Ne perdez pas de temps à lire ce texte, connectez-vous vite pour commenter les articles des CDF. Attention à ne pas confondre vos minuscules et vos majuscules.
Vous avez oublié votre mot de passe ?
Inscription
Vous avez oublié votre mot de passe ? Il reste un espoir ! Saisissez votre adresse e-mail ; nous vous enverrons un nouveau mot de passe. Cette procédure est quasiment gratuite : elle ne vous coûtera qu'un clic humiliant.
Nous vous avons envoyé un email sur votre adresse, merci d'y jeter un oeil !

CONDITIONS D'INSCRIPTION :

1. Vous devez nous adresser, via le formulaire ci-dessous, un texte (format .txt inférieur à 100 ko) en rapport avec le football, dont la forme est libre : explication de votre passion, anecdote, aventure, souvenir, essai, commentaire composé, portrait, autobiographie, apologie, réquisitoire, etc. Vous serez ensuite informés de la validation de votre inscription par mail. Les meilleurs textes seront mis en ligne sur le Forum.

2. Nous ne disposons pas d'assez de temps pour justifier les retards d'inscription ou les non-inscriptions, et ne pouvons pas nous engager à suivre une éventuelle correspondance à ce sujet. Merci de votre compréhension.

Nous avons bien reçu votre candidature, on y jette un oeil dès que possible. Merci !

Partager :

Tout ce qui les sépare

Interview. Ludovic Lestrelin, sociologue du sport, a étudié "L'autre public" des matches de foot – celui des groupes de supporters créés loin de leur club favori – au travers de ceux de l'OM.
Auteur : Propos recueillis par Jérôme Latta le 21 Dec 2010

 

Ludovic Lestrelin est maître de conférences à l’université de Caen Basse-Normandie, et il vient de publier L'autre public des matchs de football. Sociologie des "supporters à distance" de l'Olympique de Marseille (éditions EHESS). Il tient aussi le blog Invitation à la sociologie du sport.

lestrelin_itw_1.jpg


Comment définir le "supportérisme à distance" qui fait l'objet de votre livre?
C'est le fait de soutenir une équipe qui n'est pas celle de sa ville ou de sa région de naissance ou de résidence. Il désigne plus une expérience qu'un statut ou un type de supporters en particulier. Ce qu'il m'intéresse de mettre en évidence, c'est que cette expérience de l'éloignement géographique vis-à-vis du club que l'on supporte renvoie à deux dimensions. Une dimension subjective, parce que ce phénomène fait appel à des processus d'identification, mais aussi une dimension objective au travers de processus de mobilisation – c'est-à-dire d'organisation au sein de collectifs, parfois sous forme associative, pour s'assembler afin de soutenir le club, par exemple en organisant des déplacements. Même si la définition de ce qu'est un supporter fait l'objet de beaucoup de débats parmi les passionnés, il me semble difficile de se définir comme supporter en étant tout seul chez soi devant sa télévision: le supportérisme est, à mon sens, une activité qui suppose une démarche collective pour que la dimension identitaire fonctionne.

Comment êtes-vous venu sur ce terrain?
En année de maîtrise au début des années 2000, j'avais envie de travailler sur le football après avoir lu avec intérêt les travaux de Christian Bromberger et de Patrick Mignon, et j'ai découvert par hasard qu'il existait un groupe de supporters de l'OM à Rouen – dont je suis originaire et où j'étais à l'université. Pratiquant le football en club, je savais bien que l'on pouvait être fan de l'OM et suivre ce club avec passion, mais j'ignorais l'existence de collectifs organisant des déplacements. Je les ai rencontrés et j'ai découvert des personnes qui m'ont beaucoup surpris par leur identification à l'OM, et même à Marseille.


« Au-delà de l'identification, on a envie de franchir le pas : comment fait-on pour toucher du doigt un club qui fait rêver devant son poste de télévision ? »


C'est la télévision qui a enclenché ce phénomène du supportérisme à distance?
Oui, très clairement. C'est vrai pour l'Olympique de Marseille, mais aussi pour l'AS Saint-Étienne dans les années 70, qui sont vraiment les années de la télédiffusion de rencontres notamment européennes – et aussi du développement du professionnalisme et de la transformation des clubs en entreprises de spectacle. On assiste alors à un engouement national pour les Verts, qui ne s'est pas estompé depuis puisque l'ASSE compte aujourd'hui plus de groupes de supporters à distance que l'OM. Cela repose sur une démarche très volontariste des dirigeants du club, qui ont ordonné et structuré ce réseau de plus de deux cents groupes en France (contre une centaine pour l'Olympique de Marseille). L'évolution est également très sensible en Espagne, où le nombre de groupes de supporters à distance explose à partir des années 80 pour des clubs comme l'Athletic Bilbao, l'Atlético Madrid ou le FC Barcelone: on observe une nette inflexion dès que les retransmissions télévisées se multiplient.

lestrelin_itw_3.jpg
Photo : Flickr - milom

Pour Marseille, les épopées européennes télévisées de la fin des années 80 et du début des années 90 ont donc eu une influence majeure?
Beaucoup de personnes se sont prises de passion pour ce club-là, et cela a entraîné une quête de billetterie. Car au-delà de l'identification, on a envie de franchir le pas: comment fait-on pour toucher du doigt un club qui fait rêver devant son poste de télévision? Cette demande s'est renforcée après 92-93, au cours d'un moment particulier de l'histoire du club dans la mesure où il se retrouve en deuxième division entre 1994 et 1996. Cela l'a rendu plus facilement accessible puisqu'il se déplaçait dans des villes plus modestes, dont les stades pouvaient accueillir cette demande. Le phénomène s'est progressivement structuré, depuis Marseille où les dirigeants constatent l'engouement autour du club et répondent à la demande de billets. Mais rapidement, ils confient la régulation du phénomène aux associations locales qui deviennent des interlocuteurs incontournables pour les supporters à distance souhaitant accéder aux tribunes. Dans le cas de l'OM, les groupes de supporters à distance sont donc des sections affiliées aux associations marseillaises. Cela s'inscrit par ailleurs dans un contexte sécuritaire de plus en plus pressant, puisqu'il s'agit aussi de rationaliser les déplacements des supporters.

Est-ce le lien avec le phénomène ultras qui constitue la principale différence entre le phénomène marseillais et son équivalent stéphanois quelques années plus tôt?
C'est une clé importante. Dans les années 70, les groupes de supporters à distance s'inscrivent dans une logique "officielle" et entretiennent de bonnes relations avec la direction du club stéphanois qui gère le phénomène, en réalité. Les deux cents groupes sont rattachés aux Associés supporters, le groupe officiel du club. À Marseille, ce sont les groupes ultras qui structurent le phénomène.


« Les supporters à distance se sentent en décalage avec des ultras qui se revendiquent comme les porteurs d'une identité locale ».


Lui ont-ils donné un autre contenu?
Cela change la donne. Quand le phénomène est structuré à partir des associations officielles, les groupes de supporters à distance développent généralement leurs activités autour d'un bar, d'un café, pour suivre les rencontres à la télévision et occasionnellement aller voir les matches près de chez soi. C'était d'ailleurs encore le cas dans les années 80 pour Marseille, avec un premier groupe qui se fonde à Paris et est rattaché au Club central des supporters (CCS), l'association officielle. Le mouvement ultra donne une autre coloration, notamment parce que ce sont les déplacements qui sont valorisés et qui prennent une place centrale. Il faut non seulement aller dans les stades à proximité de son lieu de résidence, mais aussi aller à Marseille et dans des stades plus lointains, y compris en coupe d'Europe.

Les supporters à distance font-ils partie intégrante du mouvement ultra ou bien reste-t-il à sa marge?
On touche à la question essentielle de la légitimité. Les supporters à distance rencontrent ce problème, qui est encore plus sensible à Marseille où les ultras – six associations sur les huit reconnues par le club – incarnent en quelque sorte la norme du supportérisme. Les supporters à distance, dont la plupart ne sont pas des expatriés et n'ont aucun lien biographique avec la ville, se sentent en décalage avec des ultras qui se revendiquent fièrement comme les porteurs d'une identité locale.

lestrelin_itw_2.jpg

Comment sont-ils perçus par les ultras? Y a-t-il de la condescendance de la part de ces derniers?
Au départ, il y en a: on se demande ce qu'ils font là, on considère qu'ils ne sont pas capables de comprendre finement le club. On leur reproche quelque chose qui est du registre de l'imposture. Ne pas être reconnus comme de véritables supporters au même titre que les locaux peut susciter chez eux de l'incompréhension, et même parfois un peu d'amertume. Dans un deuxième temps, il y a une logique de surenchère qui consiste à compenser son handicap originel par une démonstration excessive de son enthousiasme, par une présence constante dans les déplacements. Il s'agit en quelque sorte de faire ses preuves, de montrer qu'on est capable de soutenir l'équipe dans tous ces moments, de comprendre les injonctions des groupes ultras et leur fonctionnement, d'exécuter les chants. Cela va parfois, dans l'idée de faire vivre cette communion, jusqu'à l'assimilation identitaire des traits culturels de la ville. On va développer un appétit de connaissance pour la culture locale, s'enquérir de la vie économique, culturelle et sportive locale, favoriser les séjours à Marseille ou dans sa proche région. Ce processus de conversion identitaire est très surprenant.

Il ne va quand même pas jusqu'a prendre l'accent?
Dans certaines circonstances, cela pousse à jouer avec les faux-semblants. Évidemment, il ne s'agit pas de faire croire à des Marseillais qu'on est marseillais parce qu'on serait remis à sa place très vite. En revanche, à l'occasion des déplacements à l'extérieur, rien n'indique dans le parcage visiteurs que vous venez de Caen, de Paris ou de Rennes. Dans les interactions avec les supporters locaux adverses, on peut jouer de l'ambigüité.


« Il s'agit de mettre en récit et en scène l'activité du groupe en constituant une mémoire collective au travers des comptes-rendus, des photos. »


Dans l'attachement des supporters "à distance" à un club, Internet a-t-il révolutionné les choses, ou simplement prolongé des évolutions lancées par la télévision?
Internet ne joue pas un rôle fondamental dans la construction de l'identification: la télévision reste le vecteur le plus essentiel à l'adhésion identitaire. Mais évidemment, lorsqu'on est à distance du club que l'on supporte, Internet vient en complément de la télévision: d'abord pour suivre au plus près l'actualité du club, avec la fréquentation du site officiel et d'autres sites ou blogs. Il va aussi servir à nouer des contacts avec d'autres supporters via les forums ou les commentaires. Internet change tout de même un peu la donne dans la mesure où il permet de nouer des relations "pour de vrai", de se retrouver pour suivre des matches et parfois de créer des collectifs. Le site Online Massalia, par exemple, fonctionne sur ce principe de mise en réseau des gens et d'organisation ponctuelle de regroupements sur Marseille.

Internet ne se prête pas à la mise en réseau des supporters à distance?
Le supportérisme à distance se structure d'abord sur des relations de proximité déjà existantes: le réseau amical, familial, local, professionnel. Au départ, il y a la découverte que des personnes proches partagent la même passion pour une équipe. Internet est surtout utile aux associations déjà constituées, qui vont créer un site ou un blog servant de courroie de transmission de l'information à ses membres. Il s'agit de mettre en récit et en scène l'activité du groupe en constituant une mémoire collective au travers des comptes-rendus, des photos. De façon assez surprenante, on assiste presque à plus de rencontres entre des groupes supportant des clubs différents, comme si le partage de la même condition (celle de l'éloignement géographique vis-à-vis du club soutenu) favorisait une sorte de connivence. J'ai vu cela autour de Toulouse, où des groupes de supporters à distance se rencontrent régulièrement pour organiser des petits tournois de foot, des soirées ou des barbecues.

Est-ce que ces communautés arrivent à durer, ou bien sont-elles éphémères par nature?
L'activité des groupes les plus éloignés, par exemple aux Etats-Unis est très dépendante de l'offre télévisée. S'il n'y a plus de diffuseur, tout tombe à l'eau puisqu'il s'agit d'abord de se retrouver pour suivre des rencontres. De manière plus générale, l'éloignement rend la mobilisation assez coûteuse en temps et en argent, et donc difficile à tenir sur le long terme: elle peut avoir des conséquences sur l'investissement familial, professionnel, scolaire... On constate un turnover très prononcé au sein de ces groupes, avec un renouvellement assez important de ses adhérents, autour d'un petit noyau relativement stable. Le rythme de création et de disparition des groupes est assez important, avec toutefois un ralentissement récent des créations. Pour l'OM, cela s'explique en partie par le fait que les tribunes sont pleines et que les associations de supporters refusent de plus en plus les sollicitations des groupes de supporters à distance.


« Les supporters à distance sont parfois perçus comme des consommateurs plus que comme des supporters. »


lestrelin_itw_4.jpgLe développement du supportérisme à distance crée aussi de nouveaux marchés de consommateurs pour les clubs. Comment ceux-ci conçoivent-ils où exploitent-ils le phénomène?
Les clubs européens ont une politique très active à leur égard, comme l'OM avec l'ouverture de boutiques officielles ailleurs qu'en PACA, ou comme le Benfica qui s'est appuyé sur la forte diaspora portugaise pour créer des "maisons du Benfica"... Les supporters à distance constituent pour les clubs une clientèle assez intéressante: n'étant pas dans une appartenance "naturelle" à la communauté du club, ils vont souvent se placer dans une quête d'appartenance. Celle-ci peut passer par l'achat de produits dérivés qui sanctionnent par exemple le "pèlerinage" sur les lieux de la passion: OM Café, boutique officielle... Les clubs anglais comptent beaucoup de supporters en Scandinavie. Un chercheur norvégien a estimé qu'ils dépensaient en moyenne 1.000 livres par voyage.

Cette qualité de consommateurs privilégiés peut-elle affecter la manière dont les supporters à distance sont vus par les supporters locaux?
Oui, certains de ces derniers vont estimer qu'ils sont en quelque sorte trop naïfs, ou captifs vis-à-vis de la politique commerciale du club, et donc moins à même de critiquer sa politique sportive par exemple. On en revient à cette question première de la légitimité et de l'authenticité de la démarche des supporters à distance, qui sont parfois perçus comme des consommateurs plus que comme des supporters. En Angleterre, certains supporters locaux s'adressent aux clubs pour leur reprocher la place accordée aux supporters extérieurs.

Réactions

  • Ô Mexico le 21/12/2010 à 06h35
    "J'ai vu cela autour de Toulouse, où des groupes de supporters se rencontrent régulièrement pour organiser des petits tournois de foot, des soirées ou des barbecues."

    Pas besoin de faire des études de terrain et de la sociologie pour savoir ça, il suffit juste de faire un tour sur le fil O Téfécé.

  • Baka in the sky with ballons le 21/12/2010 à 11h03
    "Même si la définition de ce qu'est un supporter fait l'objet de beaucoup de débats parmi les passionnés, il me semble difficile de se définir comme supporter en étant tout seul chez soi devant sa télévision: le supportérisme est, à mon sens, une activité qui suppose une démarche collective pour que la dimension identitaire fonctionne."

    L'article est intéressant et j'irai sûrement faire un tour sur le blog, mais je trouve ce présupposé de départ un peu bizarre.

    Je ne dis pas qu'il a tort ou raison, mais je ne comprends pas pourquoi il prend ce parti pris dès le départ. J'ai pas le sentiment de supporter mon équipe, l'OM, pour appartenir à un groupe, une communauté. Au contraire même, comme pour les fans du PSG j'imagine, c'est parfois gonflant d'être 'assimilié' à l'ensemble des supporters du club.

    En tout cas c'est plutôt intéressant comme sujet, mais justement, j'ai l'impression, au vu de ses propos, qu'il a mis de côté certains fans, en se concentrant seulement sur les associations.

  • Tonton Danijel le 21/12/2010 à 11h21
    Baka in the sky with ballons
    mardi 21 décembre 2010 - 11h03
    "Même si la définition de ce qu'est un supporter fait l'objet de beaucoup de débats parmi les passionnés, il me semble difficile de se définir comme supporter en étant tout seul chez soi devant sa télévision: le supportérisme est, à mon sens, une activité qui suppose une démarche collective pour que la dimension identitaire fonctionne."

    L'article est intéressant et j'irai sûrement faire un tour sur le blog, mais je trouve ce présupposé de départ un peu bizarre.
    - - - - - - - - -

    C'est même plutôt l'inverse pour le supportariat "à distance", c'est une activité assez individuelle qui résulte de la séduction qu'une équipe impose plus que de la volonté de joindre un groupe (auquel cas ce n'est pas de choisir un club à des centaines de kilomètres qui le permet).
    Après, quand il s'agit de supporter une équipe locale, c'est plus pris dans l'ambiance des stades et de l'animation des supporters que l'on se met à soutenir l'équipe (pendant le mondial 2010, j'ai supporté les Bleus par rapport à mon origine, et la Mannschaft pour suivre la ferveur locale - et aussi parce que ça jouait bien, certes).

  • Troglodyt le 21/12/2010 à 11h24
    Il me semble que tu fais un faux sens sur la citation que tu extrais.

  • Troglodyt le 21/12/2010 à 11h24
    (@ Baka)

  • Jean-Patrick Sacdefiel le 21/12/2010 à 11h50
    @tonton (et Baka)
    L'auteur explique que c'est ainsi qu'il a défini son objet de recherche (les groupes de supporters, pas les supporters disséminés), et il a usé de précautions de langage ("il me semble" / "à mon sens"). Il s'agit d'un part pris méthodologique, qui ne nie pas l'existence d'autres types de fans

    Après, j'ai le sentiment qu'à être partisan d'une équipe tout seul sur son canapé, on est plus sympathisant que supporter. D'ailleurs, si on a personne devant qui afficher sa préférence, cette identification n'a quasiment plus de substance.
    La dimension collective, elle commence dès lors que plusieurs amateurs de foot se retrouvent et déclarent leurs clubs préférés, et elle prend une forme plus concrète quand il y a un investissement supérieur (matches regardés en groupe, déplacements, participation à une asso, fréquentation des médias officiels, achat de produits dérivés, etc.).

  • Tonton Danijel le 21/12/2010 à 11h57
    Gigodanho
    mardi 21 décembre 2010 - 11h50
    Après, j'ai le sentiment qu'à être partisan d'une équipe tout seul sur son canapé, on est plus sympathisant que supporter. D'ailleurs, si on a personne devant qui afficher sa préférence, cette identification n'a quasiment plus de substance.
    - - - - - - - - -

    Il est vrai que j'ai négligé cette aspect, être supporters en groupe ne signifie pas supporter la même équipe.

  • Baka in the sky with ballons le 21/12/2010 à 14h15
    Ok Troglo j'ai bien tout relu, et effectivement j'avais mal compris. Par contre, après relecture, j'ai toujours des remarques à faire!
    Il y a toujours un parti-pris que je ne comprends pas, et je trouve l'articulation avec les ':' bizarre.

    tout d'abord:
    'il me semble difficile de se définir comme supporter en étant tout seul chez soi devant sa télévision'
    c'est plus la dessus que je dubite en fait. même s'il prend des précautions d'usage ('il me semble'), et qu'il annonce son parti pris (en gros il écarte de son étude des personnes suivant les exploits, ou pas, d'un club seul chez eux devant la télé), je vois pas pourquoi il le fait... Sinon il appelle pas son étude 'Supporters à distance', mais 'Supporters engagés dans des associations à distance'. Mais je chipotte peut-être.

    puis:
    'le supportérisme est, à mon sens, une activité qui suppose une démarche collective pour que la dimension identitaire fonctionne'
    la je suis plutôt d'accord, même s'il doit quand même y avoir des mecs seuls dans leur coin qui vont au stade, ou qui s'identifient à un club (ou en tout cas, reste à prouver que ces personnes n'existent pas).

    En gros il dit: on est pas vraiment supporter si on regarde seul son club à la télé.
    Puis: le processus d'identification peut-être effectif à condition que la démarche soit collective.
    Mais il articule ça avec un ':' (c'est peut-être à la retranscription en fait), ce qui du coup fait croire qu'il y a un lien entre les deux, alors qu'il n'y en a pas (ce qui m'a fait faire un contresens, en lisant trop vite et pas assez attentivement!)

  • Edji le 21/12/2010 à 16h13
    Passionnante interview, énorme merci à la rédac!

    Juste là-dessus :
    "Cette demande s'est renforcée après 92-93, au cours d'un moment particulier de l'histoire du club dans la mesure où il se retrouve en deuxième division entre 1994 et 1996. Cela l'a rendu plus facilement accessible puisqu'il se déplaçait dans des villes plus modestes, dont les stades pouvaient accueillir cette demande".
    Ainsi, si je comprends bien, le supporterisme à distance, s'agissant de l'OM, s'est davantage concrétisé (par une présence en tribunes) après la rétrogradation en D2 ? Un peu paradoxal, tout de même.

    Pour prolonger, le phénomène du supportariat à distance du PSG doit être encore plus intéressant à analyser, car s'y ajoute l'antagonisme province/capitale qui n'existait pas dans les cas stéphanois et marseillais.

  • Hurst Blind & Fae le 21/12/2010 à 16h18
    Le phénomène du supportariat à distance du PSG pourrait surtout permettre de sacrés bons en avant dans les nanotechnologies.

Bonjour, le site souhaite utliser des cookies à des fins marketing.