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La Gazette > 14e journée

Une fois de plus, la Gazette fait œuvre de salubrité publique. À ce titre, elle devrait toucher 1% des droits télé de la Ligue 1.
> Le Classement en relief
> Les gestes de la journée
> La Bannette
> Et si on jouait 60 minutes?
> Une faille spatiotemporelle dans Jour de Foot
> L'offensive en retrait
> Huis clos et bulle papale
> L'envers du championnat
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Lyon se tire et le classement s'étire. Mais l'ordre de ses immédiats poursuivants reste le même: ils se regroupent simplement sur la même ligne après le nul de Lille et les victoires de Lens et Nancy.

L'ASSE double le FCSM, lui même rejoint par l'OM. Derrière, c'est tout le grand Ouest qui s'étage, de Bordeaux à Rennes en passant par Toulouse, Lorient et Le Mans. En confirmant la fin de sa mauvaise série par une victoire face à Toulouse, l'AJA devance désormais d'une marche un PSG qui prend le chemin inverse.
Les attardés, unanimes dans la défaite à l'exception de Monaco, voient les écarts de creuser en même temps que leur différence de buts...


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Les résultats de la journée
Lens-Nantes : 2-0
Saint-Étienne-Nice : 2-1
Marseille-Valenciennes : 1-0
Auxerre-Toulouse : 1-0
Nancy-Troyes : 1-0
Monaco-Lorient : 2-2
Rennes-Le Mans : 1-1
Sochaux-Lille : 0-0
Sedan-Lyon : 0-1
Paris SG-Bordeaux : 0-2


Les gestes de la journée

> la volée de Stéphane Sessegnon qui file au but à trente centimètres au-dessus de la pelouse, pure au point que le ballon ne tourne même pas sur lui-même, comme celui de Michel quand il avait marqué son deuxième but contre les Yougos en 85 au Parc.
> la frappe sèche d’Ulrich Le Pen dans la lucarne de Roma.
> l’ouverture de Bruno Cheyrou par-dessus cinq défenseurs manceaux mis hors de portée avant d’être reprise de volée au dessus du but par Moreira.
> l’aile de pigeon de Jérôme Leroy reprise de volée par un sombrero puis un ciseau de Michaël Isabey, encore repris en ciseau par Julien Quercia après la déviation de Sylva.
> le contrôle orienté de la poitrine de Frédéric Piquionne pour s’ouvrir le chemin du but à la réception d’une longue ouverture d’Hognon.
> la feinte de frappe de Pascal Feindouno qui met deux Niçois à l’amende avant de tromper Lloris.
> la frappe flottante de Marama Vahirua des trente mètres etla déviation kamikaze de Jérémie Janot sur son poteau.
> la frappe sur le poteau puis celle sur la barre de Tosin Dosunmu en à peine dix petites secondes de jeu.
> le déboulé de 80 mètres de Yaya Touré pour venir mettre au fond le ballon qu’il avait récupéré après deux relais supersoniques en chemin.
> la déviation tout en finesse à bout portant du jeune Nadjim Abdou dans son propre but pour offrir la victoire aux Lyonnais et fêter sa première demi-heure de jeu en première division.
> le quatrième but de Cyril Rool en L1 qui double le total de toute sa carrière en trois journées seulement.
> l'huile de coude, le petit pont et le centre diabolique de Mamadou Niang pour offrir le but de la victoire marseillaise à Pagis.


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À Marseille, même dans les moments de joie, on aperçoit toujours le fond du gouffre.


La bannette

Le nez dans le crépi
Guy Lacombe (lequipe.fr): "On est au pied du mur, j'espère que l'on va relever la tête".

Le quinzième élément
Hatem Ben Arfa (olweb.fr) : "Cela m’a fait plaisir de retrouver l’équipe première". Tu as eu peur que, sans toi, elle dégringole au classement?

La cible émouvante
Guy Lacombe (lequipe.fr): "Il ne faut pas tirer sur les joueurs, il n'y a pas mort d'hommes". Même les spectateurs visent mal.

L'interdiction de toucher à la marchandise
Jean-Michel Aulas (olweb.fr) : "Nos trois attaquants actuels sont de niveau européen. Il ne faut pas les enfiler".

Le pompier bon œil
Denis Balbir (C+) : "Il n'y a pas encore le feu au PSG". D'accord, mais qu'est-ce que c'est que toute cette fumée?

L'amputation
Sammy Traoré (lequipe.fr) : "On prend ce but et ça nous scie les jambes". Et ça te fait quoi de voir le monde à hauteur d'homme?

Le destin de l'OL
Hatem Ben Arfa (olweb.fr) : "Je ne sais pas comment la balle est rentrée". C'est simple: tu as tiré et Bernard Lacombe a fini le travail avec sa télécommande.

Le bide national
Pape Diouf (om.net) : "Ce championnat est marqué par un nivellement des valeurs non pas vers le haut mais au milieu".

Le Guy Adam chassé de l'Eden Parc
Alain Cayzac (L'Équipe) : "Le Parc des Princes était notre jardin, c'est devenu un lieu où nos joueurs sont terrorisés".

L'entraîneur qui s'ennuie sec
Gérard Houllier (L'Équipe) : "Je note que c'est notre quinzième victoire avant un match de Ligue des champions".

Le contrat exécuté
Thomas Déruda (om.net) : "Moi qui suis marseillais, c’est une fierté de porter ce maillot et de jouer dans ce stade, c’était un rêve d’enfant". OK, maintenant tu peux retourner en CFA.

Le déni de justesse
George Eo (L'Équipe) : "Ce n'est pas un coup d'arrêt, c'est simplement un match perdu".


Le Top "Grosse frayeur"
1. Teddy Richert (L'Équipe) : "On avait les pieds qui tremblaient".
2. Ronald Zubar (L'Équipe) : "En ce moment, les pieds tremblent un peu".
3. Gérard Houllier (olweb.fr) : "On a eu peur de ne pas marquer".

Le Top "Méthode Coué"
1. Guy Lacombe (L'Équipe) : "Au début, on a fait un beau match".
2. Albert Émon (om.net) : "Je trouve que l’OM fait un bon match".
3. Georges Eo (Ouest-France): "C'est notre classement qui suscite les commentaires, car nous ne sommes ni pires, ni meilleurs que certaines autres équipes. Sur le potentiel, on est à égalité avec une dizaine d'équipes".



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Heureusement que les supporters sont là pour donner de bonnes idées à des joueurs qui n'y auraient jamais pensé sans eux.


Et si on jouait 60 minutes?

Une statistique interpelle au terme de cette 14e journée : Lyon a marqué 20 de ses 30 buts dans la dernière demi-heure de jeu. On pourrait tresser des lauriers aux "quintuples", capables de plier leurs rencontres les plus indécises dans le money time. Notre cellule statistique a préféré élaborer le classement virtuel de la L1 en prenant en compte les résultats de tous les matches... au terme de la 60e minute de jeu. Idiot, nous en convenons, mais la méthode a le mérite de faire dégringoler l'OL de son piédestal.
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L’écart type des cinq équipes de tête - hormis Lyon, donc – est infime: elles ne "perdent" qu’un petit point en moyenne au cours de cette opération. Saint-Étienne s’empare, non sans une certaine ironie, du fauteuil de leader de ce classement sur 60 minutes, glanant 3 points par rapport à son classement officiel. Contrairement aux Stéphanois, Nancy et Marseille font les frais de l’arrêt prématuré du chronomètre, avec respectivement 5 et 4 points "perdus", alors que Lille et Lens obtiennent exactement le même nombre de points sur 60 et 90 minutes.

Mais la magie de ce classement opère véritablement en observant la chute vertigineuse des futurs sextuples. Avec seulement 5 victoires pour 8 nuls et une défaite, ils se voient privés de 14 points, et d’une place qualificative pour "leur" Ligue des champions. Les pittoresques escapades lyonnaises en UEFA offriraient un sacré bol d’air frais à notre bonne vieille L1.
Nous offrons cette réforme sur un plateau à la LFP, qui pourrait y voir la solution pour relancer l’intérêt de son produit phare, sans se perdre en conjectures dans la création de challenges en tout genre…



Le moment pathologique de Thomas Guichard

Afin d'enflammer la présentation du résumé de Rennes-Le Mans dans Jour de foot, Thomas Guichard n’a pas hésité à déflorer le résultat de la rencontre: "Je peux déjà vous dire qu’il y a eu un vainqueur dans ce derby des pays de la Loire!" Très bien, mais c’est qui le vainqueur à l’issue d’un match qui se termine sur un 1-1?



Une faille spatio-temporelle dans Jour de foot
Par Jordy Weissmüller

Les pauvres tentatives de l'équipe de Jour de foot pour égayer cette sinistre émission ont des effets inattendus qui peuvent aller jusqu'au comique le plus absolu. Mais cette fois, le pathétique "focus" de ce samedi m'a littéralement projeté dans le passé. Croyant bien faire, nos grands reporters avaient décidé de placer un micro et un téléobjectif sur deux supporters stéphanois, dans l'un des kops de Geoffroy-Guichard. Le misérable rendu sonore de la prise de son a donné l'impression que les deux compères se trouvaient devant un match de handball de district, dans un gymnase de sous-préfecture – et je passe sur la qualité des dialogues.

Mais le choc proustien s'est produit au moment où les supporters entamèrent un chant local, avec un entrain ne masquant pas une qualité vocale de bidasses de régiment d'infanterie. Pour faire resurgir un souvenir, non pas du service militaire (pour ça, la Marseillaise suffit), mais de concert. Plus exactement, le souvenir d'une cassette pirate de concert d'Iron Maiden à l'Espace Balard, en 1984. Avec les interprétations consternantes des voisins du preneur de son clandestin, couvrant le chanteur lui-même avec leurs voix atroces.
Une expérience musicale incongrue, recréée involontairement par Canal+. Parce que volontairement, ils ne font guère de miracles.



L'offensive en retrait

Dans l'euphorie d'un début de saison prolifique en buts, le Classement de l'offensive cher à Frédéric Thiriez et à Michel Hidalgo a été amplement célébré comme l'élément déclencheur d'un printemps de la Ligue 1, enfin rendue à l'audace et aux attaquants. On en parle beaucoup moins aujourd'hui... Il est vrai qu'avec notamment 17 buts au cours de cette journée, 20 lors de la précédente, la tendance est au tassement – peut-être en raison de l'alourdissement des jambes et des terrains en cette période de la saison. Ou bien du retour de la pression des résultats et du classement pour nombre d'équipes déjà contraintes de recourir aux bonnes vieilles recettes de la solidité défensive.

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Certes, la moyenne de buts par journée reste plus élevée que celle de la saison dernière (23,8 contre 21,4), et le nombre des 0-0 honnis est de 17 contre 13 pour la même période de l'exercice 2005/2006, mais la plus-value est relative. D'autant que Canal+ a eu le malheur de programmer quelques purges (Sochaux-Lille et Marseille-Valenciennes, pour ce seul week-end), préparant le terrain au retour des interrogations sur le niveau du "spectacle".

Surtout, si l’on jette un œil sur ce classement, on s’aperçoit que les six premiers du championnat occupent (certes dans un ordre légèrement différent) les six premières places du CLassement de l’offensive et que la même symétrie apparaît pour les trois reléguables. Ainsi – et c’était prévisible – Lyon devrait selon toute vraisemblance empocher les 2,5 millions d’euros de récompense à la fin de la saison, creusant un peu plus le fossé économique avec ses concurrents… Qui n'en sont même plus.



Huis clos et bulle papale

diouf_130_5.jpgAprès avoir été quasiment le premier président à retenir un joueur majeur ayant exprimé des velléités de départ (contrariant les adages, que lui-même avait souvent rappelés, "Aucun joueur n'est intransférable" et "On ne peut pas retenir pas un joueur qui veut partir"), Pape Diouf innove de nouveau en acceptant le huis clos auquel le Vélodrome a été condamné, suite à la grave blessure dont a été victime un pompier niçois après un jet d'objet explosif le 29 octobre dernier.

C'est une surprise, dans la mesure où les instances disciplinaires du football sont de véritables machines à réduire les sanctions, de manière quasiment systématique (l'affaire sus-mentionnée, au terme de laquelle le Conseil national de l'éthique avait été finalement désavoué en appel, ayant bien illustré ce travers).
La décision n'est pas sans risque "politiques", et elle a au moins le mérite de contredire un peu l'idée – héritée de l'épisode PSG-OM de la saison passée – que les dirigeants marseillais subissent l'influence des associations de supporters locales. Surtout, avec peut-être un peu de naïveté, on peut l'interpréter comme l'expression d'une volonté d'assumer une responsabilité collective.

Auto-arbitrage
L'argument des supporters, en pareil cas, est assez invariable: pourquoi sanctionner un groupe entier pour l'acte d'un seul individu? La punition collective, avec ses relents de caserne ou de pensionnat, a effectivement mauvaise presse et figure au catalogue des outils de base pour les idéologies totalitaires. Mais pour ce qui est des incidents graves dans les stades, aussi rares soient-ils en définitive, peut-on vraiment parler de responsabilité individuelle? Parmi les voisins du lanceur, combien, jusqu'à présent, rigolaient de le voir réussir le jet d'une bombe agricole sur la pelouse?
Les associations de supporters ont souvent eu du mal à démontrer leur capacité à responsabiliser leurs troupes, les fautes étant toujours rejetées sur une minorité de fauteurs de troubles. Un match à huis clos fait passer un message général, au-delà des Ultras eux-mêmes. Et contribue à fixer clairement les règles. Sans abuser de l'optimisme, on peut espérer que le drame qui a coûté plusieurs phalanges à un jeune homme aura pour effet positif de changer durablement la donne. La prochaine fois qu'un idiot veut faire le malin, il y a fort à parier qu'il sera "responsabilisé" par ses congénères…



L’envers du championnat

C’est le statu quo en tête du classement à l’envers. L’arrivée de l’hiver annonce traditionnellement la maturité du jeu des meilleures formations du pays, et force est de constater que les gros calibres du championnat sont effectivement au rendez-vous: ce sont Nantes et Sedan qui ont particulièrement marqué les esprits le week-end dernier.
En entrant immédiatement en action, les Canaris n’ont pas laissé Lens espérer plus de quelques secondes. Ils ont capitalisé sur l’ouverture du score de la 44e seconde de jeu, tuant le match à leur guise quelques minutes avant le coup de sifflet final. Une partition pleine de maîtrise qui consolide encore un peu plus les certitudes du groupe de Georges Eo.

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Les Sangliers bénéficiaient également d’un calendrier favorable. Opposés aux Lyonnais, plus largués que jamais dans la course au titre et ne manifestant pas la moindre volonté de progresser pour espérer quitter la dernière place du classement, les Ardennais ont traversé une de ces soirées difficiles que connaissent les équipes dominatrices en manque de motivation. Un de ces matches trop faciles sur le papier qui s’avère être un sacré bourbier, à la grande surprise des observateurs.

Soulignons que la défense sedanaise n’a pas aidé le collectif en n’évoluant pas à son niveau, se découvrant une solidité inhabituelle. Mais le club de Pascal Urano révèle un sacré potentiel, jouissant d’un réservoir de jeunes joueurs prometteurs déjà prêts pour le combat. Le jeune Nadjim Abdou a ainsi endossé le costume du sauveur d’un soir: pour son premier match en L1, il a apporté toute sa fraîcheur à son équipe en inscrivant le but de la délivrance à dix minutes du coup de sifflet final. Il lui aura suffi d’une petite demi-heure en L1 pour se montrer décisif; une efficacité qui pourrait rendre service à l’avenir aux hommes de Pasqualetti dont on ne souligne jamais assez la subtilité du coaching.
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