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Arno P-E

 

Ancien chroniqueur sur PSGMAG.NET, et supporter du Paris Saint-Germain. Étonnant, non?


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Ça fait quoi, être "le meilleur défenseur du monde"? Effectuons le voyage dans les pensées de Thiago Silva...

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Aujourd'hui c'est Noël. Les petits jouent dans le jardin, ils sont gentils. Je les regarde depuis la chaise longue, sur la terrasse. Eux aussi sont contents de rentrer au pays, même s'ils n'y ont pas beaucoup vécu. Ils profitent de l'été, n'ont plus besoin de porter de pantalons, de pulls, d'écharpes... La vie est quand même plus simple sans écharpe. Ils ne se rendent pas trop compte, ils sont mal habitués, mais à leur manière, ils en profitent aussi du beau temps. Sans se poser de question. C'est bien pour eux.

 

Je suis fier de pouvoir leur offrir ça : les cadeaux, la terrasse, la famille, et dix jours sans vêtements d'hiver. Je suis content de tout ça, pour Noël. C'est grâce au football. Comme je joue bien au football, je gagne beaucoup d'argent et je peux leur offrir ces vacances sans écharpe, grâce à Dieu. Je crois que j'ai de la chance. Même si parfois je me dis que sans le football, je ne serais pas parti en Europe, et Iago et Isago ne porteraient pas de pull en laine de l'année. Ils sauraient quelle langue parler à la maison, et à l'école... Peut-être que ce serait plus simple? Ça, je ne sais pas dire. Mais c'est pour ça que je ne voulais pas quitter Milan. Pour que ce soit plus simple.

 

 

Le monsieur de la communication du PSG m'a demandé de ne plus le dire. Que ça ne faisait pas bien. Mon agent aussi m'a expliqué. Il m'a dit que pour mon image, ça n'était pas bon de répondre que je veux retourner un jour à Milan, même si on me demande. Je ne comprends pas trop. Je trouve que ce qui serait mauvais serait de mentir. Moi, je ne voulais pas quitter Milan. Parce que là-bas, je connais les rues, le stade, et les gens.

 

Paris est une jolie ville aussi, je trouve. Je ne connaissais pas Paris, mais on m'avait déjà dit le nom. Il y a beaucoup de belles avenues et c'est très joli en fait. Mais je ne voulais pas aller dans une ville que je ne connaissais pas. C'est trop compliqué au début. Il y a l'hôtel, et puis il faut choisir une nouvelle maison, et je ne sais pas bien choisir. Surtout, quand on change il faut rencontrer beaucoup de nouvelles personnes. À Milan, je connaissais les personnes, du coup c'était facile. Alors qu'à Paris au début moi je ne connaissais pas les gens. Après, l'entraîneur et les coéquipiers ont été très gentils. Mais je suis arrivé tard alors ils se connaissaient déjà tous. C'était quand même compliqué pour moi. Heureusement, beaucoup parlent italien ou brésilien, mais quand même, je cois que je n'aime pas trop devoir rencontrer beaucoup de nouvelles personnes au début.

 

Bon, maintenant ça va mieux. Je suis même devenu le capitaine du PSG. Les autres joueurs m'écoutent quand je leur dis des choses. Ils font attention sur le terrain. C'est bien. J'ai souvent été le capitaine dans mes équipes. Les entraîneurs ils trouvent que c'est plus facile. Moi aussi. Je veux gagner, alors je dis les choses aux autres. Comment ils doivent se placer, comment le coach il a dit de jouer, et après ils le font. Comme ça, ça va. Par exemple, parfois les coéquipiers se trompent. Le coach il leur avait dit de jouer à droite mais eux se mettent dans l'axe. Je leur explique que c'est mal, et ils comprennent bien quand j'explique, même si parfois je dois le dire fort. Mais après, ça va. En fait, être capitaine c'est simple.

 

Défenseur aussi, c'est simple. Attaquant, je crois que je n'aime pas. Trop de choix possibles, trop de directions à prendre. Quand les attaquants adverses viennent vers moi, je les regarde, et je comprends qu'attaquant, c'est compliqué. Ils se demandent s'ils vont me dribbler, ou s'il ne vaudrait mieux pas me déborder. Je les regarde venir. Ils hésitent à passer la balle, ou à tirer de loin. Moi je reste face à eux, et dans leur tête c'est mélangé. J'explique à Sakho, quand il me demande: les attaquants, c'est trop mélangé. Ils réfléchissent. Contre Lyon, Lisandro Lopez a fait un joli tir sur le poteau. Mais après, quand il a vu que je me plaçais devant lui, il a voulu réfléchir. Défenseur c'est plus simple. Comme j'étais en face de lui, j'ai pris le ballon, et je l'ai donné à Jallet, et ensuite on a marqué. Voilà. Après, en seconde période, Lisandro réfléchissait beaucoup et il n'a plus réussi à faire de beaux tirs. Je n'aurais pas aimé être attaquant.

 

On m'a bien expliqué quand j'étais petit. Les défenseurs, ils restent entre le ballon et l'attaquant qui veut le ballon. Et si l'attaquant a la balle, alors le défenseur reste entre la balle et le but. C'est tout. Ensuite, l'attaquant il perd le ballon, et toi tu fais la passe devant. Et comme ça c'est bien.

 

Quand j'étais petit, j'écoutais beaucoup ce que me disaient les entraîneurs. Ils expliquent des choses qui aident, je trouve. Là, pour Noël, le coach il m'a dit de bien me reposer. Alors je suis sur ma terrasse, et les enfants jouent. Leonardo lui il m'a dit que bientôt je serai encore mieux à Paris qu'à Milan. Que je trouverai ça facile au PSG. Que les gens du Milan allaient partir, et que ça serait compliqué pour moi de retourner là-bas et de peut-être ne plus connaître le groupe. C'est vrai. Au début je ne voulais pas aller à Milan non plus, je lui ai dit. Il m'a dit que lui aussi il était parti. Qu'il ne fallait plus trop y penser.

 

J'y pense et je me dis : c'est vrai qu'à Paris, je commence à connaître les rues un peu, et le stade aussi, et les gens. Monsieur Leonardo et monsieur Carlo m'ont dit de me reposer, et de ne plus trop y penser. C'était pour m'aider. C'est gentil. Ils m'ont dit qu'on aurait encore beaucoup de matches. Je crois qu'ils ont raison. Ils m'ont dit que le PSG devait gagner le championnat, que ce serait bien. Et qu'après pour la Ligue des champions, on verrait. Il fait chaud ici. Je crois que je vais aller me baigner avec les petits. Et après on verra. Avec l'aide de Dieu.
 

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