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Pugilat à Santa-Marta

Carnets d'Amérique latine, ép. 3 - Un match interrompu, avant la fin pour jet de bouteille sur un joueur. Nice, Lyon ? Non, Santa-Marta, en Colombie... 

Auteur : Rémi Belot le 21 Fev 2022

 

À Medellin, un barman avec qui je parlais ballon s'était étonné que je sois allé voir un match dans le virage de « Los del sur », l'une des hinchadas les plus chaudes du pays. « Avec les Barras bravas, c'est toujours un peu la roulette russe, tu ne sais pas trop comment va tourner le match. »

La rencontre entre l'Atlético Nacional et Alianza Petrolera s'était toutefois correctement passée, à l'exception de quelques pogos en tribune (sans grand danger) et d'un jeu d'un ennui abyssal.

À Santa- Marta, je n'avais pas vraiment anticipé de potentiels dérapages : cette petite bourgade tropicale située sur la côte, à deux pas de la frontière vénézuélienne, n'a pas le côté délirant des grandes métropoles latino-américaines.

 

 

Perdu au milieu d'une zone industrielle

La ville est plutôt paisible avec ses 400.000 habitants. Côté urbain, c'est un mix de constructions coloniales et d'édifices bétonnés façon années 1950 ou 1960, avec un port de fret en pleine ville, dont on aperçoit les grues depuis le bord de mer. Une sorte de Havre sur Caraïbes, qui a vu naître Carlos « El Pibe » Valderrama dans les années 1960 (le Vikash Dhorasoo colombien).

Pour rejoindre le stade, c'est un peu compliqué. L'Union Magdalena, le club de la ville, évolue dans une nouvelle enceinte inaugurée en 2017 à une dizaine de kilomètres du centre. Perdue au milieu d'une zone industrielle entre les montagnes de la Sierra Nevada (dont elle porte le nom), elle est desservie par une unique route... très peu empruntée car elle nécessite un important détour depuis le centre-ville.

 

 

En conséquence de quoi, voitures particulières, taxis, motos et piétons tracent leur propre voie sur une piste de terre et de graviers, dans un nuage de poussière grisâtre. Le stade est posé sur une plate-forme de béton absolument déserte, au milieu des brûlis. 

Pas un stand de maillots, pas de buvette, pas de « puestos »... Rien, à part des revendeurs de billets. J'entre donc assez rapidement dans l'enceinte, après en avoir acheté un, en virage, à une revendeuse à maillot et casquette rayés rouge et bleu, les couleurs locales.

 

 

C'est un stade petit format, une sorte de Beaujoire miniature, avec des tribunes assez évasées, qui ne se remplissent qu'à l'ultime moment. Une curiosité : le « parcage » visiteur, qui n'en est pas vraiment un, est situé au second étage de la tribune latérale, juste au-dessus d'un étage de supporters locaux, sans aucune protection.

Bagarre entre joueurs et supporters

On pourrait craindre le pire, mais ce n'est pourtant pas de là que viennent, en définitive, les incidents. 65e minute : l'équipe visiteuse inscrit un but. Il faut sept minutes (!) de tergiversation, liées à la VAR, pour que l'arbitre finisse par le valider. Les supporters locaux ont eu le temps de monter en pression, en invectivant et sifflant l'homme en noir pour orienter favorablement la décision (sans effet, donc).

 

 

À 0-1, l'entraîneur local décide d'effectuer un changement. Un joueur de l'Union Magdalena sort par l'arrière du terrain, devant ma tribune. Il reçoit une bordée d'injures de ses propres supporters, qu'il toise d'un petit sourire moqueur en longeant le terrain. Une bouteille d'eau part de la tribune et s'écrase sur son épaule gauche. Si cela vous rappelle quelque chose, c'est normal.

 

 

Le joueur se retourne, enlève son maillot, réclame au supporter d'en découdre. Ce dernier s'exécute et descend sur le terrain, suivi d'une dizaine, puis d'une bonne trentaine de ses compadres de la tribune. C'est le bordel sur le terrain.

 

 

La suite est confuse : des coups partent un peu partout entre joueurs et supporters, alors que ceux de l'équipe adverse ont déjà rejoint leur vestiaire. Il faut bien deux ou trois minutes d'octogone avant que la police ne finisse par intervenir, matraque au point, pour séparer les belligérants et renvoyer tout le monde en gradins. Avant de finalement évacuer la tribune, puis l'ensemble du stade.

Le match ne reprendra pas, tout le monde est invité à prendre le chemin de la sortie. Une bien belle soirée de football, à laquelle il ne manquait sans doute que des déclarations de Jean-Michel Aulas. 

 

 

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Réactions

  • cachaco le 21/02/2022 à 15h22
    Le Havre sur Caraïbes, c'est pas très sympa pour Santa Marta! Ce serait plutôt Barranquilla ça.

    Jamais eu le courage d'aller en virages en Colombie, fais attention à toi quand même !

  • Manx Martin le 21/02/2022 à 16h26
    Le Vikash Dhorasoo colombien !!! Comment oses-tu

  • cachaco le 21/02/2022 à 17h02
    Ca fait en effet beaucoup de références au Havre les deux pieds décollés, tout ça.

  • chapoto le 22/02/2022 à 03h55
    Il provoque, là.
    Et Tayrona, c’est la Grande Motte des Caraïbes?

  • Hydresec le 22/02/2022 à 10h33
    "matraque au point" : ça n'encourage pas à marquer des buts si tu te prends un coup de tonfa pour un bon résultat. Blague à part, merci pour le compte-rendu, amusant malgré les circonstances.

  • Mangeur Vasqué le 22/02/2022 à 10h54
    Excellent, merci.

    T'as pris la Panaméricaine ou l'avion pour faire Mexique-Colombie ? Si t'as fait ça par la route, comment as-tu zappé la région du Darién (el Tapón del Darién), en bateau depuis le Panama ?

  • Rémi B. le 22/02/2022 à 18h37
    @cachaco, en fait à Santa Marta l'ambiance était plutôt cool avant que ça ne parte en vrille. On m'a demandé d'où je venais,les gens posaient pour les photos c'était bon enfant. A Medellin c'était un poil plus tendu avec des pogos à l'ancienne mais on a déjà connu ça dans des stades français (en ce qui me concerne à Lescure, à l'époque où y avait un public - et une équipe).

    @mangeur vasqué, j'ai pris l'avion depuis le Mexique, je ne suis pas un hippie.

  • Mangeur Vasqué le 23/02/2022 à 08h44
    @ Rémi. Un "hippue" comme disait un réac que je connaissais. Bonne bourlingue.