX]


1--- Delio Onnisoitquimalypense
André Breton, "Épingles tremblantes"
2,66 ; 3,37


2--- Raspou
Victor Segalen, "Stèles"
5,36 ; 3,50


3--- Julow
Ernst Jandl, "le travail du chapeau"
3,52 ; 6,79


4--- cachaco
Carlos Drummond de Andrade, "O Sentimento do Mundo"
5,82 ; 5,17


5--- Balthazar
Tristan Corbière, "Les Amours jaunes"
5,00 ; 4,90


6--- Pascal Amateur
Paul Celan, "Strette"
4,98 ; 6,14


7--- Milan de solitude
Sully Prudhomme, "Les Vaines Tendresses"
5,26 ; 5,79


8--- Aristofan
Henry Jean-Marie Levet, "Cartes postales"
5,56 ; 4,90


9--- khwezi
Natalia Berbelagua, "Domingo"
4,23 ; 4,72


Notre grand vainqueur est donc cachaco, qui, et cette fois je parle pour moi-même, m'a fait découvrir Carlos Drummond de Andrade. Complètent le podium Aristofan (Levet) puis Raspou (Segalen). Même si quelques noms m'étaient connus, je crois bien que je n'avais lu aucun des trente-deux poèmes que mes compagnons ont présentés. Pour vous montrer qu'on peut mener à la culture les âmes égarées par le tout-matériel de notre siècle, je tiens à dire que je suis en train d'achever "Les Immémoriaux" de Segalen, un roman sur la rencontre des tribus tahitiennes avec les navigateurs européens.
Encore merci à tous !

lalizou

22/09/2020 à 21h46

Breton bon dernier, ça ne manque pas de piquant ma foi.

Merci à tous les contributeurs et surtout au maitre de cérémonie, es war schön !

Julow

22/09/2020 à 22h10

Soit vous pensez qu’un grand poète se reconnaît à l’unanimisme mollasson des gentils démocrates, et vous êtes bien gentils ;
soit vous pensez qu’un grand poète se reconnaît aux seuls quolibets de la foule, et vous êtes Tristan Corbière, ou n’importe quel snob qui croit encore au poète maudit ;
soit vous avez une petite idée de ce que peut et doit produire la poésie sur un public essentiellement composé de ploucs et de précieux infatués, mais d’où, parfois, peut émaner un jugement personnel, une pertinence aux critères non déterminés, bref, un évènement esthétique, et alors vous en conviendrez, malgré vos idées bêbêtes sur « le concours » et le comptage des voix » :

un grand poète est celui dont les oeuvres, telles une pléiade de points s’égayant au plus loin du goût moyen comme de la pâle droite des moindres carrés ordinaires, maximisent la variance.


Bravo à Ernst Jandl pour cette éclaboussante victoire.

Balthazar

22/09/2020 à 22h11

Merci Milan, merci à tous.

Balthazar

22/09/2020 à 22h12

Me voilà tout éclaboussé.

Milan de solitude

22/09/2020 à 22h37

Julow
aujourd'hui à 22h10

---

Mais ton Jandl a fait l'unanimité. Pour lui au deuxième tour (deuxième poème préféré des votants ce tour-là, tout près de Sully Prudhomme*, avec une variance de 7,40 cependant) et contre lui aux troisième et quatrième. C'est quand tous les poèmes sont pris en compte que Jandl fait de grands écarts.

*Qui gagne le second et le dernier tour, mais est plombé par mon choix d'une seule strophe pour le troisième.

Julow

22/09/2020 à 22h55

Tu veux dire qu'en plus, c'est lui qui le plus de variance dans ses variances ?
Quel génie, mais quel génie !

Pascal Amateur

23/09/2020 à 06h18

Merci beaucoup, c'était poétique. Et très bien organisé.

Utaka Souley

23/09/2020 à 08h48

Merci Milan, et merci aux autres fournisseurs de lectures poétiques, et merci à toi aussi Julow, pour cette initiation à la poésie allemande.

PS: si tu triomphe dans la variance, c'est un peu grâce à moi :-)

 

valdo

23/09/2020 à 14h48

Superbe boulot Milan. Merci beaucoup. De très belles découvertes pour ma part, des déceptions aussi, des retournements de situation et un "vainqueur" qui me plait beaucoup.
Et surtout quelques joyeuses perspectives de lectures et d'achats
Et enfin Fugue de mort parce que bon