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PSG, la politique de l'échec

Ce nouveau naufrage parisien sanctionne une politique sportive incohérente et désigne son premier responsable, Nasser Al-Khelaïfi. 

Auteur : Jérôme Latta le 10 Mars 2022

 

On pourrait dire que ce n'est que justice, si le football relevait d'une quelconque justice. Disons seulement que, quand on offense le football, il vous le fait souvent payer. Alors, si vous répétez les offenses...

Cet été, le PSG a doublement offensé le football en recrutant Lionel Messi. D'une part en adressant un bras d'honneur à ce qui restait de l'équité économique dans le football européen. D'autre part en poursuivant jusqu'à l'absurde sa politique du casting. Paris n'a toujours pas d'équipe, et rien n'y fait, pas même un recrutement plus intelligent qu'à l'ordinaire : aucun joueur ne progresse, et l'équipe reste totalement déséquilibrée.

 

 

Hier soir, Neymar a été impuissant, Messi inutile. Il restait un espoir que l'Argentin rattrape le fiasco sportif de son transfert par deux ou trois gestes géniaux dans les derniers rounds de la Ligue des champions. Ils auraient suffi à sauver la face et la mise (40 millions de salaire annuel). Hier soir, Neymar a été l'ombre lente et épaissie de celui qu'il fut. Messi a été ce joueur insignifiant qu'aucun coach n'osera pourtant sortir du terrain.

Cet été, le PSG a doublement offensé le football en recrutant Gianluigi Donnarumma. D'une part en nous privant, à chaque match, d'un des tout meilleurs gardiens au monde. D'autre part en créant les conditions d'une rivalité dont l'irréprochable Keylor Navas a souffert, et dont le jeune Donnarumma a payé le prix. Il y a trois ans, c'était Gianluigi Buffon qui avait failli face à Manchester United.

Prévisible dans la défaite improbable

Mbappé peut bien faire des miracles, cela n'y suffit pas. Le PSG a probablement perdu son numéro 7 en même temps que ce match. Outre ses espoirs de l'emporter en C1 cette saison, le club a aussi perdu les acquis de ses accessions au dernier carré des deux éditions précédentes.

Nous y gagnons une certitude : même s'il cristallise le ressentiment des supporters, l'entraîneur n'est pas le problème de ce PSG, où tous les entraîneurs ont achevé leurs mandats dans l'amertume, où aucun entraîneur ne peut être un bon entraîneur. Les joueurs ne sont pas plus en cause : ils passent, les problèmes restent, et ils ne sont pas responsables de la composition de l'effectif.

Car il y a une signature parisienne, quel que soit l'homme sur le banc, des invariants. Se décomposer au match retour, après un match aller accompli. Paniquer au premier coup du sort. Perdre ses nerfs sur le terrain et sa concentration dans les contestations. Au point de réussir à banaliser la remontada, à être prévisible dans la défaite improbable.

Inutile d'invoquer, comme on n'y manquera pas, des notions ésotériques et attrape-nigaud telle que "l'expérience" qui caractériserait les "institutions" comme le Real Madrid. Il s'agirait d'abord, là aussi, de commencer par respecter le jeu.

Les récriminations de Mauricio Pochettino, Leonardo et Nasser Al-Khelaïfi contre l'arbitrage sont des aveux de faiblesse supplémentaires, les aveux d'une confondante et persistante immaturité, d'un refus de regarder leurs erreurs et la réalité en face : la saison du PSG s'est achevée le 9 mars - sauf s'il tient à reproduire un tel effondrement en Ligue 1 et à galvauder ses treize points d'avance.

Les moyens et leur utilisation

Le pire est arrivé aux dirigeants parisiens. Une énième élimination précoce, teintée de ridicule, face à leur grand rival politique. Le PSG est le club où Lionel Messi ne passe plus un dribble, le club dans lequel le meilleur gardien du monde commet une bourde fatale, le club qui ne peut même pas prétendre garder Mbappé.

Nasser Al-Khelaïfi a réussi à valoriser économiquement la marque PSG et à lui donner une médiatisation mondiale, à développer ses revenus et ses infrastructures. Mais la gouvernance du club est déficiente et l'échec de la politique sportive, s'il y en a une, est sans appel. 

Les moyens financiers ne suffisent pas quand il s'agit d'affronter des clubs qui en ont à peine moins, mais qui les utilisent beaucoup mieux, d'affronter des équipes qui peuvent être médiocres, mais qui restent des équipes. Et dont les entraîneurs ont un réel pouvoir sportif.

Les responsabilités de cet échec seront-elles enfin assumées, alors que le président est au cœur du pouvoir qatari, préside l'Association européenne des clubs, occupe une position de force auprès de l'UEFA et au sein de la Ligue 1, tout cela à quelques mois de la Coupe du monde au Qatar ? La justice suisse, qui a requis contre lui vingt-huit mois de prison dans l'affaire du « FIFAgate », le sanctionnera peut-être avant l'émir.

Ceux qui aujourd'hui vont tomber sur le club sans ménagement, et à raison, devraient toutefois repenser au mois d'août dernier, quand il était de rigueur de célébrer l'arrivée de Messi et cette équipe proclamée la "meilleure du monde" avant d'avoir disputé le moindre match. Sept mois plus tard, elle laisse l'impression de ne pas avoir disputé le moindre match.

Réactions

  • Jamel Attal le 10/03/2022 à 17h16
    Je reste surpris que tu ne voies pas, au-delà des circonstances inévitablement propres à chacune de ces éliminations, leurs points communs pourtant criants. Je me demande à quel moment le moment viendrait d'un bilan de tous ses échecs, malgré leurs airs de famille, et même leur caractère de culture locale, au point où ça en est. Tout cela serait – à chaque fois – accidentel ?

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    "je n'arrive pas trop a lier le fait que oui le PSG dépense plus pour le marketing que pour l'équipe au fait que Modric traverse le terrain sans que personne ne l'arrête."

    -> Eh bien peut-être, pour le dire d'un raccourci, que ça a à voir avec un recrutement qui aboutit à cette tactique du "7+3" dans laquelle certains joueurs sont dispensés de faire des efforts au nom de privilèges que – pour deux sur trois d'entre eux – ils n'honorent absolument pas. Je me cite, tant pis, mais il y a "des équipes qui peuvent être médiocres, mais qui restent des équipes" (le Real, hier). Le PSG sous-performe en regard de son effectif, il tombe en panne de ressources mentales, il se met à la merci du moindre retournement de vent : tous ces symptômes sont connus, mais il ne faut toujours pas faire de diagnostic, il ne faut regarder que chaque échec séparément ?

    L'importance accordée au marketing, comme tu dis, pourrait s'accompagner d'une politique sportive cohérente et d'une réelle qualité de jeu. Est-ce que c'est le cas, ou est-ce que cette priorité accordée à la politique du casting ne s'effectue pas (et ce depuis le début, c'est-à-dire depuis Beckham) au détriment du projet sportif ? Je ne suis vraiment pas le seul à diagnostiquer un problème de gouvernance qui va d'un président absent à un entraîneur laissé sans autorité en passant par un directeur sportif qui joue pour sa pomme.

    Quel était l'intérêt de faire venir Messi et Ramos (même s'il n'avait pas été blessé) ? Pourquoi Hakimi plafonne, pourquoi Wijnaldum s'est dissous, pourquoi personne ne progresse – ni les joueurs, ni l'équipe ?

    Oui, certes : les parcours des deux saisons précédentes. Mais celles-ci ont eu lieu dans des circonstances exceptionnelles, et les défaites finales résultent – en mode mineur – des mêmes problèmes que ceux qui ont eu des conséquences plus spectaculaires lors des remontadas. Contre le Bayern, le match est plié après l'ouverture du score, alors que le PSG a tenu le rapport de forces auparavant : mais il s'énerve, perd ses moyens – Neymar en tête – alors qu'on est à 1-0 et qu'il reste trente minutes à jouer. Face à City, il n'y a plus aucun répondant dès que l'avantage est perdu.

    Le PSG est un club qui n'a d'autre ressources que de compter sur les coups d'éclat de ces génies. C'est bien gentil, mais ça fonctionne de moins en moins dans le football actuel. Et c'est bien la conséquence sportive d'une politique consistant à aligner des stars dans la vitrine, sans se demander comment en faire une équipe.

  • lyes le 11/03/2022 à 14h19
    C'est tellement cliché à diremais cette équipe n'a aucune âme, aucune ferveur collective, aucune amorce de révolte quand la machine se grippe.

    Même la boulette de Donnaruma n'élimine pas le PSG mais tout est effondré, les têtes sont basses, il n'y a plus rien.

    Cette équipe n'a absolument aucune capacité à affronter des moments d'adversité et la dramaturgie inévitable du football. Ils n'ont depuis plusieurs saisons brillés que lors de matchs à sens uniques, quand tout roulait pour eux. Non sans talent bien sur mais sans ce soupçon de rage et de dépassement de soi qui fait la légende du sport.

    Il n'y a guère que la qualification à Chelsea en 2015 qui me vient à l'esprit quand il s'agit d'abnégation et de révolte contre les événements inattendus. Ils avaient réalisés un match exemplaire dans l'esprit une fois Ibrahimovic exclu.

    Il y a des équipes incapables de se transcender et malheureusement dans un tournoi à élimination il y a forcément des moments dramaturgiques à dépasser avant d'espérer lever la coupe.

    Il y a 39 ans le match contre le Real reste comme le mythe absolu du PSG combatif et habité d'une ferveur inébranlable. Le temps passe dite donc.

  • la menace Chantôme le 11/03/2022 à 16h17
    Encore une fois, il est complètement faux de dire que le PSG récent manque de ressources. On en a parlé sur le fil parisien, mais sur les deux saisons précédentes, il y a eu plusieurs exemples où le PSG a retourné des situations mal embarquées, et je ne parle pas des phases de groupe. Du match perdu en fin de rencontre à l'aller contre Dortmund au chassé croisé contre le Bayern l'année suivante, sans oublier le retournement de situation contre l'Atalanta.

    Concernant l'âme ou les valeurs collectives, j'ai vu Neymar défendre, Messi faire des efforts, venir aider à la relance, et même récupérer devant sa surface. J'ai surtout vu une équipe qui n'a pas voulu paniquer et balancer comme elle a pu le faire contre le Barça en 2016, mais aussi plus récemment contre Manchester City. J'ai vu des joueurs qui ont cessé de se décharger de leurs responsabilités et refuser de faire systématiquement des passes en retrait.
    Et tout ça, on l'ai vu mercredi soir pendant 50 minutes, alors que le Real avait clairement beaucoup plus faim qu'à l'aller.

    L'effondrement après l'égalisation, ce n'est pas juste ou forcément un symptôme de faiblesse mentale. Les joueurs ne prennent pas juste un but, ils voient l'arbitre leur refuser ce qui, à leurs yeux, leur est dû (une faute sur Donnarumma). Derrière, le Real qui n'a finalement pas eu de grandes raisons d'espérer jusque-là, est survolté. Certains sont convaincus que n'importe quel autre grand club se serait relever immédiatement, sans égratignure ou pli sur leur smoking... Je préfère éviter d'être aussi catégorique sur la capacité de n'importe quel autre grand joueur à gérer avec sérénité le combo but + faute non sifflée.

    Honnêtement, nous sommes tous d'accord sur les éléments à charge contre le PSG. Le constat que l'on fait chaque semaine depuis le début de saison est toujours valable. Mais je trouve juste, comme Özil, que la rencontre de mercredi n'est pas vraiment le support idéal pour asseoir tous les arguments en question. Il offre même carrément un contre-exemple de tout ce pourquoi on critique à juste titre ce club en temps normal. Faire des rapprochements pour la symbolique, ok. Mais dans le fond, pas convaincu. Ou alors on se focalise juste sur les 30 dernières minutes d'une rencontre qui en a duré 180.

  • la menace Chantôme le 11/03/2022 à 17h16
    D'ailleurs, il me semble que le point commun des effondrements les plus honteux du club est la prise d'une décision défavorable de la part du corps arbitral. Et ça encore, ça remonte une fois de plus à la direction.

  • Lyon n'aime Messi le 20/03/2022 à 15h57
    Ca alors, à chaque élimination catastrophique, c'est la faute des arbitres. Comme c'est surprenant...