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La genèse de la Premier League

Teenage Kicks - Il y a vingt ans en 1992, la Premier League était créée, après douze années d\'un combat sans merci, sur fond de déliquescence puis de résurrection du football anglais.

Auteur : Kevin Quigagne le 13 Fev 2012

 

"Le passé est un pays étranger", écrivait le romancier anglais L.P. Hartley. Une formule qui correspond à merveille à la physionomie préhistorique de l'ère avant Premier League. Pour certains, la saison 1992-93 marque l'année zéro du football anglais. Non pas sa renaissance, mais sa naissance tout court, tant le passé fut douloureux. Afin d'exterminer ses démons et reléguer les deux décennies précédentes aux oubliettes de l'histoire, le football anglais ne trouva qu'une seule solution pour se réinventer: tout raser et repartir de zéro.

 

PREMIÈRE PARTIE : DES SEVENTIES À L'ÉTÉ 1984

 

Les années 70 : les prémices de la colère

Les premiers signes tangibles de la mauvaise santé du football anglais apparaissent au début des années 1970. Le hooliganisme régulier et structuré (émergence des Firms ou Crews) s'est développé quelques années auparavant. Il devient une plaie qui plombe les affluences et tue net l'euphorie engendrée par l'ère triomphale des Swinging Sixties - Mondial 1966 et succès européen des clubs - qui avait, entre autres bénéfices, drainé un public nouveau vers le football. Les clubs, financés principalement par la billetterie, tentent (certains, timidement) de combattre ce fléau, mais leurs moyens et influences sont limités. Il faut dire que les deux instances de l'époque ne sont guère pro-actives et, de surcroît, elles tiennent ces mêmes clubs d'une main de fer.

 

 

Le football anglais est alors dirigé par les vénérables Football Association (FA, fédération, créée en 1863 dans un pub londonien) et Football League (FL), fondée en 1888. La FL rassemble les 92 clubs des quatre divisions professionnelles. Elle compte à sa tête des dirigeants notoirement rétrogrades, tel Alan Hardaker, Sécrétaire à poigne de la FL depuis 1957 (surnommé The dictator) et réfractaire à toute forme de modernité. Cet ancien officier de la Royal Navy avait notamment créé la Coupe de la Ligue en 1960 (ce qui déplut fortement à la FA) et farouchement combattu la participation des clubs anglais aux coupes européennes ("Trop de basanés et de foutus ritals" avait-il confié à Brian Glanville dans le Times). Hardaker n'était pas qu'un irrécupérable xénophobe: en rejetant l'ouverture continentale, il tenait surtout à affirmer la suprématie du championnat national et renforcer son contrôle sur les clubs, sans risquer une quelconque interférence extérieure.

 

La FA est une institution tout aussi ultra-conservatrice et dont l'influence, depuis l'après-guerre, n'a cessé de diminuer au profit de la FL. Elle compte dans ses rangs nombre de féroces défenseurs du foot quasi amateur qui n'ont jamais digéré ni l'abolition du salaire maximum en 1961 ni la libéralisation des règles de transferts en 1963 et la fin du système "retain and transfer" en vigueur depuis 1893 (affaire George Eastham, le "Bosman" des années 60). Ces deux monolithes règnent sans partage sur le football anglais depuis toujours et les clubs les craignent.

 

Toutefois, si la FA et la FL accordent fébrilement leurs violons en public, en coulisses leurs relations sont tendues. On est encore loin de l'ère du player power mais les prémices du club power se dessinent. À l'origine de ces nouvelles tensions : l'argent.

 

Lire la suite de l'aventure sur

 

Réactions

  • José-Mickaël le 13/02/2012 à 02h27
    Ah, ces Anglais toujours attachés à leurs traditions... Très intéressant article, vivement la suite !

    Quand il y est question des 92 clubs pros, ça me donne l'impression d'une ligue fermée où les 92 sont toujours les mêmes. Est-ce que c'est réellement le cas, ou bien est-ce qu'en réalité il y a un renouvellement du fait de promotions/relégations en 4è division ?

  • magnus le 13/02/2012 à 09h42
    Très bon article, vivement le(s) suivant(s).

    J'ignorais l'anecdote du président xénophobe de la FA, je pensais que l'isolationnisme anglais n'était plus d'actualité depuis la fameuse rouste à domicile face à la Hongrie en 1953.

  • magnus le 13/02/2012 à 09h44
    Bon, c'est pas la FA mais la FL, et il est même pas président mais secrétaire.

  • Mangeur Vasqué le 13/02/2012 à 19h39
    @ José-Mickaël

    Merci J-M, suite demain soir/mercredi matin dans les TK.

    Il y a un renouvellement oui, certes pas explosif mais certain, et ce depuis 1987, date à partir de laquelle l’accession dans le premier échelon de la Football League (donc D4) ne se fait non plus sur dossier (vote des clubs de FL) mais au mérite.

    A partir de 1987 : 1 montée en FL par saison, le champion de D5 (deux montées depuis 2003, 1 directe, l’autre aux play-offs, disputés à Wembley – sauf l’an dernier because finale Coupe d’Europe).

    Avant, pour qu’un club de D5 (y’avait 3 poules, 1 aujourd’hui) monte en Football League, fallait bien sûr qu’un club professionnel de D4 descende, et ça, la Football League avait du mal à l’accepter. A la décharge de la FL peut-être, à l’époque, même jusqu’à récemment (fin des 90’s) tous les clubs de D5 étaient amateurs, faibles infrastructures, etc. et des amateurs pouilleux en FL, on en voulait pas trop.

    Si bien que seule une poignée de clubs fut admis en Football League, liste dans ce wiki : « History of the English non-league football system ».

    Avant, c’était donc vraiment une « closed shop » comme on dit en anglais, c’est bien plus ouvert aujourd’hui.

    Un brassage qui fait que quelques clubs en D1 dans les années 80 ou peu après, même brièvement, sont aujourd’hui en D4 (Bradford City, Oxford United, Swindon Towns).
    T’as même Luton Town, ex honorable pensionnaire de la D1 pendant quasiment l’intégralité des 80’s, aujourd’hui coincé en D5…

    Evidemment, y’a aussi le cas un peu particulier de Wimbledon FC, aujourd’hui en D4 dans sa version 2.0 (AFC).


  • Mangeur Vasqué le 13/02/2012 à 19h58
    @ magnus

    Merci. Alan Hardaker était effectivement Secrétaire de la Football League, il y avait un président à l’époque mais Hardaker était en réalité le Number 1 de la FL de 1957 à 1977 (décédé en 1980). D’ailleurs, difficile de trouver des infos sur les présidents de la FL de l’époque alors que y’a tout un corpus de doc sur Hardaker, personnage connu du foot anglais (les présidents de l’époque, totalement inconnus, J. Richards et T. Shipman, n’ont même pas le droit à un wiki).

    Hardaker est parfois tenu comme indirectement responsable de la tragédie de Munich du 6 février 1958, ce qui fut un peu montré – sans le nommer – dans le téléfilm « United » (sur ce terrible accident) diffusé sur la BBC en avril 2011 et d’ailleurs tourné partiellement sur Newcastle

    lien

    Hardaker était très intransigeant et les clubs le craignaient terriblement (sauf Don Revie, batailles épiques entre ces deux Yorkshiremen au caractère de cochon).

    Le soir du drame de Munich, Hardaker avait poussé les dirigeants de Man United à décoller par un temps pourri, en évoquant plus ou moins d’une amende (si je ne m’abuse) s’ils rappliquaient pas dare-dare en Angleterre car ils avaient un match championnat 2 jours après. Hardaker était déjà furieux que ces clubs participent à une coupe européenne (même si les Busby Babes venaient de se qualifier pour la demi-finale) alors il avait mis une grosse pression sur les dirigeants.

    Je parlais un peu de lui dans cet article sur le mythique (et injustement méconnu) Ninety-Two Club :

    lien

  • José-Mickaël le 13/02/2012 à 21h11
    Merci Mangeur Vasqué pour les précisions ! Il s'agissait donc bien d'une sorte de ligue fermée (mais à quatre étages). C'est intéressant parce que je m'aperçois que je ne connais pas bien les diverses variantes selon les pays. (D'ailleurs il me semble que même chez nous, autrefois, ça devait ressembler un peu plus au modèle anglais mais avec deux divisions.)