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Top 10 : les mano a mano anglais

L'actuelle course au titre entre Manchester City et Liverpool est somptueuse. Tour d'horizon d'autres éditions anglaises qui sont allées au bout du suspense. 

Auteur : Kevin Quigagne le 9 Mai 2022

 

 

1890-1891 : Everton 29 points - Preston North End 27

Le championnat professionnel de Football League, composé d'une division de 12 clubs (tous situés dans le Nord-Ouest et les Midlands), démarre en 1888. Jusqu'en 1890, les Invincibles de Preston North End survolent les débats, grâce à leur style innovateur et fluide du "pass and move" venu d'Écosse et disséminé par les illustres "Scotch Professors", qui forment l'ossature de PNE. Entre-temps cependant, les Anglais se sont adaptés et ont importé de l'Écossais, les Brésiliens de l'époque (si, si).

 

 

La professionnalisation, officialisée en 1885, établit le football en tant que sport de spectacle. La moyenne de D1 en 1890 est de 6.413 spectateurs. Everton, qui joue à Anfield, fait presque le double (11.375, avec des pointes à 20.000) et s'impose comme un club majeur. 

Les Toffees, qui comptent 36 professionnels (la masse salariale fera scandale), ont fini deuxième la saison précédente et jouent la carte offensive : avec 63 buts en 22 matches (contre 44 pour PNE, et 52 pour Notts County, le troisième), c'est de loin la meilleure attaque.  Everton, à l'accent également scottish, s'impose sur le fil. Fred Geary, un buteur anglais "de poche" (1m57), claque 20 buts, bien suppléé par le duo Edgar Chadwick-Alf Milward. 

Everton devra cependant passer la main au Big Two des années 1890 : Sunderland et Aston Villa, qui signeront huit titres de champion d'Angleterre à eux deux cette décennie-là.

 

1951-1952 : Manchester United 57 points - Tottenham et Arsenal 53

Manchester United, Arsenal et Tottenham se livrent une lutte acharnée toute la saison, mais ces derniers décrochent sur la fin. United et Gunners s'affrontent lors de la dernière journée, à Old Trafford. Ce title decider ressemble toutefois à un défi impossible pour Arsenal, qui doit gagner par sept buts d'écart. Le suspense est vite balayé.

Devant 53.651 spectateurs, les Gunners, rapidement réduits à dix, se font étriller 6-1 (ils finiront même à neuf - sur blessures. Aucun changement n'était alors autorisé). Le prolifique Jack Rowley, amusément surnommé The Gunner, y va de son hat-trick, le quatrième de la saison. Tottenham, en embuscade, termine en trombe et ravit la deuxième place à son rival londonien (voir le classement final).

La saison consacre les débuts du jeune latéral Roger Byrne, future légende de Man United (il périra dans la tragédie de Munich, le 6 février 1958). Un Byrne arrière repositionné ailier gauche sur les six derniers matches, dans un dispositif plus offensif. Résultat : il plante 7 buts, dont deux cruciaux qui permettent de distancer les poursuivants.

 

 

Un coup de génie de l'entraîneur Matt Busby, un visionnaire qui misa sur le jeu chatoyant et la jeunesse, et transforma les infrastructures du club dans ce sens. La majorité des joueurs qui remporteront les titres de 1956 et 1957 (21 et 22 ans de moyenne d'âge !) ou, post-crash de Munich et refonte de l'effectif, la finale de C1 en 1968, seront formés au club.

Ce premier titre depuis 1911 annonce l'avènement des Busby Babes et amorce le retour au premier plan de United, dans une décennie marquée par Munich et les prouesses du Wolverhampton Wanderers du grand Stan Cullis (trois titres et quatre podiums). Des Wolves consacrés "Champions du Monde" par Cullis en 1954 après leur victoire en amical sur le Honvéd Budapest de Puskas et Kocsis. Ce qui agaça quelque peu Gabriel Hanot de L'Équipe, pour notre bonheur à tous. 

 

1988-1989 : Arsenal 76 points (+ 37) -  Liverpool 76 (+ 37) 

Jusqu'à fin mars, Arsenal caracole en tête, talonné par Norwich City. Un mois plus tôt, Liverpool était 8e, à 19 points des Gunners, mais les Reds ont mis le turbo : 13 victoires sur 14, un nul. Au matin du 26 mai, date du match décisif reporté à cause de Hillsborough, la situation est la suivante.

Pour seulement la deuxième fois au vingtième siècle, le titre de D1 anglaise va se jouer sur une confrontation entre les deux premiers à la dernière étape. On va vivre le dénouement le plus théâtral de l'histoire du football anglais (disséqué ici par Richard Coudrais).

 

 

Dans les ultimes soubresauts de la partie, Michael Thomas assène le coup de Trafalgar qui donne le titre au "boring, boring Arsenal" du frileux George Graham. C'est le premier depuis le formidable doublé First Division-FA Cup de 1971, cher aux aficionados du rebelle Charlie George, le sosie de ce journaliste français bien connu.

 

 

Suivi à la télé par 12 millions de téléspectateurs à son pic, ce Liverpool-Arsenal représente un jalon significatif dans la renaissance du football anglais, avec notamment les prouesses des Trois Lions au Mondial 1990. "The night football was reborn", titrera le Guardian en 2009. Il réconcilia quelque peu les Anglais avec le beautiful game, après une période caractérisée par les tragédies (Bradford, Heysel, Hillsborough), le hooliganisme et l'extrême impopularité du football.

Cette rencontre, qui acte la fin de l'invincibilité du LFC, servira de trame au best-seller Fever Pitch (Carton Jaune) de Nick Hornby, adapté ensuite au cinéma. Le documentaire 89 immortalise cet incroyable moment.

 

1994-1995 : Blackburn Rovers 89 points -  Manchester United 88

Deux ans après sa naissance, la Premier League nous sert un finish haletant. Le Man United d'Alex Ferguson part favori après avoir aisément remporté les deux derniers exercices. Rovers, grâce à la fortune du magnat de l'acier Jack Walker, s'est hissé deux fois d'affilée dans le carré de tête.

Le club est managé par la Liverpool legend Kenny Dalglish, et faire la nique à l'ennemi juré le motive. À l'intersaison, Rovers a recruté le jeune buteur Chris Sutton, pour 5 millions de livres (record britannique). Il forme avec Alan Shearer un duo de feu, surnommé les "SAS". Dalglish a prié Walker d'acheter Zidane à Bordeaux mais le boss rétorqua fameusement : "Mais pourquoi tu veux Zidane alors qu'on a Sherwood ?" Blackburn mène toute la saison mais sans creuser l'écart. United perd Cantona en route.

Le 14 mai, pour la der, Rovers a deux unités d'avance sur United. Les Red Devils doivent battre West Ham à Upton Park et espérer que Liverpool, contre Rovers, fasse au moins un nul (la différence de buts étant très favorable aux Mancuniens).

 

 

Liverpool aimerait offrir le titre à Dalglish mais ne compte pas faire de sentiment. Alan Shearer marque son 34e de la saison en championnat et donne l'avantage à Rovers. John Barnes égalise à l'heure de jeu. À la 93e, Jamie Redknapp inscrit un superbe coup franc, 2-1. Mais à Londres, le gardien Hammer est impérial et United ne peut faire mieux que 1-1... 

Blackburn coiffe Manchester sur le poteau et remporte son premier titre depuis 1914. Un exploit que Shearer déclara vouloir fêter en repeignant sa clôture de jardin...

 

1995-1996 : Manchester United 82 pts -  Newcastle United 78

Les "Entertainers" de Kevin Keegan à Newcastle impriment un train d'enfer. Le 20 janvier, ils affichent 17 victoires (sur 23 matches) et 12 points d'avance sur Manchester United et Liverpool. Pour tous, y compris les bookmakers, la messe est dite. Newcastle n'a pas été champion depuis 1927 et leurs exploits enflamment Tyneside.

Dès la première journée et une sèche défaite contre Aston Villa, peu voient en United un potentiel champion. Alan Hansen, Liverpool legend et consultant BBC, avait alors sorti son fameux "You can't win anything with kids".

Ces kids sont les "Fergie Fledglings" : Beckham, Butt, Giggs, Scholes et les Frères Neville. Les jeunes pousses ont mis la vieille garde dehors (Ince, Kanchelskis, Hughes), et sont expertement encadrées par Schmeichel, Bruce, Pallister, Irwin et un Cantona de retour, et affamé (19 buts, toutes compétitions confondues).

 

 

Las, à partir de fin février, Newcastle enchaîne les contre-performances, dont cette extraordinaire défaite 4-3 contre Liverpool à Anfield, élue "Plus beau match de l'histoire de la Premier League". Mi-avril, Man United passe devant. Le 29, dans les entrailles d'Elland Road après une victoire sur Leeds, Keegan, déstabilisé par Fergie La Provoc ("Le Troll" dirait-on aujourd'hui), explose au micro de Sky.

Newcastle craque et laisse filer le titre lors des deux dernières journées. La saison suivante, les Magpies finiront de nouveau derrière les Mancuniens, malgré une raclée 5-0 à St James' Park. Keegan parti à Fulham (D2), Fergie testera ses légendaires mind games sur un petit nouveau : Arsène "Who ?" Wenger. 

 

1997-1998 : Arsenal 78 points -  Manchester United 77

Arsenal connaît un gros passage à vide l'automne venu et se retrouve 6e à Noël, à 11 points de United. Puis, le rouleau compresseur Gunner démarre : 14 victoires et 1 nul de fin janvier à début mai.

Le 14 mars, le succès 1-0 des Gunners sur Man United à Old Trafford consacre leur supériorité. Mi-avril, la bande à Arsène double les Red Devils, qui pointaient largement en tête début mars malgré les nombreuses blessures et l'absence de Roy Keane depuis octobre (il s'est fait les croisés et Alf-Inge Håland, le père d'Erling, l'a accusé de simulation. Suivront représailles et enquêtes de police).

 

 

Arsenal perd ses deux derniers matches, mais la moisson d'hiver-printemps, grâce au trio Wright-Overmars-Bergkamp, lui permet d'être sacré champion dès la 36e journée. La presse loue leur panache et leur "sexy football". Les Mancuniens se vengeront en 1999 en faisant une razzia sur les trophées : Premier League (un petit point sur Arsenal), FA Cup, Ligue des Champions, Coupe intercontinentale. Et Alex Ferguson sera anobli par la reine...

Un titre arraché sur fond de détestation entre Wenger et Ferguson, et leurs protégés. Des mythiques punchlines de Fergie ("Wenger était au Japon, il ne connaît rien au foot anglais") aux insultes échangées entre joueurs (Vieira sur Van Nistelrooy : "Je déteste ce type. [...] C'est un tricheur et un lâche."), via les épiques joutes dans le tunnel et sur le terrain, pendant treize ans la bataille fait rage.

Ce n'est qu'en 2009 que les deux hommes enterreront la hache de guerre. Le 5 mai, après une cuisante défaite contre United en demi-finale de Ligue des champions, pour la première fois depuis un bail Arsène invitera Alex dans son bureau pour le verre des félicitations. José "Wenger est un spécialiste de l'échec" Mourinho reprendra le flambeau Fergien...

 

2007-2008 : Manchester United 87 pts -  Chelsea 85

C'est la première saison du nouveau millénaire à proposer une conclusion aussi serrée. Avec en prime un chassé-croisé à trois, Arsenal se mêlant à la lutte (83 pts) et menant la danse jusqu'à la 30e journée.

Des Gunners à l'époque handicapés par le financement de l'Emirates, ainsi que par une "prudente" politique de gestion du club, les poussant à vendre ou laisser partir leurs meilleurs joueurs (Vieira, Henry, Adebayor, Nasri, Fàbregas, Van Persie, etc.). L'équipe perdra sa gnaque, "Ce soir, c'était onze hommes contre onze bébés", ironisera Patrice Évra après le 3-1 infligé en demi-finale de C1 en 2009 à l'Emirates. Suivra un 8-2 à Old Trafford.

Depuis 2005, le Chelsea de Mourinho est le principal rival d'un Man United hégémonique (neuf titres en quinze saisons), qui fait la saison derrière mais vire en tête en avril, laissant Le Mou chouiner sur les blessures et le soi-disant manque de profondeur de son effectif. Les deux clubs abordent la dernière marche à égalité de points (84).

 

 

La différence de buts est toutefois très avantageuse pour les Mancuniens, qui affrontent Wigan, tandis que Chelsea va à Bolton, en lutte pour le maintien. Un deuxième but de Giggs à la 80e tue le suspense (0-2), alors que les Londoniens mènent 1-0 face aux Trotters, qui égalisent à la 93e (et se maintiennent).

Deux semaines plus tard, Chelsea aura l'opportunité de se rattraper en finale de Ligue des champions, mais Anelka et une (autre) célèbre glissade du football anglais, sous la pluie moscovite, en décideront autrement... Gros bonus : on a vu John Terry chialer.

 

2009-2010 : Chelsea 86 pts - Manchester United 85

L'ère triomphale du Mou (champion en 2005 et 2006) semble déjà loin. Le défilé d'entraîneurs (Grant, Scolari, Hiddink) n'ayant rien produit de bien glamour, Chelsea a fait venir Carlo Ancelotti pour reconquérir le titre, et plus si affinités. On ne cracherait pas sur une première Ligue des champions après l'échec de Moscou.

Les Blues ferraillent toute la saison avec les Mancuniens, en compagnie d'Arsenal, qui finira par flancher. On assiste à une redite de 2007-2008 : tout se joue sur l'ultime journée. Chelsea a un point d'avance sur Man United et une bien meilleure différence de buts. La victime du jour sera Wigan, atomisée 8-0.

 

 

De son côté, Man United terrasse Stoke (4-0) mais doit concéder le titre. Avec 29 pions, Drogba remporte le Golden Boot, pour la deuxième fois.

C'est un succès amplement mérité : Chelsea a pris 21 points sur 24 possibles sur ses adversaires directs (United, Arsenal, Tottenham, Liverpool) et inscrit 103 buts, toujours le record de Premier League.

 

2011-2012 : Manchester City 89 pts (différence de buts +64) - Man United 89 (+56)

La plus belle dramaturgie finale depuis 1989. Après une féroce bataille toute l'année (United a raté le coche en avril : ils comptaient 8 points d'avance à six journées du terme), les rivaux mancuniens se retrouvent à égalité à la 38e journée. Ce City version qatarienne, managé par Roberto Mancini, n'a plus remporté le titre depuis 1968 et les glory days de la période Joe Mercer-Malcom Allison.

Le jour J, United doit aller à Sunderland, 11e, alors que City accueille les relégables de Queens Park Rangers. United fait le boulot au Stadium of Light (1-0), d'où une clameur s'élève à la 91e : City est mené 2-1. Plus que trois minutes. Les Londoniens sont bêtement réduits à dix depuis la 55e, la finesse légendaire de Joey Barton étant passée par là (il sera suspendu 12 matches).

Les Citizens doivent donc claquer deux fois face à un bloc défensif. Mission impossible se dit-on. Ça sent bon le titre pour United. 92e. Džeko plante une tête, 2-2. 94e. Agüero marque dans le "Fergie time", 3-2. L'Etihad explose.

 

 

Martin Tyler, commentateur vedette de Sky Sports, lâche un "Agüeroooooo !" d'anthologie. L'ère dominatrice des "noisy neighbours", selon le mot de Fergie, peut commencer. L'ennemi juré entamera, lui, une longue traversée du désert après le départ de Ferguson en mai 2013 (et un dernier titre le treizième. Fergie avait réalisé son rêve : "Faire tomber Liverpool de son putain de perchoir").

 

2013-2014 : Manchester City 86 pts -  Liverpool 84

Malgré 12 défaites et la domination d'Arsenal jusqu'à début février, City et Liverpool traversent la saison en mode bulldozer : 199 buts à eux deux avant la dernière journée, dont 31 de Luis Suárez. Le Liverpool de Brendan Rodgers a battu City mi-avril (3-2) et passe devant à trois encablures du terminus, avec un calendrier plutôt favorable.

Un premier titre depuis 24 ans leur tend les bras ! Dans la causerie survoltée d'après-match, Steven Gerrard galvanise ses troupes : "This does not fucking slip now !" (On merde pas, le titre est pour nous !).

36e journée, Liverpool reçoit le Chelsea de Mourinho, deuxième. Les Reds, dans une forme olympique, restent sur onze victoires de suite en championnat. Même un nul contre les Bluesserait satisfaisant étant donné les deux derniers adversaires, Crystal Palace et Newcastle.

Le Mou parle d'aligner les coiffeurs pour cause de demi-finale de Ligue des champions le mercredi suivant. Il bluffe, naturellement. Liverpool archidomine mais bute sur le bloc très bas mis en place par le Special One. Tactiquement, le match tourne à la démonstration. Juste avant la pause, la cata : craquage de slip du malheureux Steven, qui glisse...

 

 

Chelsea doublera la mise sur contre dans les arrêts de jeu. Liverpool n'est plus maître de son destin. Un désastreux nul 3-3 contre Palace, après avoir mené 3-0 jusqu'à la 79e (!), les oblige à battre Newcastle (ce qu'ils feront) en priant pour que les Hammers, 13e, disposent de City à l'Etihad. Le mini-miracle ne se produira pas.

La Révolution kloppienne débutera peu après et Liverpool prendra brillamment sa revanche sur City en 2020 (99 pts vs 81), le premier titre des Reds depuis 1990.

 

Réactions

  • L'amour Durix le 09/05/2022 à 09h27
    Du Kevin Quigagne qui se répète, c'est quand même du Kevin Quigagne. Mais bon, il y a un bug avec le premier paragraphe.

    Hâte de lire la suite.

    Édith : je ne réclame pas une suite, c'est juste que je n'ai eu le temps de lire que le premier paragraphe. Enfin les deux premiers.

  • Milan de solitude le 09/05/2022 à 17h11
    Bel article historique, plus fouillé que les habituels top 10. Je suis étonné que ne figure pas la saison 2018-2019 où City et Liverpool amassent 98 et 97 points, mais ne pas pouvoir parler de tout fait partie de l'exercice !

  • Tonton Danijel le 09/05/2022 à 19h53
    Surpris aussi de ce choix, même si cette saison les deux clubs étaient tellement au-dessus de tous leurs adversaires qu'il n'y eut plus aucun suspense une fois la double confrontation passée...

  • Mangeur Vasqué le 10/05/2022 à 07h25
    Hmm, je vois ça, j’étais en déplacement professionnel et je découvre, effectivement y’a cô un bogue. C’est l’inévitable conséquence de l’ultra-néolibéralisme que veux-tu.
    Les Cahiers en sont victimes, comme les autres, y’a pas de raison, on est tous soumis aux navrantes lois du Grand Kapital. A force de tout externaliser, y compris la mise en page, aux 4 coins de la planète, chez des gens qui causent pas toujours très bien la France, eh ben voilà c’qui arrive. Une fois retrouvé mon dictionnaire français-kirghize, je contacterai notre bureau délocalisé de Tokmok pour voir c’est quoi ce bordel mille millions de magpies tordues de Bichkek. Le cas échéant, je mettrai le texte de la première vignette ici.

    @ Milan et Tonton. La 2018-2019 était prévue au départ, évidemment, dans un Top 11 en fait. Pis non. J'expliquerai plus tard.

  • Mangeur Vasqué le 10/05/2022 à 14h38
    @ Milan et Tonton : juste par curiosité, quelle(s) saison(s) enlèveriez-vous de ma sélection pour y mettre 2018-19 ?

    Initialement, quand j’ai soumis l’idée de l'article à Dame Rédac, j’envisageais un Top 11, avec inclusion de la saison 2018-19. Mais ayant récemment lu “L’Anomalie” de l’Oulipien Hervé Le Tellier et ayant relu du Queneau et Perec ces dernières années, je voulais m’imposer une horrible contrainte oulipienne : 15.000 signes maximum (hors chapô et intertitres).

    Ça n’a pas été possible avec un Top 11. Blâmez l'OuLiPo et ses tordus. Seul moyen de respecter cette règle : me limiter à un Top 10.

    Teenage Kicks avait, en son temps, aussi couvert deux des saisons ci-dessus, un peu la 2012-13 dans cette “preview” lien (à trois mains il me semble, on parle “d’explosion en vol de Joey Barton”) et surtout la 2013-14 dans ce bilan lien. C’est Pan Bagnat qui avait signé la vignette sur Liverpool, un peu la saison du renouveau pour les Reds.

    Donc par élimination, omission de 2018-19 lien. J’expliquerai plus tard pourquoi, à mon avis, aucune des saisons sélectionnées ci-dessus ne peut être remplacée par 2018-19. Pis écrire encore sur une saison où Liverpool menait assez largement mi janvier lien (certes, avec 1 match d’avance), pour se faire encore niquer sur la fin, bon, moyen (au passage, ce site lien – que j’ai bcp utilisé – est excellent pour visionner chaque étape de l’évolution du classement, depuis la première saison en 1888-89).

  • José-Mickaël le 10/05/2022 à 21h35
    On est sur un site de foot, on fait un Top 11, point.

    (Merci pour l'article ! J'ai beaucoup aimé notamment les récits des vieux championnats, que je ne connais pas. Mais effectivement je ne comprends pas pourquoi 2018-19 n'est pas dans le top. S'il y a eu 11 saison à suspense, il faut un top 11, surtout sur un site de foot.)

  • Mangeur Vasqué le 10/05/2022 à 22h41
    Effectivement, je ne peux que te donner raison pour le Top 11.

    Alors, les raisons de la sélection (et vous comprendrez pourquoi pas de 2018-19) :

    # 1. 1890-1891 : certes, j’aurais pu mettre la précédente, également très disputée. Mais celle-ci marque davantage une rupture (donc elle se devait donc d’y être), celle du relativement “petit” club qui commence à souffrir face aux clubs issus de gros centres urbains (Everton/Liverpool, Aston Villa/Birmingham, Sunderland/Wearside-Tyneside) et aux plus gros investisseurs. Dans les années 1900, Liverpool, Manchester, Newcastle entreront également dans la danse, puis viendront les clubs londoniens.

    Le petit Preston ne sera plus jamais champion d’Angleterre, quoiqu’il passa extrêmement près en 1953 lien, ça se joua au goal-average avec Arsenal. PNE avait alors l’immense Tom Finney lien, dont la superbe statue trône devant Deepdale lien. Finney était surnommé “The Preston Plumber” pour son CAP de plombier. D’ailleurs, il gagnait tellement peu en tant que footballeur, environ 12 £/semaine (because le “salary cap”) qu’il continua à être plombier tout en étant pro et international anglais ! (il avait une boîte de plomberie-électricité, avec son beau-frère il me semble. Vous imaginez, vous appelez le plombier et c’est Mbappé qui se pointe pour réparer votre fuite d'eau).

    Le wiki français nous dit que “Finney est resté fidèle toute sa carrière au club de Preston North End pour lequel il a joué 433 matches (187 buts).” Pareil pour son wiki anglais : “He was noted for his loyalty to Preston”. Bon, c’est surtout car il n’avait pas beaucoup le choix le pauvre... L’étranger lui faisait les yeux doux, surtout l’Italie. Palerme en particulier lui offrit un pont d’or. lien. Finney voulut partir de Preston plusieurs fois, notamment chez le voisin Manchester United, mais les joueurs ne décidaient de rien à l’époque (il n’aurait pas gagné bcp plus ailleurs en Angleterre, le salary cap étant très bas, mais aurait gagné des titres et touché une belle prime de transfert). Les joueurs étaient inféodés au club, qui disposait de leur licence, selon le “Retain and Transfer system” lien. Preston préférait le garder, c’était leur assurance de rester en D1 et même de jouer le titre, ou gratter une FA Cup. Et les Lilywhites faillirent bien le gagner en 1953 donc (et en 1958).

    Mettre une saison du 19è siècle offre également l’occasion d’évoquer les fascinants débuts du foot professionnel, finalement pas si différents d’aujourd’hui : gros investissements, course aux armements, gros salaires, fort engouement, “player power”, etc. Sauf évidemment à partir de 1901, gros changement – et choc, après des années de “dérives salariales” – avec le très strict plafond salarial imposé jusqu’en 1961. Ainsi, à partir de 1893, du Retain and Transfer system” que je viens d'évoquer, qui rendait difficile les mouvements entre clubs.

    Un “salary cap” – officiellement appelé “maximum wage” alors – justifié par les instances par la chienlit. Dans les années 1950, un footballeur de D1 gagnait à peine plus qu’un employé des postes. Guère étonnant alors que des types comme le grand Charlie Mitten ait profité d’une tournée en Colombie pour y rester lien (temporairement, à son grand regret, comme Finney, et tant d'autres) – et toucher 10 fois son salaire de Man United. Son petit-neveu en passant, Andy Mitten, dirige le fanzine le plus “successful” du pays, depuis + de 30 ans (“United We Stand”, qu’il a monté à 15 ans) et bosse pour un tas de magazines et médias.

  • Mangeur Vasqué le 10/05/2022 à 22h49
    # 2. 1951-1952 : inclusion obligatoire selon moi pour deux raisons : a) because Matt Busby et b) because c’est la première fois que deux premiers (Man United et Arsenal) s’affrontaient pour le titre lors de la dernière journée (certes, l’aurait fallu un miracle pour que les Gunners l’emportent, vu la diff de buts, ou le “goal average” plutôt, la méthode utilisée avant 1976).

    # 3. 1988-89 : aucune justification nécessaire évidemment, c’est le finish le + extraordinaire du foot anglais, peut-être toutes divisions confondues. Quoique ce qu’a fait y’a 3 jours le Bristol Rovers lien de ce &*%#@ de Joey Barton est grandiose (manager des Gasheads, qu’un chanceux et fidèle lecteur Teenage Kicks avait visité en 2013 lien, tous frais payés par TK bien sûr), voir clip lien. Surtout qu’ils étaient très loin derrière au 1er janvier, 17è... (sur 24). Précisons cependant que Scunthorpe avait aligné les jeunes sur ce match (les joueurs utilisés avaient 20 ans de moyenne d’âge), pour les préparer à la saison prochaine, en D5 (ils étaient déjà largement relégués), car nombre de joueurs seniors sont sur le départ. Northampton, qui se fait “voler” la montée en D3, a chouiné auprès de la Football League (niveau compo un peu légère de Scunny) et, sous le coup de la colère, a déclaré vouloir déposer plainte mais ils se sont ravisés quand ils ont vu que leurs chouineries ne tiendraient pas la route.

    # 4. 1994-1995 : extraordinaire Blackburn, et le duo SAS. Ça fleurait bon le 19è siècle (parmi la “Dirty Dozen” qui a créé la Football League en 1888, Blackburn est le seul club de l’ère PL ayant remporté le titre. Seuls deux autres l’ont fait, Aston Villa et Everton, mais tous deux dans les années 1980 pour la dernière fois).

    # 5. 1995-1996 : Newcastle allait gagner c’était certain rien ne pouvait les arrêter, même pas le trollage XXL de Fergie. Mais les Mags ont craqué dans le sprint final, c’est ballot quand même… Ça fait un peu mal au fondement pour Keegan bien sûr, et sa formidable équipe des Entertainers. Évidemment, hors de question que je laisse cette saison-là sur le banc. Et j’étais à Elland Road pour ce Leeds-Newcastle, un lundi soir. J’habitais à 15 minutes à pied du stade, dans le quartier de Beeston. Suis allé voir quelques matchs à Elland Road pendant mes six mois dans la capitale du West Yorkshire.

    # 6. 1997-1998 : la preum’s d’Arsène et sa graine d’Invincibles. Arsenal devint alors une menace pour Fergie, début de la grosse rivalité entre les deux hommes et leur effectif.

    # 7. 2007-2008 : on a vu John Terry chialer comme un bébé lien cô dirait Pat Évra, ergo “shoo-in” (sélectionné d’office).

    # 8. 2009-2010 : Newcastle végétait en D2 et on a vu un superbe Chelsea, 103 buts. Et lien pour Carlo, que le PSG aurait évidemment dû garder en 2013.

    # 9. 2011-2012 : finish incroyable, le plus beau depuis 1989. Et début du Nouveau Man City ère qatarienne. Et pour ne rien gâcher Barton se prend 12 matchs de suspension contre Man City 38è journée, ce con aurait pu faire descendre son club si le résultat de chépuki ailleurs n'avait pas été favorable à QPR.

    # 10. 2013-2014 : craquage de Steven Gerrard, et de Liverpool sur la fin. Cruel mais moment iconique cô ils disent. 24 ans que les Reds attendaient ça... Cet échec annonce aussi les prémices d’un virage/gros changement de cap. Les proprios américains s’impatientaient et vendre le bouzin a dû leur traverser l’esprit si encore 1 ou 2 saisons de relative médiocrité depuis leur rachat en 2010 – une seule qualif en LdC, en 2014 donc (2010 : 7è, 2011 : 6è, 2012 : 8è, 2013: 7è, 2015 : 6è. Oct. 2015 : Klopp arrive et remet les aiguilles de l’horloge du pub au centre du village).

    Difficile donc d’en laisser une au repos 2013-14 au profit de 2018-19. Mais disons que s’il le fallait, maybe, just maybe, 2013-14 serait la plus substituable.