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Don't die for me, Argentina

Tribune des lecteurs Les Argentins ne parviennent pas toujours à canaliser leur passion. En soixante ans, 171 personnes sont mortes en allant voir un match, et le championnat a encore été suspendu en septembre...

Auteur : Bixente Tiramisu le 23 Oct 2003

 

 

Après plus de deux semaines de suspension imposée par la justice et la Fédération (AFA), le championnat d’Argentine a repris à la fin du mois de septembre. Le tournoi d’Ouverture (la saison nationale est découpée en deux championnats d’égale longueur: les tournois d’Ouverture (Apertura) et de Fermeture (Clausura), qui attribuent chacun un titre) ainsi que toutes les compétitions nationales avaient en effet été interrompus le 9 septembre par l’AFA. Une décision suivant celle du juge d’instruction Mariano Berges, qui enquête sur les incidents survenus à Buenos Aires le 31 août lors de Boca Juniors-Chacarita. Ce jour-là, à la Bombonera, le stade de Boca où Maradona, Veron, Batigol et Riquelme ont brillé, 71 personnes avaient été blessées. Le juge Berges avait ensuite interdit le 8 septembre la présence des policiers dans les stades de Buenos Aires, empêchant ipso facto le déroulement des rencontres. Il suspecte en effet d’éventuelles négligences de la police face à certains supporters violents, les trop célèbres barrabravas, ces bandes très organisées de hooligans argentins (voir Les hooligans subventionnés du foot argentin).


Depuis 1939, 171 personnes ont trouvé la mort en allant voir un match en Argentine. Le 31 août, la rencontre Boca-Chacarita fut interrompue en cours de seconde période, alors que les ultras des deux clubs étaient en train de s’affronter dans les tribunes. Un énième incident, presque banal au regard de la violence presque quotidienne du football argentin. Mais celui de trop pour Berges, qui prit donc une mesure spectaculaire et reçut le soutien de Julio Grondona, le président de l’AFA, qui décida de suspendre les compétitions. Et pendant deux semaines, toute l’Argentine, toujours affectée par une grave crise économique, était privée de l’un de ses rares plaisirs, de sa passion première: le football.


Cinq responsables de la police de Buenos Aires ont été mis en examen par le juge Berges qui a cependant autorisé le retour des forces de l’ordre dans les stades, permettant à l’AFA de donner son feu vert à la reprise des matches fin septembre. Mais les problèmes de hooliganisme n’ont évidemment pas disparu. Dimanche 12 octobre, à Santa Fé, le match Colon-River Plate (1-2) a dû être interrompu une vingtaine de minutes après l’irruption sur le terrain d’une trentaine de supporters de Colon, protestant contre l’expulsion de "leur" gardien de but à cinq minutes du coup de sifflet final théorique. Raisonnés par plusieurs joueurs de Colon, les énervés ont finalement repris place en tribune.


"Le paysage actuel des compétitions de football est extrêmement dangereux
, a expliqué le juge Berges. Une nouvelle suspension est très possible. Les dirigeants rejettent leurs responsabilités sur la police, et vice versa. La Fédération se dit abandonnée par le gouvernement, les clubs disent ne pas connaître les fauteurs de trouble alors que n’importe quel supporter les connaît parfaitement…" Le gouvernement et l’AFA semblent pourtant enfin décidés à lutter réellement contre ce fléau, en prenant des mesures radicales. Alors qu’une nouvelle loi contre la violence dans le football est actuellement étudiée par les députés, le ministère de la Justice a créé une "force spéciale de sécurité" qui a déjà commencé à visiter les principaux stades de Buenos Aires pour en évaluer les systèmes de sécurité (vidéo notamment). L’AFA va modifier l’article 80 de son règlement en augmentant le barème des amendes financières prévues contre les clubs. Surtout, la Fédération va enlever plus de points aux équipes dont les supporters provoquent des débordements. Le retrait minimal passera de trois à neuf points, ce qui mécontente les joueurs.


Les réunions entre dirigeants et le syndicat des joueurs se sont multipliées, le dialogue est engagé, mais l’AFA ne veut pas revenir sur sa décision. Mais des points en moins stopperont-ils vraiment la violence des barrabravas? "Il faut les affronter, reconnaît Grondona, indéboulonnable président de l’AFA depuis 1979, archétype du dirigeant sud-américain. Pour qui se prennent-ils? Les patrons du pays? En tant que dirigeant, ce sera mon dernier défi". Sans doute le plus difficile à relever.


Sources des citations : Clarin et La Nacion.

 

Réactions

  • harvest le 23/10/2003 à 11h05
    hé ben dis donc !
    Il serait sans doute intéressant de connaitre les stats des décés dans les stades d'autres pays comme la Colombie , l'Angleterre ou la Turquie pour ne citer que les plus fréquemment épinglés.

  • Arsenio Iglesias le 23/10/2003 à 11h59
    Si mes ouvenirs sont bons, en Colombie ils sont aussi assez énervés puisqu'ils avaient flingué un de leurs joueurs (Andres Escobar) responsable selon eux, a cause d'un but csc face aux Etats Unis, de leur élimination de la WC 94 où ils avaient placé beaucoup d'espoirs après un brillante campagne de qualifiaction (premiers devant le Brésil et l'Argentine)...

  • Gilliatt le malin le 23/10/2003 à 12h07
    Ce n'était pas une histoire d'un mafieux local qui avait flingué le joueur, pour la simple raison que suite à ce but csc, le mafieux avait perdu pas mal de fric dans un pari concernant ledit match.

    Bon, ça fait très cliché, tout ça...mais a-t-on idée de s'appeler Escobar aussi?

  • Gilliatt le malin le 23/10/2003 à 12h08
    Ce n'était pas une histoire d'un mafieux local qui avait flingué le joueur, pour la simple raison que suite à ce but csc, le mafieux avait perdu pas mal de fric dans un pari concernant ledit match??

    Bon, ça fait très cliché, tout ça...mais a-t-on idée de s'appeler Escobar aussi?

  • osvaldopiazzolla le 23/10/2003 à 12h46
    Le meurtre d'Escobar est plutôt caractéristique de la violence de la rue en Colombie, plutôt que de celle du stade, non ?

  • osvaldopiazzolla le 23/10/2003 à 12h51
    En tous cas, la Bonbonera, c'est vraiment le stade qui m'a le plus marqué, au point de vue barra brava : à la mi temps tout le monde va pisser dans la cage d'escalier de la tribune ce qui fait qu'un flot de pisse dévale littéralement les marches : si t'es en train de monter à ce moment là : accroche toi !

    Osvaldokienprofitepourdonnersontémoignagepersonnel...




    Sinon, je peux faire mon Agora ? un seul c à la Nacion...

  • denisjoe le 23/10/2003 à 13h59
    "Et pendant deux semaines, toute l’Argentine, toujours affectée par une grave crise économique, était privée de l’un de ses rares plaisirs, de sa passion première: le football. "

    certes, la passion pour le football en argentine atteint des sommets que l'on peut difficilement imaginer en France. n'empêche qu'à mon sens, la première passion des argentins depuis quelque temps, c'est avant tout de survivre le plus décemment possible non ?
    en fait, il faudrait peut-être en savoir plus sur qui sont les barra bravas, d'un point de vue sociologique : on sait qu'en Europe, les hools ne sont pas des lupen prolétaires, mais souvent de membres de classes moyennes et moyennes sup' ( bien que le phénomène à sa naissance était plutôt le fait des lads un peu paumés de l'angleterre tatcherienne). est-ce le cas en Argentine ? ca doit dépendre aussi des clubs : les bourgeois de River Plate ont-ils leurs barrabravas ?
    enfin, tout ca c'est des questions que je me pose, je connais pas suffisament bien la situation argentine...

  • osvaldopiazzolla le 23/10/2003 à 16h00
    C'est un peu de la sociologie de comptoir, ce que je vais dire, mais je pense qu'en argentine la classe "moyenne à moyenne sup" existe pas de toutes façons, ou alors elle est très limitée numériquement, donc elle ne peut pas fournir le gros des barras bravas, y compris chez les milionarios de river plate. A mon avis, l'étiquette de club bourgeois elle est plus due à l'historique de sa fondation qu'à la réalité sociologique de ses supporters (actuels).

  • Le Plan le 23/10/2003 à 20h45
    Il est vraiment bien l'article !

    Juste un truc, c'est que les incidents entre Chacarita et Boca concernent a mon avis surtout les supporters de Chacarita qui ont vide la tribune sur leurs voisins du dessous.

    A propos de l'incident Colombien je suis un peu plus partage que toi Osvaldo. L'influence des cartels sur le football est reelle, et le football colombien s'est affirme en meme temps que le trafic de drogue a pris le controle de leur pays. "a la grande epoque" le stress sur les equipes visiteuses devait etre enorme je pense. T'imagine jouer a Medelin en match retour de libertadores dans les annees 80 ?

  • TheFlyingMoustache le 24/10/2003 à 18h54
    Que faut-il comprendre à
    "Grondona, indéboulonnable président de l’AFA depuis 1979, archétype du dirigeant sud-américain"

    Y-aurait-il là un sous entendu ? Si oui, quelque chose me dit que le sous-entendu en question porte davantage sur les pratiques que sur le look Jacques Vabre (basané, moustache, costard blanc et cigarillo au coin du bec...) Mais pour les incultes comme moi, ce serait bien d'en dire un peu plus.