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Banderole décomposition

Ont-ils été plus bêtes que les auteurs du scandale? Médias, responsables sportifs, membres du gouvernement et élus de la République se sont pris les pieds dans la banderole. Retour sur une semaine d'hystérie.

Auteur : Pierre Martini le 7 Avr 2008

 

 

Décidément, ce début de printemps se prête aux grands élans émotionnels, de l’affaire Ouaddou à celle de la banderole en passant par la mort de Thierry Gilardi. Ce n’est pas l’effet papillon, mais on peut se demander comment on passe d’une banderole entraperçue au cours d'une retransmission de match à une "affaire d’État". Commençons par reconstituer une médiatisation qui en dit aussi long que les faits.

 

Dimanche, les médias hésitent encore sur la teneur à donner à cet événement qui n’en est pas encore un. On ne parle encore que de "banderole insultante" (JDD), "banderole honteuse" (L'Équipe) et de "banderole anti-ch'tis" (l'AFP et tous ceux qui reprennent sa dépêche). L'Équipe fait six lignes sur l'incident. Le "scandale" affiché en une et qui suscite l'édito "Trop, c'est trop" concerne... l'arbitrage de Bordeaux-Nancy. Aucune réaction d'après match n’évoque la banderole.

 

Lundi, sous l'impulsion de la conférence de presse donnée la veille par Gervais Martel et Guy Delcourt pour annoncer le dépôt d'une plainte, mais aussi des excuses d'Alain Cayzac lors de France 2 Foot et du passage de Bernard Laporte au JT de France 2, la montée en régime est sensible dans les titres de la presse. "Scandale" (L’Equipe), "Intolérable" (Métro).

 

L'Équipe barre d'un énorme "Dehors!" toute la largeur de sa une et intitule "Carrément répugnant" un article sur quatre colonnes. Surtout, le tube de la semaine s'impose déjà: "La banderole de la honte" (L'Humanité, Le Monde, Presse Océan, Sud-Ouest, Nice-Matin, France Football, etc.). Les éditorialistes de la France entière se mettent à l'ordre du jour.

 



Registre de l'humiliation

Le traitement de l'affaire se radicalise. Car la "colère" des victimes prend la relève de "l'indignation". Frédéric Thiriez a donné le ton et fait admirer son vibrato: "Nous sommes tous des Ch'tis". La banderole n'est plus seulement insultante pour les "rivaux lensois" des supporters parisiens (L'Équipe, dimanche), mais pour "toute une région sur laquelle on a craché" (Gervais Martel, lundi). Le registre de l'humiliation s'impose. Il faut surtout justifier – tout en l’entretenant – l’emballement en cours.

 

Manifestement, il faut convaincre les Nordistes qu'ils ont été outragés. Martine Aubry fustige "une banderole haineuse et violente" qui "humilie tous les habitants du Nord-Pas-de-Calais". On invente des concepts en accouplant des notions. Dans la bouche de Guy Delcourt, cela donne "racisme régional", comme s’il fallait à tout prix accorder à la banderole un label d’ignominie indépassable.

 

"Face à la peine des Ch'tis, le PSG avoue sa 'honte'" (Le Parisien). "On a insulté un peuple, on a insulté une région", renchérit Jean-Pierre Papin. Gervais Martel en a "gros sur le cœur" et parle de "viol". Guy Delcourt, maire de Lens, se dit "humilié". Il demande qu'une minute de silence soit observée à l'Assemblée nationale "à la mémoire des mineurs qui sont morts pour la France et de ceux qui sont encore en train de mourir". "Derrière le Racing Club de Lens, c'est le contrat social qui était visé; derrière les Sang et Or, c'était le bleu-blanc-rouge", clame Christophe Barbier dans L'Express (1).

 

Curieusement, on continue à nier l’humanité des auteurs de la banderole, à la façon de l’éditorialiste du Quotidien du Médecin (!) qui les diagnostique comme des "débiles mentaux" ou de son homologue de L’Indépendant du Midi qui voit en eux des "barbares".

 

On recourt à des métaphores qui expriment la dégradation et la maladie – "Paris et sa gangrène" (L'Équipe), "La gangrène du ballon rond" (La Dépêche du Midi), "la gangrène poursuivra son oeuvre sinistre" (Républicain Lorrain) – et à… des insultes ("Bienvenue chez les cons", Libération).

 

Dany Boon est appelé comme grand témoin de l'affaire et parle de "monstruosité" et de "connerie faite humaine, même pas, d'ailleurs, faite inhumaine" (Aujourd'hui en France).

 

On n'hésite pas devant les comparaisons: le président du Conseil régional du Nord-Pas-de-Calais, Daniel Percheron, parle de "nazillons". En une du Monde, Plantu dessine une croix gammée sous la banderole. Le MRAP évoque un "message xénophobe", cédant ainsi le Nord-Pas-de-Calais à Belgique. Mercredi, Bernard Laporte fixe la barre un peu plus haut: "Samedi, nous avons atteint le paroxysme de l'idiotie et de la bêtise humaines". Il confiera aussi son souhait "d’éradiquer ces gens-là" des stades.


Commerce des indignations

Plutôt attentiste au départ, l'État fait sonner le clairon à son tour. Après avoir constaté que l'histoire flatteuse de la banderole retirée sur son intervention avait bien circulé, Nicolas Sarkozy se positionne dans un communiqué, lundi midi, avant de recevoir Martel, Delcourt et Papin à l’Élysée le lendemain.

 

Bernard Accoyer président UMP de l'Assemblée nationale, demande "la plus extrême vigueur", le Nouveau Centre (le parti de Bernard Mendy) "la plus grande détermination" et Bernard Laporte leur fait écho avec "la plus grande fermeté".

 

Vient le tour de François Fillon: "C'est du dégoût, c'est de la colère et puis c'est surtout une détermination absolue à ce que ces comportements soient très très durement sanctionnés", déclare sur France Inter le premier Ministre, dans une langue proche du français. Michèle Alliot-Marie n'est pas en reste et confie sur LCI son vœu d'une interdiction des groupes de supporters impliqués.

 

L'affaire est un terreau fertile et le dépôt de gerbe y devient obligatoire. On assiste à un défilé d'élus: à gauche, Bertrand Delanoë, Martine Aubry, Christophe Caresche, Jean-Christophe Cambadélis (PS) ou Michelle Demessine (PC) alignent les déclarations. Jean-Paul Delevoye (UMP), maire de Bapaume et médiateur de la République, affirme qu'il faut faire rejouer le match.

 

Les associations elles-mêmes (SOS Racisme, LICRA, MRAP, AC!) se montrent sous leur jour de petits commerçants des indignations qui ne manquent pas l'occasion d'obtenir une belle visibilité. Le PSG est un bon client avec ses lourds antécédents et son caractère "anti-exemplaire", et l'on ne s'avise pas que le club n'a pas le monopole des dérives.

 

Un éditorial, véritable concentré des ingrédients agités par les uns et les autres, résume cette folle semaine: celui de Christophe Barbier dans L'Express, déjà cité (1), qui compile des termes comme "hooligan alcoolisé", "bête sauvage", "spectres du nazisme", "fauves en tribunes", "arène de barbarie", "infection profonde" et autre "fièvre nauséeuse".


Flux et reflux

Pour le gouvernement, le filon est bon et l'occasion est belle de rejouer le numéro de la "fermeté", à l'affiche depuis six ans sur les marches de la place Beauvau ou de l’Élysée. Depuis que les gouvernements Raffarin, Villepin et Fillon ont fait du hooliganisme un de leurs leviers de communication majeurs, les ministres (de l’Intérieur et des Sports) successifs ont – à peu près annuellement, au rythme des incidents majeurs – annoncé le durcissement des mêmes mesures. Sans efficacité, mais sans qu'on leur fasse jamais remarquer cette inefficacité (lire "Sarkozy bloqué au même stade").

 

Mais le volontarisme répressif fonctionne encore : sur la foi de Bernard Laporte qui déclare que Nicolas Sarkozy a "promis de prendre des mesures concrètes", une large partie de la presse croit à la détermination de l’État. "Des sanctions exemplaires vont être prises" (Nice Matin), "Nicolas Sarkozy décidé à durcir les lois" (La Voix du Nord), "Fermeté du gouvernement" (L’Alsace), "Sarkozy veut taper fort" (Le Courrier picard), "Nicolas Sarkozy promet de frapper fort" (L'Équipe), etc.

 

Après avoir récemment prôné l'allongement des interdictions de stade de trois à six mois, le secrétaire d'État s’emporte un peu et les souhaite définitives, avant de préconiser une durée d’un an. Dans l’affaire Ouaddou, de nombreux spécialistes avaient insisté sur l’inutilité d’un durcissement de la législation, et sur la nécessité de mieux appliquer les dispositifs existants.

 

Les moyens d'enquête sont massifs. Le préfet déclare la procédure d'urgence et la police scientifique vient à la rescousse de la vidéosurveillance en organisant des prélèvements d'ADN sur les morceaux de banderole. Paradoxalement, les spécialistes cités dans la presse estiment que les auteurs sont probablement déjà connus de tous: policiers, associations de supporters et dirigeants.

 

La fin de la semaine marque toutefois un reflux, amorcé par la prise de conscience que l’affaire est devenue "affaire d’État". Les critiques sur l’hypocrisie des instances sportives et l’inefficacité des pouvoirs publics sont plus nombreuses. Libération prend subitement conscience de "l’emballement politique", L’Équipe que la banderole du scandale a de nombreux précédents.

 

L’édito du quotidien sportif prend même des risques inconsidérés: "Il nous semble, cependant, que des faits et des agissements de supporters dans le déplorable même esprit ne soient pas vraiment nouveaux". France Football effectue un inventaire des calicots analogues à celui du Stade de France.

 

On lit aussi dans Libération une tribune iconoclaste de Francis Terquem, cofondateur de SOS Racisme et ancien avocat du MRAP, qui défend le "droit au mauvais goût". Un article de Nicolas Hourcade sur sofoot.com tente une remise en perspective ("De l'outrance dans les banderoles"). Rue89 met en ligne une tribune intitulée "Pourquoi je me fiche complètement de cette banderole".


Presse à scandales

Après une semaine d'actualité trépidante, on a le sentiment que le bruit de ce scandale est disproportionné et que le sens qu'on a voulu lui donner est déformé. En s’abandonnant à un traitement émotionnel, les médias exhibent une étonnante incapacité à mesurer les phénomènes et leur gravité, à les placer dans leur contexte et à les mettre en perspective, à les étalonner, à en cerner les caractéristiques particulières.

 

En pilotage automatique, collectant les déclarations et relayant la communication officielle, ils produisent un traitement uniforme, s’imitent les uns les autres, haussent la voix parce leurs pairs haussent la leur (à la manière d'automobilistes klaxonnant dans un embouteillage parce que l'un d'eux a commencé)... Sous l'effet de l'hystérie collective, toute la presse devient "presse à scandale".

 

Le tout sans présenter une ébauche d’analyse. Ce travail est d’ailleurs confondu avec l’étalement des stéréotypes et des présupposés en vigueur sur la question, ou délégué marginalement à des sociologues (Hourcade, Bodin) dont les propos pondérateurs ne seront pas intégrés dans le débat. Frappés d'amnésie ou pris de court au point de ne pas avoir le temps de relire leurs propres articles, les journalistes peinent tout autant à relier l'événement à ses précédents, se laissant ainsi tirer par les grosses ficelles de son instrumentalisation politique.

 

Pire, des incidents survenus au cours de la même soirée ont été passés sous silence, alors qu'ils relèvent de faits plus graves plus graves: charges de CRS provoquant des mouvements de foule dangereux aux guichets du stade, et surtout agressions racistes sur la ligne de RER, notamment à la station Saint-Michel.

 

Peut-on espérer d’un tel épisode une prise de conscience? Peut-être: on avancera l’hypothèse que, comme dans l’affaire Ouaddou, l’événement contribuera à abaisser les seuils de tolérance, à la fois des spectateurs et des instances chargées de les sanctionner. Mais il est difficile de croire qu'une amélioration peut vraiment ressortir d'un pareil moment où l'hypocrisie le dispute aux simplifications, et où le chœur des indignés recouvre tous les autres discours.

 

L’indignation – expression d’un pathos entraînant sa propre surenchère –, loin d’être un sursaut salutaire et la preuve de la préoccupation de ceux qui l’expriment, est devenue une manière de brider l’intelligence collective et réduire la conscience à la bonne conscience. Les incidents comme celui de samedi deviennent surtout des occasions d’occuper l’espace médiatique en profitant de la sensibilité de "l’opinion".



(1) Un grand coup de tromblon dans le concert des belles âmes, comme en témoigne cet extrait: "Saisissant les maux et les drames du Nord pour en faire des clichés vicieux, les supporters parisiens ont insulté des valeurs que 15 millions de Français ont applaudies dans les salles de cinéma: la solidarité, la fraternité, l'authenticité. Bienvenue chez les Ch'tis, c'est une leçon, sans prétention, à l'usage des citoyens qui veulent vivre ensemble. Or le propos des hooligans est bien de briser le vivre-ensemble pour installer un affrontement, à force d'injures et de coups, entre eux et les autres, quels qu'ils soient. Derrière le Racing Club de Lens, c'est le contrat social qui était visé; derrière les Sang et Or, c'était le bleu-blanc-rouge" (L'Express, 3 avril).

 

Réactions

  • Loul le 07/04/2008 à 05h46
    J'ai retenu mon souffle jusqu'au bout de l'article pour voir s'il serait fait ou non mention des violences en marge de la rencontre ou non… heureusement oui.

    Le récapitulatif est bon, j'aurais apprécié cependant un avis critique sur les différents papiers qui ont tenté de mettre en perspective l'emballement puisque l'on va de l'excellent (Nicolas Hourcade sur lien ) au carrément très mauvais et mal renseigné (l'article de rue89).

    Le seul autre point qu'il conviendrait amha d'ajouter serait d'établir un parallèle explicite entre la violence supposée de la banderole et celle des journalistes au sujet non seulement des auteurs de la banderole et également bien trop souvent généralisant à l'ensemble des supporters parisiens.

    Cette stigmatisation délirante mériterait un travail psychanalytique approfondi et l'on est saisi de vertige quand on pense que ce qui a pu donner l'idée du qualificatif de pédophile aux tristes auteurs de la banderole est le produit passé d'un emballement précédent aussi délirant mais bien plus tragique concernant la désormais célèbre affaire d'Outreau.

    Le cas médiatique de toute cette affaire est symptomatique de l'état navrant de notre presse et constituerait à mon sens un beau cas d'école pour en faire le procès.
    Comme évoqué dans l'article, le fonctionnement en circuit fermé de la presse crée des bulles médiatiques et pèse sur le choix des sujets (on rapporte ce qui est déjà traité par les collègues).
    Le choix de la hiérarchisation de l'information pose problème (au delà de comparaison avec le reste de l'actualité, on se demandera si 1 000 insultes ont jamais pu matraquer gratuitement le moindre spectateur).
    L'inculture et l'absence de la moindre investigation des journalistes qui traiteront les premiers jours le sujet est patent. On mélange allégrement les termes (hooligans, supporters, ultras, etc.), il n'y aucune contextualisation de l'événement (rappel des banderoles passées, de la fréquence des insultes dans les stades), on s'emballe…
    La paresse intellectuelle a gangrené la profession au point que l'on ne cherche même pas à comprendre la logique des acteurs (parfois complexe), on se contente de rejeter tout en bloc en considérant avec dédain ces masses perçues comme totalement imbéciles et peu fréquentables.
    A la typologie éclairante dressée par les sociologues, répond une généralisation considérant trop souvent les supporters en une entité homogène, informe et inquiétante.

    Et cela est facilité par les traitements passés des mêmes affaires et particulièrement des supporters du Paris Saint-Germain déjà pointés du doigt.
    Une fois ce pli pris, il n'est plus question que d'enfoncer le clou dans le sens attendu, adieu réflexion critique, adieu travail journalistique : vive le "prêt à rédiger" pour du "prêt à lire".
    Les critiques de Noam Chomsky sur le matraquage d'analyses biaisées, univoques, aux présupposés jamais interrogés, pratiquées dans les médias semblent s'appliquer à merveille au cas présent.
    Le public qui ne va jamais dans les stades n'entend parler des supporters du PSG (et généralement des supporters) qu'au travers d'une presse en parlant toujours dans les mêmes conditions dramatiques, la plupart du temps fort mal, sans nuance, ni distance, faute de connaissance du sujet.
    Dès lors, il est normal que l'exaspération complète gagne nos concitoyens et engendre une demande de mesures radicales et un peu aveugles saisie et entretenue démagogiquement par le politique.

    Un cas d'école, vraiment.

  • gimlifilsdegloin le 07/04/2008 à 07h28
    "le Nouveau Centre (le parti de Bernard Mendy)"

    Un peu de franche rigolade avant de commencer la semaine et au milieu de tout ça, merci !

  • la touguesh le 07/04/2008 à 09h39
    Excellent article !!

    Toutes ces gesticulations médiatico-politiques dés que le racisme/la violence/les insultes (rayer les mentions qui n'ont pas fait la une des journaux derniérement) apparaissent plus visiblement que d'habitude (affaire Ouaddou, banderole, bastons, arrêts de match ...) sont fatiguantes. Et malheureusement, se ressemblent toutes, et, comme souligné par l'article, reviennent cycliquement au grés des événements ....

    Toutes ces dérives autour du football existent, et tout le monde semble tomber des nues à chaque fois qu'elles se mettent (ou qu'on les met) en avant !

    Merci a vous les cdfs d'être les seuls à souligner l'ineptie de ces emballements médiatiques réguliers (cet article) et l'absence de solutions concrétes (article "et aprés", tout aussi excellent) ....

  • liquido le 07/04/2008 à 09h48
    Voix discordante dans le concert d'indignation: le Canard Enchainé, qui, mercredi, compile les déclarations jamais suivies d'effets de NS depuis plusieurs années.

    Sinon: "La fin de la semaine marque toutefois un reflux, amorcé par la prise de conscience que l’affaire est devenue "affaire d’État"".

    Je me demande si ce n'est pas ce retournement (relatif) de la presse que j'exècre le plus dans l'affaire: cette capacité a perpétuellement retomber sur ses pattes pour pouvoir dire, finalement, qu'elle a apporté un éclairage pondéré sur l'évènement alors même qu'elle s'est vautrée dans le sensationnalisme juste avant (axiome du du "RER D"). Elle aura beau jeu ensuite de railler les déclarations excessives des politiques qui passeront pour des cons le moment venu (ce qui ne les exonère évidemment pas de leur connerie objective). La presse, elle, a toujours raison. C'est dans ces moments que je chéris les Cahiers du foot, vous imaginez même pas a quel point.

  • liquido le 07/04/2008 à 09h49
    *axiome DIT du "RER D"*

  • taniwha le 07/04/2008 à 09h58
    Etrange comme les meilleurs articles lus sur cette affaire proviennent de trois sites de foot alternatifs, car on peut y ajouter la très bonne lecture de lien avec lien

    Et pendant ce temps là, tout va très bien madame la marquise...

  • forezjohn le 07/04/2008 à 10h48
    Excellent article.
    Bravo!

  • funkoverload le 07/04/2008 à 11h46
    Ouaip.
    A vrai dire le problème est assez complexe. Le mauvais goût, la provocation, je ne puis qu'être pour (la meilleure vignette de ces derniers jours est assurément celle de cayzac - eh les gars...).
    Il est d'autre part difficile de se retrancher derrière le confortable "on peut rire de tout mais pas avec n'importe qui". Il n'est pas évident que les ressorts d'une vanne de mauvais goût soient si différents selon qu'elle émane d'un fascisant de la tribune Boulogne ou d'un lecteur des CDF.
    Le droit à la provoc n'est réservé à personne.
    Evidemment, encore faut-il revendiquer un soupçon d'humour. La réponse dans notre cas vient peut-être du fait que curieusement les auteurs de la banderole ne semblent pas adopter une ligne de défense basée sur ce droit à l'humour, fut-il ou futile, de mauvais goût...
    Quoiqu'il en soit, humour ou pas, la provocation est une chose assez dangereuse dans un stade de foot. Il est assez étonnant qu'il n'y ait pas eu d'incidents graves à la sortie du stade (si l'on considère que l'hypothèse selon laquelle les lensois n'ont pas compris le sens de la banderole est fantaisiste).

  • mollows le 07/04/2008 à 15h16
    extrait de l'article :
    § "Le choix des mots
    Curieusement, on continue à nier l’humanité des auteurs de la banderole, à la façon de l’éditorialiste du Quotidien du Médecin (!) qui les diagnostique comme des "débiles mentaux" ou de son homologue de L’Indépendant du Midi qui voit en eux des "barbares". On recourt à des métaphores qui expriment la dégradation et la maladie – "Paris et sa gangrène" (L'Équipe), "La gangrène du ballon rond" (La Dépêche du Midi), "la gangrène poursuivra son oeuvre sinistre" (Républicain Lorrain) – et à… des insultes ("Bienvenue chez les cons", Libération). Dany Boon est appelé comme grand témoin de l'affaire et parle de "monstruosité" et de "connerie faite humaine, même pas, d'ailleurs, faite inhumaine" (Aujourd'hui en France)."

    => qualifier de "débiles mentaux" des personnes, c'est utiliser une tournure qui n'a plus vraiment cours dans le champs du handicap où l'on évoque plus souvent la déficience intellectuelle. Mais on est plus sur le registre d'une stigmatisation de la dégradation et de la maladie que celui de la négation de l'humanité Booniène, tant que l'on cause "choix des mots" ;-)

    => Sinon, le libé labo pointant l'emballement est apparu plus tôt que ne le laisse penser l'article : le lundi ou le mardi qui a suivi la finale...
    Et le meilleur retourné concernant la banderole consistait dans le rappel des zamabilité derbynordiques échangées entre les clubs de Lille et de Lens.

  • Schizo retourné le 07/04/2008 à 17h39
    gimlifilsdegloin
    lundi 7 avril 2008 - 07h28
    "le Nouveau Centre (le parti de Bernard Mendy)"

    Un peu de franche rigolade avant de commencer la semaine et au milieu de tout ça, merci !

    ---

    Fier je suis de retrouver un Bernard Mendy facts de ma composition détourné par la rédac. Merci!

    Et merci pour cet article qui permet de remettre en perspective toute cette histoire!

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