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Pierre Martini

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Morceaux de bravoure

Reprise dévoilée

Le championnat de France reprend avec sa cohorte de doutes et la pression de devoir se régénérer, sous peine de fâcher le peuple et les marchands du foot national. Les enjeux sont sur la table, les jeux ne sont pas faits. Mais la Ligue 1 a peur.
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La saison reprend, on reprend les habitudes? Ce n'est vraiment pas le souhait ambiant, puisque au contraire, l'attente d'un renouveau est générale, s'agissant d'un championnat de France 2007/2008 qu'on espère plus trépidant et moins semé de tragi-comédies que le précédent.

Un couteau sous la gorge de la L1
C'est donc sous le signe du volontarisme tout autant que de la confiance que s'est inscrit l'éditorial de L'Equipe de ce samedi, intitulé "Les promesses de la Ligue 1". Il est vrai que, chez les médias, on a envie d'y croire, afin que le produit ne défraîchisse pas trop les ventes et les audiences. Alors les articles se changent en prières. Ainsi, donc, de cet édito incantatoire qui tient un peu d'une cérémonie de la pluie (pour faire tomber les buts comme des grêlons dans l'orage) et évoque une saison qui "semble riche de surprises à venir", un "championnat [qui] sera très ouvert", une "lutte au couteau"... Car "la L1 doit une revanche à ses fidèles". On souligne la notion d'obligation, omniprésente aujourd'hui dans les médias. Mais notre bon vieux championnat est contrariant et propose un 0-0 pour le premier match télévisé, en prélude d'une journée à treize buts.

une_FF_ligue1a.jpgDu côté de France Football, on manie aussi les images, mais façon poupée vaudoue. Mardi, le magazine annonçait sa liste des "50 qui font la Ligue 1", avec la mission de la sauver. On ne sait pas si cinquante seront suffisants, mais le numéro 1 de ce top est malheureusement mal parti pour proposer ses bons offices puisqu'il s'agit de Grégory Coupet – qui figure à la une au côté de... Samir Nasri.


Thiriez veut décharger
En tout cas, dès la quatrième minute d'antenne de la saison sur Canal, Frédéric Thiriez s'est vu tendre un micro pour exprimer son enthousiasme. On peut résumer une partie de son discours par cette synthèse de sa première phrase: "plaisir formidable apéritif spectacle il fait beau jour béni vive le foot". On aura rarement connu un pareil militant de l'infantilisme.

L'autre partie du propos fut pourtant nettement plus grave, puisqu'en réponse à l'inévitable question sur "l'exode" des meilleurs joueurs, le président de la Ligue évoqua d'une part la prochaine (et très incertaine ainsi que déjà très conflictuelle) renégociation des droits télé, d'autre part la nécessité de réduire les inégalités... fiscales avec les autres pays européens. "Il faut qu'on obtienne du gouvernement qu'il aide le monde sportif à diminuer un peu les charges sociales", a-t-il affirmé, la moustache froncée. Le cadeau fiscal des lois Lamour ne suffit donc pas: travailleurs, travailleuses, apprêtez-vous à financer l'exonération totale de charges pour nos footballeurs, ces déshérités.


Pauvres de nous
Ce dernier terme n'est d'ailleurs pas complètement usurpé, du moins si l'on en croit la "paupérisation du football français", diagnostiquée jusque dans les pages de Libération – lire La misère s’installe dans le foot français. Peut-être vaudrait-il mieux, d'ailleurs, parler de paupérisation du foot non-anglais, parce qu'avec ses quatre milliards d'euros annuels, la Premier League peut écraser le continent dans les années à venir.
Et peut-être vaut-il mieux, finalement, prendre le parti de cette relégation en deuxième division financière (qui nous laisserait tout de même à notre cinquième place): un dirigeant français, cité dans l'article, estime que "Quand les spectateurs français seront prêts à payer 150 euros leur place au stade, on arrivera peut-être à faire revenir des joueurs. Et encore". À l'arrivée, on risque de n'avoir plus ni joueurs, ni spectateurs.

En tout cas, il est plus que temps de faire la seule chose qui s'impose depuis toujours: prendre son parti de ce football français, avec des qualités et des défauts assez immémoriaux. Développons une esthétique du match nul! Plus sérieusement, regardons ces jeunes pousser, croyons envers et contre tout que l'OM et le PSG retrouvent la raison et leur statut, qu'une ou deux belles réussites émergeront chez les clubs ambitieux et attendons des "exploits" européens qui auront d'autant plus de saveur. La saison commence, c'est le moment de se bercer d'espoirs en espérant qu'ils ne soient pas illusions.
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Le championnat de France


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