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Le martyre de Saint-Valentin

Lorsque la Saint-Valentin tombe un mercredi, cette fête douteuse entre en conflit direct avec le calendrier footballistique. Livrons ici l'analyse de Jean-Patrick Sacdefiel, un lot spécial de lucarnes sexistes et même 7 adages misogynes sur les femmes et le foot. Lamentable.

Auteur : Jean-Patrick Sacdefiel le 14 Fev 2007

 

Misère de la Saint-Valentin

Par Jean-Patrick Sacdefiel.

Ce soir, observez la file d’attente devant le fleuriste : peut-on imaginer spectacle plus pathétique que ces mâles, l’air aussi enjoué que des moutons menés à la tonte, venus ici cotiser à la banque des sentiments, faire poinçonner le ticket qu’ils eurent avec cette femelle en un temps où leurs sentiments ne se payaient pas de prestations tarifées. Saint-Valentin, symbole de l’amour obligatoire, invention des fleuristes, des bijoutiers et des restaurateurs, version annuelle du coït hebdomadaire... Observez leurs visages: vous essaierez en vain d’y déceler la moindre trace du bonheur dont ils croient pourtant acheter la démonstration.

Serais-je une femme (Dieu m’en a gardé), que je prendrais comme une insulte l’accomplissement de ce devoir conjugué comme une obligation administrative. Fête des amoureux? Mais que reste-t-il de l’amour, quand on doit le prouver comme on fournit une attestation? L’amour certifié conforme, voilà la vraie morale de cette institution imposée par la peur d’en faire moins que les autres, ou par la crainte d’essuyer des reproches aussi affreusement prévisibles que cette date du calendrier.

Comme ils peuvent manquer de dignité et de respect pour eux-mêmes, ceux qui souscrivent lâchement à ce rituel qu’on fait passer pour immémorial, alors même qu’il est plus récent que l’importation de Halloween (la fête de la citrouille au goût américain étant, elle, tombée plus vite en désuétude). Programme-t-on la tendresse? La nourrit-on de bouquets emplastifiés ou de plats bâclés dans l’arrière-cuisine d’une gargote quelconque?


Allez, avance dans la file, prépare ta monnaie. Tu obtiendras quitus de ta gestion amoureuse, pauvre garçon, tel un syndic de copropriété qui s’est bien acquitté de sa tâche sans trop alourdir les charges. Tu marcheras le cœur plus léger, mais seule ta bonne conscience sera apaisée: ton cœur, lui, aura devancé la flétrissure de ces pauvres fleurs dont tu auras pris soin de comparer les prix avant de t’en emparer, inquiet de te les faire barboter par un de tes congénères. Vous voilà concurrents, bougres d'ânes, bien qu'apparié chacun avec sa propre moitié!


Allez, va. Va verser ton obole à Saint-Valentin. Une sordide histoire de culte, voilà à quoi en est réduite ta bluette de jadis. L'odeur de violette n'en camouflera les remugles que le temps d'une soirée.





7 adages misogynes sur les femmes et le foot
« Autant le basket et le handball n’ont pas de sexe, autant le football et le rugby se jouent avec des poils sur les pattes et sur le menton », a déclaré un jour Thierry Roland. Nous avons tâché d'être à la hauteur de ce modèle (extrait du n°16 des Cahiers, "Ni buts ni soumises" - mai 2005).

1. « Une femme qui parle de foot, c’est comme Bakayoko qui tente une volée: c’est mal fait, mais on est touché qu’elle essaie ».
2. « La femme est une sorte de stade duquel on est sorti et où l'on essaye de retourner aussi souvent que possible. D’où l’abonnement ».
3. « Les femmes ne peuvent pas être arbitres parce qu’elles sont trop émotives ».
4. « Le jour où les femmes comprendront le hors-jeu, les poules auront des couilles ».
5. « Il faut se servir du fer à repasser pendant que le match est encore chaud ».
6.
« Si le foot rend con, c’est pour compenser l’amour qui rend aveugle ».
7.
« Le sexe est un sport qui se joue à deux où c’est toujours le mec qui jouit à la fin ».

 

 

 

7 lucarnes sexistes

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Intrigués par cet ami de la femme, les journalistes de Canal+ ont décidé de consacrer un reportage à la table à repasser.



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À adopter le look d’une femme battue, on en viendrait à oublier que Djibril Cissé est avant tout un homme brisé.



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"Mon papa il me crie dessus, ma maman elle m’écrit dessus".



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"Moi aussi je sais faire la cuisine. Regarde, j’ai fait une confiture tout seul".



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Philippe Bruet est formel : pour atteindre le point G, il faut commencer par se retrousser les manches.



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Oubliez le coup de boule de Zidane ou le but de Cambiasso contre la Serbie: l'image de l'année, c'est définitivement celle-ci.



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Avant, dans le milieu du football, il y avait beaucoup de prostituées. Aujourd'hui, on se contente d'enfiler leurs manteaux.

Réactions

  • l'affreux gnafron le 14/02/2007 à 18h44
    La Saint Valentine se fête le 25 juillet.

    Si si.

    CQFD.

  • christelou le 14/02/2007 à 22h58
    Fantomette, on monte le club des nanas qui regardent le foot au lieu de préparer la bouffe pour nos tendres et qui dénigrent une "fête faite" pour nous, amoureuses censées être consommatrices ?

  • fantomette le 14/02/2007 à 23h16
    ouais à fond je suis pas seule au monde, cool, cool, cool !

  • sansai le 14/02/2007 à 23h42
    Tiens à propos, vu sur foot365 :
    "- Un groupe de supporters marseillais, jumelé aux supporters de l’AEK Athènes, avaient effectué le déplacement pour soutenir les Grecs. Avec un message des plus distingués pour leurs homologues parisiens (environ 200 dans les travées du stade Olympique : « 14 février, le jour de l'amour... Paris, ce soir, on t'enc... »"

    C'est beau l'amour du foot.

  • la menace Chantôme le 14/02/2007 à 23h52
    Encore une fois, ce n'est pas que je m'enflamme, je prends actuellement beaucoup de plaisir dans cet échange (qui risque de virer au monologue si je continue d'être lourd), mais il y a quelque chose qui m'étonne un peu:

    "christelou - mercredi 14 février 2007 - 22h58
    Fantomette, on monte le club des nanas qui regardent le foot au lieu de préparer la bouffe pour nos tendres et qui dénigrent une "fête faite" pour nous, amoureuses censées être consommatrices ?"

    ... il s'agit du "sensées être consommatrices".
    Si vous ne l'êtes pas, tant mieux pour vous et vos conjoints, mais, je connais un paquet de gens qui renient la saint Valentin par pur plaisir de sortir un peu du rang (ce qui est d'ailleurs devenu une mode), et pour qui l'argument "commercial" passe inconsciemment au second plan.
    Donc mon enflammade de cet aprèm était feinte, car je ne me permettrais pas, mais des fois, on a envie de dire aux gens de se laisser vivre.

  • christelou le 15/02/2007 à 00h04
    Oh, le vilain RG qui change mon "censées" en "sensées" !

  • la menace Chantôme le 15/02/2007 à 01h38
    Un petit tour au dictionnaire...

    Et en fait, j'avais cru bien faire, mais c'est moi qui avait tort en fait.

    Contant de l'avoir apprit issi, sa aurais pû c'échaper de mon stilo an plaine intérreau...

  • Raspou le 15/02/2007 à 02h57
    Notre jeune padawan ignore peut-être encore qu'il n'est pas d'amoureuses sensées? Et que l'attribution du droit de vote aux femmes a été la fin du suffrage sensitaire? ;-)

  • Link le 16/02/2007 à 13h41
    A la lecture de l'article signé J-P Sacde. ma copine s'est exclamée, en substance, un énigmatique "C'est drôle à lire, et il dit des trucs vrais. Mais je ne suis pas d'accord avec cette représentation manichéenne des hommes auquels on aurait presque fait un lavage de cerveau pour consommer ! et puis même si cette fête est devenue d'un banal, même si c'est fait et surfait, même si l'amour c'est tous les jours, pourquoi cela parait-il si incongru de le célébrer une fois l'an, et d'y consommer ce qui va avec. Ou alors brûlons Noël et ses cadeaux, la Saint-Sylvestre et ses bouteilles de champ, Pâques et ses oeufs, et même les anniversaires. On exprime à toutes ses fêtes une fraternité faux-cul annuelle qui disparait les 364 autres jours un quart."
    Elle est gentille.