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Emmanuel Macron, le disparu du Stade de France

Le président de la République avait œuvré pour que la finale ait lieu à Saint-Denis. Depuis samedi, il est seulement passé du silence à l'inaction. 

Auteur : Kevin Quigagne le 2 Juin 2022

 

Le 25 février dernier, à la suite de l'invasion de l'Ukraine, l'UEFA annonce que la finale de C1 sera délocalisée de Saint-Pétersbourg à Paris. Emmanuel Macron, cherchant à se poser en médiateur de paix dans le conflit, a fortement œuvré dans ce sens.

"L'UEFA tient à exprimer ses remerciements et sa gratitude au président de la République française, Emmanuel Macron, pour son soutien personnel et son engagement à faire jouer en France le match le plus prestigieux du football interclubs européen à un moment de crise sans précédent", indique le communiqué de l'instance européenne.

Par ce geste fort et hautement symbolique, Macron affiche clairement sa position : il fait de cette finale une affaire personnelle. On est donc en droit de penser qu'il surveillera de très près le dossier, un marquage à la culotte en quelque sorte.

Or le sentiment dominant depuis dimanche est celui d'une vacance du pouvoir. Plus que les déclarations outrageuses du ministre de l'intérieur, et les manœuvres de diversion ou d'invisibilité à la Gérard Majax tentées par les autres responsables (tout en envoyant au front des lampistes), le silence assourdissant de l'habituellement volubile président est révélateur d'un profond malaise.

Si jouer la montre s'avère souvent payant en football, il n'en est pas toujours de même en matière de crise politique.

 

Emmanuel Macron au Stade de France, mai 2017 (photo elysee.fr)

 

Vitesse ou précipitation

La violence du tweet de Gérald Darmanin, samedi soir dernier, suivi par son allocution lundi matin, évoquent l'un de ces contres désespérés lancés par les adeptes du kick and rush. Une tentative pavlovienne de "route one football" tout-droitiste vouée à l'échec.

Certes, on ne s'attendait pas à du Barça de sa part, mais l'heure est mal choisie pour faire du Stoke City rentre-dedans. Le numéro quatre de l'État déclare bille en tête que "30.000 à 40.000 supporters anglais se sont retrouvés au Stade de France sans billet ou avec des billets falsifiés", chiffre confirmé, précise-t-il, "par l'UEFA, par le Stade de France, par la Fédération française de football et évidemment par la Préfecture de police."

Malgré le recul, Gérald Darmanin se rue sur cette version improbablement sourcée et ne lâchera plus le morceau. L'accumulation de faits et témoignages irréfutables va vite se charger d'établir la fausseté de ses affirmations, mais rien n'y fait, il n'en démord pas.

Or il aurait été non seulement prudent, mais également aisé de calmer le jeu d'emblée en formulant des excuses, au moins "à titre conservatoire", tout en promettant de faire toute la lumière sur les incidents survenus.

Surtout que cette diglossie est intenable, la novlangue politique venant se fracasser sur le langage de vérité (étayé par de nombreuses images) : personne ne croit à la version darmanienne, et surtout pas à ces "milliers de supporters britanniques, sans billet ou avec des faux billets qui ont forcé les entrées et parfois violenté les stadiers".

Cet aspect, ainsi que l'incurie de l'organisation, qui présente d'inquiétantes similitudes avec la tragédie de Hillsborough, ont été largement disséqués dans la presse (voir ici ou ). Le propos n'est donc pas ici de refaire le match.

En tant qu'observateur de la société et du football britanniques depuis quarante ans, je soulignerais simplement ce point essentiel : faire porter le chapeau aux supporters anglais, qui plus est liverpudliens, aussi tentant soit-il pour Darmanin, est un jeu dangereux. Et l'on sait combien les situations dangereuses peuvent facilement déboucher sur un "autogoal".

Rétropédalage et "excuses"

Depuis samedi dernier, les médias et supporters anglais ne décolèrent plus. La communication désastreuse de Darmanin a touché un point extrêmement sensible qui n'a fait que raviver les douloureuses plaies de Hillsborough, dont la conclusion judiciaire ne s'est achevée qu'en mai 2021.

Des meurtrissures humaines (97 morts, 766 blessés) mais également politico-judiciaires, tant les politiciens et institutions ont gravement failli à leurs devoirs pendant plus de trois décennies. Tom Werner, le président du LFC, demande aujourd'hui des comptes à la France et exige des excuses.

La performance minimaliste que Darmanin, dont le logiciel "football anglais" est resté bloqué aux années 1980, a livrée mercredi au Sénat (analysée ici), est symptomatique du déni gouvernemental face à la fois aux réalités liées à Hillsborough et aux incidents dionysiens.

Le tempo de l'actualité donne l'impression que les choses se tassent, mais la passivité de la France alourdit sans cesse la note. Les médias internationaux rapportent quotidiennement des faits graves et l'extrême droite s'engouffre dans ce boulevard pour contre-attaquer agressivement.

Emmanuel Macron, que l'on dit particulièrement soucieux de l'image de la France à l'étranger (Libération rapporte par exemple sa réaction aux "émeutes Nutella" de janvier 2018), et qui a en tête la difficile campagne des législatives, doit dès maintenant tirer les enseignements qui s'imposent.

Réclamer "toute la transparence", saluer la possible création d'une commission d'enquête parlementaire ou "passer des soufflantes" serait illusoire tellement ces automatismes font partie intégrante de la chorégraphie classique du jeu politique, tout en fausse verticalité et attentisme.

L'urgence est ailleurs : à l'action, intelligente et résolue. Le mal est fait et il faudra vivre avec les conséquences. Toutefois, une sortie relativement digne, passant forcément par des changements majeurs dans l'effectif et une amorce de réflexion sur le supportérisme, est encore à la portée du numéro 1 français.

* * *

NDLR : le match semble déjà perdu puisque le président, en déplacement à Marseille, a "redit sa confiance" au ministre de l'Intérieur et au préfet de police de Paris, invitant seulement à "tirer les conséquences du match".

 

Réactions

  • Manx Martin le 04/06/2022 à 14h36
    Le problème c'est que si on se met à écouter la PP, tout est "n'importe quoi" et toute réunion de plus de 100 personnes sur la voie publique est susceptible d'être dispersée à coups de lacrymos afin que force reste à la loi.

    Cette petite vidéo sur ce qu'on pouvait faire il y a 25 ans, comparé à maintenant où tout nous fait peur :

    lien