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10 ans, 10 matches / 1

À l'occasion du numéro anniversaire des Cahiers du foot, nous avions choisi (très subjectivement) dix rencontres emblématiques de l'ère 1997-2007... Première partie.
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Sélectionner les dix matches les plus marquants des dix dernières années, c’est prêter automatiquement le flanc à la critique. Cette sélection est donc contestable par nature, mais elle tente de représenter au mieux la décennie qui vient de s’écouler (en excluant les matches des Bleus, qui mériteraient une sélection en propre). Le Real y est surreprésenté, et nous assumons la contradiction consistant à dénoncer le football-Disneyland et à apprécier à l’occasion le spectacle qu’il peut produire. D’autant que nous aurions trouvé autant de matches exaltants dans la période pré-Bosman.



Argentine-Pays-Bas, 4 juillet 1998.
Coupe du monde, quart de finale, 1-2.

Vingt ans que les Néerlandais espèrent une revanche de la finale 78. Les Argentins ont joué un match dantesque quelques jours plus tôt face aux Anglais, alors que les Pays-Bas sont venus difficilement à bout de la Yougoslavie. Chaque équipe sait se battre pour une place de challenger face au Brésil en demi-finale.

Le match
Claudio Lopez (17e) répond à Kluivert (12e), et la première mi-temps voit les deux équipes manquer tour à tour l’occasion de prendre l’avantage. Puis, c’est une tornade Orange qui s’abat sur le Vélodrome, jusqu’au poteau trouvé par Batistuta, faisant écho à celui trouvé par Ortega en première mi-temps. Peu après l’expulsion de Numan (76e), Ortega, en dribble dans la surface, cherche le penalty. Van der Sar (1 m 97), agacé, se tient au-dessus de lui et fait mine de recevoir un coup de tête du milieu argentin (1 m 70), qui se fait à son tour expulser. Sur le coup franc qui suit, Bergkamp marque un des plus beaux buts de l’histoire du foot.

L’action du match
89e minute, Frank de Boer ouvre depuis ses 40 mètres vers Bergkamp, placé à l’angle de la surface. D’un contrôle extraterrestre en extension du pied droit, il efface Roberto Ayala, s’amène le ballon, et fusille Roa de l’extérieur, toujours du même pied. Le commentateur de la télévision néerlandaise répète "Dennis Bergkamp" huit fois de suite.





Manchester United-Real Madrid, 19 avril 2000
C1, quart de finale, 2-3.

L’affiche oppose les deux derniers vainqueurs de l’épreuve, et ultrafavoris de la compétition. Le Bayern, Porto, Valence, la Lazio, Chelsea et Barcelone, autres quart-finalistes, ne semblent pas faire le poids. Le 0-0 de l’aller n’a donné d’avantage à personne.

Le match
Le Real offre ce soir-là une démonstration de football, où l’on verra Roberto Carlos avaler Gary Neville, ou Redondo, capitaine du soir, se jouer de Keane et Scholes avec l’aide de Savio et McManaman. Iker Casillas, canterano de dix-huit ans, écœurera une des meilleures attaques d’Europe, menée par Beckham, Giggs, Yorke et Cole. Keane (csc) puis deux buts de Raul permettront au Real de ne pas s’inquiéter des répliques de Beckham et Scholes, et même de faire rentrer Anelka en fin de match. Pour la première fois, trois équipes espagnoles (Real, Barça, Valence) sont en demi-finale.

L’action du match
53e minute, Redondo remonte le terrain sur l’aile gauche, suivi de près par Berg, qui s’apprête à connaître le plus grand moment de sa carrière. Coincé contre la ligne, l’Argentin s’avance et, d’une talonnade du pied gauche derrière le pied d’appui, glisse le ballon derrière le défenseur, le contourne, et passe à Raul seul au six mètres. Il s’agirait de l’action de football la plus diffusée sur Youtube.





Italie-Pays-Bas, 29 juin 2000
Euro, demi-finale, 0-0 (3-1 pen.)

Ultrafavoris d’un Euro à domicile, les Pays-Bas présentent une sélection arrivée à maturité, dont le sans-faute jusqu’ici est impressionnant. Victorieux face aux Tchèques, Danois et Français au premier tour, ils viennent d’infliger un cinglant 6-1 à la Yougoslavie. Les frères De Boer, Stam, Seedorf, Cocu, Davids, Kluivert et Bergkamp forment une armada qui semble invincible au moment d'entrer dans une ArenA d'Amsterdam entièrement orange.

Le match
Il fallait bien un 0-0 dans la liste, mais quel 0-0! Les Bataves dominent le match de la tête et des épaules face à des Italiens déjà surpris d’être arrivés aussi loin, touchant les montants et faisant expulser Zambrotta dès la 33e minute (pour une deuxième faute sur Zenden). Mais ce jour-là, les Azzurri sont invulnérables, portés par un Nesta au sommet de son art et sauvés par une invraisemblable baraka. Une litanie d’occasions ratées dans un match de haute volée sortira les Néerlandais d’une compétition qui leur tendait pourtant les bras.

L’homme du match
Toldo a vu six fois un joueur se présenter seul devant lui au point de penalty. Il aura gagné le match autant que les Néerlandais l’auront perdu. II arrêtera le tir au but de De Boer dans le cours du jeu, puis verra celui de Kluivert s’écraser sur le poteau. Après la prolongation, tandis que Totti réussit une Panenka, De Boer – à nouveau – puis Stam et Bosvelt rateront leurs tentatives et enverront l’Italie apprendre en finale à reboucher les bouteilles de Champagne.





Boca Juniors-Real Madrid, 28 novembre 2000
Coupe intercontinentale, 2-1.

Le champion d’Europe se rend au Stade olympique de Tokyo avec beaucoup de sérénité. L’Ajax, la Juve, Dortmund, lui-même en 1998 puis Manchester sont rentrés avec les cinq dernières coupes dans les valises (série record pour les Européens). Mais, pour la première fois depuis 1996, ce n’est pas un club brésilien qui représente l’Amsud. Dommage pour le Real.

Le match
L’opposition de style est de toute beauté entre un Real qui développe son football léché et le Boca, que Carlos Bianchi a rendu très mature techniquement malgré de jeunes pousses moins expérimentées que les pré-Galactiques de Vicente del Bosque. Ça part dans tous les sens : deux ouvertures de Riquelme sont converties par cette vieille branche de Palermo. Roberto Carlos réduit la marque d’un sublime enchaînement – contrôle du bide, demi-volée de l’extérieur du pied pleine lucarne –, avant de tordre la barre d’une violente frappe du pied droit. Figo, lui, enseigne le tango aux Xeneize. La rencontre aurait pu tourner dans n’importe quel sens car, en face, Riquelme marche sur l’eau et fait aussi sonner les poteaux espagnols.

L’événement du match
La séance d’humiliation de quatre-vingt-dix minutes infligée par Riquelme à Makelele, dégoûté comme on ne l’avait jamais vu.





Manchester United-Real Madrid, 23 avril 2003
C1, quart de finale, 4-3.

Encore en Ligue des champions, encore en quart de finale, encore un match retour. Il s’agit d’un des matches les plus attendus de l’histoire de la compétition.

Le match
La partie est bien plus équilibrée que celle qui eut lieu au même endroit trois ans plus tôt. Zidane, Beckham, Barthez, Ronaldo, Van Nistelrooy, Giggs et Figo sont sur le terrain ; Blanc et Morientes sur le banc, pour 90 minutes d’une intensité exceptionnelle. Vainqueur 3-1 à l’aller, le Real passe après des buts – dans l’ordre – de Ronaldo, Van Nistlerooy, Ronaldo, Helguera (csc), Ronaldo, Ronaldo, Beckham et encore Beckham. Alex Ferguson, qui était présent à Glasgow en 1960 lorsque les Merengue gagnèrent leur quatrième C1 consécutive en atomisant l’Eintracht Francfort 7-3, n’a toujours pas réussi à éliminer le Real, qui perdra pourtant face à la Juventus en demi-finale.

L’action du match
Il faudrait plusieurs pages pour faire honneur à toutes les actions de génie qui ont jalonné la rencontre. On retiendra celle qui voit Zidane échanger des passes avec cinq coéquipiers différents aux abords de la surface, avant de réussir l’ouverture qui tue pour Roberto Carlos, lancé, lequel trouve Ronaldo derrière la défense qui jouait le hors-jeu.

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