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Feuilles de match et feuilles de maîtres

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M le Mendy

06/12/2018 à 16h13

Décès de Joseph Joffo aujourd'hui.
Son "Sac de bille" m'avait transporté étant gamin, notamment par sa capacité à raconter l'horreur de la traque des juifs à hauteur d'enfant.

Pavarrois

06/12/2018 à 16h29

Pareillement. J'ai découvert le détail de cette période noire grâce à son livre.

Pascal Amateur

06/12/2018 à 18h14

Ah ben sur le sujet, il touche sa bille.

Pavarrois

06/12/2018 à 18h23

En quelque sorte, il suivait son étoile

Julow

31/12/2018 à 17h33

« L’histoire des Noirs en Amérique, c’est l’histoire de l’Amérique.
Et ça n’est pas une belle histoire. »

« Vous ne pouvez pas me lyncher
et me garder dans vos ghettos.
De plus, vous me donnez un terrible avantage.
Vous n’avez jamais eu à me regarder.
Moi, j’ai dû vous regarder.
J’en sais plus sur vous que sur moi. »

« Je ne suis pas un nègre, je suis un homme. Mais si vous pensez que je suis un nègre, ça veut dire qu’il vous en faut un. La question que vous devez vous poser, que la population blanche de ce pays doit se poser... SI je ne suis pas un nègre, ici, et que vous l’avez inventé, si vous, les Blancs, vous l’avez inventé, alors vous devez trouver pourquoi. Et l’avenir du pays dépend de cela... »

Je devrais aller aussi sur le fil habitus, et le fil cinoche, et le fil pol, pour dire qu’il faut voir I’m not your negro, de Raoul Peck, et surtout de James Baldwin. Il faut écouter, regarder cet homme à la télévision, qui a quelque chose à dire, et comment il le dit. Et pour 6 euros 60 de plus, le livre, verbatim du film, avec quelques images, magnifique.
Moi, j’ai rarement vu un tel concentré d’intelligence, vive, acérée, et violente.

Bonne putain d’année.

Loscoff-Plage

03/01/2019 à 13h07

Quelques petites lectures russes pour bien commencer l'année :

Alexandre Radichtchev - "Voyage de Pétersbourg à Moscou" (1790)

Je vous livre ma liste dans l'ordre chronologique, car ce n'est pas parce que Noël est passé qu'il faut arrêter d'être sage. Le Voyage de Pétersbourg à Moscou fait partie de ces livres que tout le monde cite mais que plus personne ne lit en Russie, sans doute parce que la prose de Radichtchev est réputée pour être pompeuse et assommante. Un jugement un peu hâtif je pense, le style caustique et faussement grandiloquent de Radichtchev n'est pas sans rappeler celui de Laurence Sterne. On est hélas plus proche du Voyage sentimental que de Tristram. Le voyage n'en est en fait pas un : chaque étape n'est qu'un prétexte à digressions sur le servage, sur l'administration, sur la justice, sur la littérature nouvelle. L'auteur dresse un tableau sinistre du XVIIIe siècle russe, ce "siècle d'or de l'aristocratie", où l'arbitraire des propriétaires terriens rivalise en férocité avec celui des fonctionnaires de l'Impératrice. Après la parution de son pamphlet, Radichtchev fut condamné à 10 ans de bagne en Sibérie.

Nikolaï Leskov - "Lady Macbeth du district de Mtsensk" (1865) et "Heur et Malheur" (1871)

Difficile de se faire sa place d'écrivain russe quand on a le malheur d'avoir vécu en même temps que Tolstoï et Tchekhov. Leskov appartient à la Ligue 2 du XIXe siècle, où Saltykov-Chthedrine joue aux dominos avec Tourguéniev. J'ai décidé de lui donné sa chance avec deux nouvelles. La première, "Lady Macbeth", qui a servi de livret à un excellent opéra de Chostakovitch, illustre l'adage selon lequel les pires nouvelles font les meilleurs livrets d'opéra. L'intrigue est complètement invraisemblable, avec une héroïne qui dézingue la moitié de la maisonnée avant d'être envoyée au bagne avec son amant (la Sibérie, encore !). Fuyez cette rencontre improbable entre l'ennui d'Emma Bovary et les pulsions homicides de James Bond. Le deuxième récit "Heur et Malheur", long comme un jour sans pain, raconte les tribulations d'un noble dans la Russie de Nicolas Ier et Alexandre II. Il y a quelques pages amusantes au début sur l'enfance du héros, puis commence une litanie de références pseudo-comiques aux événements d'alors. A réserver aux amateurs de blagues sur Bismarck et l'insurrection polonaise de 1863.

Mikhaïl Boulgakov - Les Oeufs du destin (1925)

Même les oeuvres mineures de Boulgakov sont géniales, les Oeufs du destin en sont la preuve. Un savant moscovite spécialiste des reptiles et des batraciens découvre un rayon de vie qui permet d'accélérer la croissance de ses créatures. L'invention est bientôt détournée par le pouvoir soviétique, et le tout, évidemment, finit en catastrophe. Le génie comique de Boulgakov éclate à chaque page, avec toujours ce style inimitable qui fait des choses peu orthodoxes avec la langue russe. Si la Sécu existait en Russie, ce livre serait remboursé.

Vladimir Nabokov - Cours sur la littérature russe (1981)

Dans ce recueil sont rassemblés les cours donnés par Nabokov sur la littérature russe dans une université américaine à partir des années 1940. Il n'aborde que des auteurs du XIXe siècle, à l'exception de Maxime Gorki (qu'il n'apprécie pas) et de quelques auteurs soviétiques oubliés (dont il se moque). Au-delà des lubies habituelles de Nabokov (la haine des biographes, des psychanalistes, de la littérature soviétique), on ressent un profond amour pour la littérature russe, qu'il analyse de manière complètement partiale. Le chapitre sur Tolstoï et Anna Karénine est absolument brillant, de même que celui sur Tchekhov. L'introduction "Les écrivains, la censure et les lecteurs en Russie" est un passage obligé pour tous ceux qui s'intéressent à la littérature russe. Les chapitres sur les écrivains qu'il n'aime pas sont moins intéressants (Dostoïevski, Gorki) : il y a beaucoup de jugements péremptoires, mais bon, quand on a le talent de Nabokov, on a le droit.

Valdimir Sorokine - Journée d'un Opritchnik (2006) et Nastya (2001)

Une incursion dans la littérature contemporaine pour finir, avec Vladimir Sorokine, un écrivain qui m'a été conseillé par des gens habituellement fiables. On m'a dit de commencer avec Nastya sans me cacher qu'il fallait avoir le coeur bien accroché, et effectivement, c'est immonde. Mais c'est bien écrit. Mais c'est immonde. Mais bien vu. Mais immonde quand même.
La Journée d'un Opritchnik part sur de meilleures bases : au début du XXIe siècle, on ne sait trop comment ni pourquoi, la Russie est redevenue un Empire. Tout ce qui est étranger est banni et pour veiller sur tout ça, le Tsar a reformé la milice d'Ivan le Terrible, l'opritchnina. Le récit suit une journée typique de l'opritchnik Komyaga, entre arrestations, trafics et purges en tout genre. Le postulat de base est assez prometteur, le problème, c'est que Sorokine semble avoir une grosse capacité à partir très vite dans les hauteurs. A la fin du bouquin, par exemple, les opritchniki se rejoignent au bania et se sodomisent à la queue leu leu avec leur pénis cybernétique doté de testicules qui clignotent de toutes les couleurs. Autant dire que j'ai passé un mois de décembre pas terrible à me méfier des guirlandes clignotantes et des fêtes corporatives de fin d'année.

michelidalgo

03/01/2019 à 13h22

Merci, Loscoff.
Et bon appétit, du coup.

Troglodyt

03/01/2019 à 13h51

Merci Loscoff !

C'est drôle, chez moi "Les oeufs du destin" est traduit "Les oeufs fatidiques".

Cela manque peut-être d'un petit Erofeiev. "Moscou-Pétouchki", pour ceux qui pensent qu'ils ont trop bu au réveillon et qu'ils ont pris le train beaucoup trop tôt pour rentrer chez eux le premier janvier.

Milan de solitude

03/01/2019 à 20h27

Dans "La Vie d'Arséniev", Bounine aussi professe le peu de prix qu'il donne à Dostoïevski, trop sentimental et psychologue si on me permet cet anachronisme.
Ça fait deux, avec Nabokov.
Y a-t-il une tendance des écrivains russes du XXe siècle à dépriser cet auteur ?

Loscoff-Plage

03/01/2019 à 22h57

La fin du XIXe siècle et le début du XXe sont marqués par un "schisme" dans la littérature russe. Il y a les admirateurs de Dostoïevski d'un côté, et ceux de Tolstoï de l'autre. La question est autant politique que littéraire d'ailleurs, puisque Dostoïevski est perçu comme un conservateur, tandis que Tolstoï secoue les fondements de l'église orthodoxe russe avec ses exigences morales.

Bounine et Nabokov sont des tolstoïens jusqu'au bout de la plume. Ils sont tous les deux issus de l'aristocratie (avec des fortunes bien différentes, certes) et se disputent le titre de "dernier écrivain russe". Nabokov place Tolstoï plus haut que Pouchkine, ce qui pour un écrivain russe, est le plus beau compliment que l'on puisse faire.

Le rapprochement peut paraître étonnant, mais en Russie, Dostoïevski est parfois moqué comme Zola chez nous : trop de noirceur, trop de névrosés, trop de coups de théâtre. Les critiques de Nabokov vis-à-vis de Dostoïevski rejoignent plus ou moins celles de Bounine :
- Le soi-disant génie psychologique de Dostoïevski n'est que la plate application de conceptions psychologisantes ineptes importées d'Allemagne. Il n'est pas un précurseur de Freud, il n'est qu'un propagateur des idées des précurseurs de Freud. De toute façon, pour Nabokov, Freud est un escroc.
- Par conséquent, pour Nabokov, les personnages de Dostoïevski ne sont que des types invraisemblables tirés de manuels de psychologie et n'ont aucune valeur littéraire.
- Dostoïevski ne sait pas écrire de descriptions, tout reste à l'état d'esquisse chez lui.
- Dostoïevski est un dramaturge qui s'ignore, et il a perdu son temps à écrire des romans de plusieurs centaines de pages. Il faut préciser que Nabokov (comme Bounine sans doute), ne disent à aucun moment que Dostoïevski est un écrivain médiocre. Dans ses cours sur la littérature russe, Nabokov précise qu'il considère Dostoïevski comme un "grand" et que c'est pour cette raison même qu'il est aussi exigeant envers son oeuvre.

Tolstoï aussi a été beaucoup critiqué, surtout à partir du moment où il a abandonné la littérature pour prêcher sa morale. Mais ses critiques sont moins illustres et aujourd'hui presque tout le monde a oublié l'aspect "gourou" de son oeuvre.

 

Cush

04/01/2019 à 09h06

Passionnant, merci Loskoff !