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FullMetalCaennais (avec C. K.)

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La Gazette de la L1 : 18e journée

Y a-t-il de plus en plus de buts dans les grands championnats ?

Oui, mais ils sont surtout marqués par les grosses équipes. Étude statistique, en graphiques, de l'évolution du nombre de buts en Europe: quel est le profil des équipes qui influent le plus sur les moyennes?

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Les suiveurs des différents championnats le ressentent, sans forcément avoir les chiffres pour étayer leur point de vue: le nombre moyen de buts par match est de plus en plus élevé depuis plusieurs années. Cette augmentation est-elle réelle ou fantasmée? Et est-ce le miroir déformant des grands clubs, plus suivis et diffusés, qui donne cette impression ou impulse la tendance? Tour d'horizon statistique dans les cinq grands championnats.

 

 

Méthode

Premier constat: l'évolution du nombre de buts par match est assez contrastée en fonction des championnats. Si l'on étudie les premières divisions des cinq premiers au classement UEFA actuel (France, Espagne, Angleterre, Allemagne et Italie) de la saison 2000/01 à 2016/17, on se rend compte que la moyenne de buts par match a effectivement augmenté de manière significative en France (passant de 2,2 à 2,5), en Espagne (de 2,6 à 2,8) et en Angleterre (de 2,55 a 2,75) mais qu'elle est restée quasiment stable en Italie (2,6 à 2,7) et en Allemagne (2,85 à 2,89) ces deux dernières augmentations n'étant pas statistiquement significatives.

 

 

Une hausse généralisée donc mais à relativiser, aucun championnat n'ayant subitement atteint des valeurs comparables à celles des années 60, où les 8-2 étaient beaucoup moins improbables qu'aujourd'hui. Qui sait si, sans la centaine de matches disputés par Manuel Almunia avec Arsenal, la moyenne de buts en Premier League n'aurait pas été nettement plus faible? Si le passage de Troyes en Ligue 1 il y a deux saisons, marqué notamment par une défaite 9-0 face au PSG, n'a pas contribué à maquiller les chiffres? Car il y a deux façons d'analyser la situation: par le haut et le bas. Par la prise de risque de "petits" qui se veulent plus ambitieux que leurs prédécesseurs ou la puissance de "gros" toujours mieux équipés offensivement.

 

 

Découpage

Pour voir cela, plutôt qu'au nombre de buts par match, il faut s'intéresser à ceux inscrits par équipes. Nous avons donc décidé de séparer (de manière un peu arbitraire) chaque championnat en quatre groupes. Le premier groupe (noté Q1) correspond à ce qui est habituellement appelé le "Big Four", soit les équipes classées aux quatre premières places en fin de saison. Le deuxième groupe (Q2) correspond aux formations situées entre la cinquième et la dixième place – ou neuvième dans le cas des championnats à dix-huit clubs. Le troisième (Q3) comprend celles entre la onzième et la seizième (de dix à quatorze dans les championnats à dix-huit) et le dernier (Q4), logiquement, représente ce qu'on peut qualifier de "Tiny Four", c'est-à-dire les quatre derniers. Comme les calculs se font sur les moyennes de buts par match de chaque groupe, le fait que certains groupes n'aient pas le même nombre de club n'a pas d'importance.

 

 

 

 

 

 

Ces cinq graphes montrent la moyenne de buts marqués par les équipes des quatre groupes pour chaque saison depuis 2000. Pour la France, on constate par exemple que la ligne rouge (correspondant au Big Four) montre que la moyenne de buts marqués par match est passée d'environ 1,5 à 2 en seize ans – soit une hausse d'environ 2% par an. Cette valeur se retrouve dans le graphique de synthèse ci-dessous, qui récapitule le pourcentage d'augmentation annuel du nombre de buts marqués en fonction du groupe (Q1, Q2, Q3 ou Q4). Il existe naturellement une incertitude sur ces mesures puisqu'on constate qu'il y a une certaine variabilité entre deux saisons consécutives. C'est cette incertitude qui est exprimée par les barres verticales qui accompagnent chacun des points du dernier graphique.

 

 

Par exemple, pour le groupe 1 en France, l'interprétation est la suivante: l'augmentation moyenne observée est de 2% par an et il est quasiment certain (à 95%) que cette augmentation se situe entre 1 et 3%. On le constate, l'intervalle de confiance est assez large mais il nous permet en tout cas d'être certain que la hausse du nombre de buts est bien réelle pour le premier groupe (car l'intervalle de confiance est très éloigné de 0%).

 

 

Analyse

Que peut-on en déduire? Et bien qu'en France, en Allemagne et en Espagne, la hausse du nombre de buts est presque uniquement portée par les membres du Big Four. Ce qui n'étonne qu'à moitié quand on analyse les tendances récentes dans ces championnats: un PSG qui marque de plus en plus mais qui n'est pas le seul à mettre des cartons (trois des quatre meilleures attaques européennes en championnat cette saison se trouvent en Ligue 1), un Bayern rejoint par Dortmund dans la caste des équipes qui mettent beaucoup de valises et un binôme Real-Barça qui a fait s'affoler les chiffres, surtout dans la période Mourinho-Guardiola.

 

L'augmentation est en revanche un peu mieux répartie en Italie et en Angleterre puisque les clubs de la première partie du classement semblent également contribuer. La Serie A, dont la plupart des locomotives ont perdu de leur puissance ces dernières années, et la Premier League, championnat aux droits TV très égalitaires, nuancent un peu une tendance qui reste néanmoins nette: ce sont les meilleurs qui ont accéléré la fréquence avec laquelle ils trouvent le chemin des filets. Le nombre de buts marqués par les clubs de deuxième moitié de tableau est ainsi plutôt en régression… hormis en France. C'est donc avec la participation – à l'augmentation minime mais réelle – de ses mal classés que la Ligue 1 a comblé son retard au nombre de buts par match.

 

Un coup d'œil au classement de cette saison suffit d'ailleurs à illustrer une tendance observable sur une durée bien plus longue: Nantes et Montpellier, membres du top 7, sont parmi les plus faibles attaques de Ligue 1, à bonne distance de Bordeaux ou Angers, pourtant en difficulté. Une nette différence avec les championnats voisins où les seules (relatives) incongruités concernent le bon classement du solide Burnley et le mauvais de l'expansif Celta, la corrélation entre position et buts marqués étant autrement très significative. Chacun en fera sa propre interprétation...

 

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