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Le Feuilleton de la Ligue 1

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Paris, droit au bus

La Gazette > 25e journée

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Les résultats de la journée

Saint-Étienne-Nancy : 4-0
Lille-Rennes : 3-1
Marseille-Paris SG : 2-1
Metz-Valenciennes : 2-1
Le Mans-Lyon : 1-0
Auxerre-Toulouse : 1-0
Lorient-Strasbourg : 1-0
Sochaux-Caen : 1-1
Lens-Nice : 0-0
Monaco-Bordeaux : 0-6



Les 5 gestes de la journée

• L'horizontale de Planté qui détourne la tête d'Isabey sur le poteau en dépit d'un rebond et d'un angle parfait.
• La parade quasiment inexplicable d'Audard, qui parvient à mettre la main sur la trajectoire de la reprise à bout portant de Ganeiro.
• Les pas de danse de Feindouno au moment de contrôler un ballon au milieu de terrain, qui transforment son vis-à-vis en figurant et lui permettent de servir tranquillement Gomis, seul dans la profondeur, pour le 2-0.
• La talonnade de Chafni qui dévie et soulève le ballon pour trouver Niculae seul face au but.
• La poignée de main respectueuse entre Le Guen et Gerets suivie d’une petite discussion détendue avant de pénétrer sur la pelouse.


L'antigeste de la journée

• La jolie niche chère à Jean-Michel Larqué, constituée par Roma bien sur ses appuis, pour recueillir le coup franc de Micoud qui ne lui parviendra jamais, Chamack ayant l’indélicatesse de couper la trajectoire pour dévier le ballon dans le but.



La bannette

Le commentateur à l'envers
Alexandre Ruiz (Canal+) : "Je vous rappelle qu'on est toujours au cœur de cette question: qui sera 18e au terme de cette journée?"

Le challenge wannabe
Laurent Jaoui (France 2 Foot): "Essayons, si vous le voulez bien, d'aller un peu plus loin dans la réflexion".

Le partenaire particulier
Guy Lacombe (losc.fr) : "Il se trouve que ce soir, le jeu n’était pas rennais". Si, il était parrainé par Handicap International.

Les victimes d'Alzheimer
Guy Lacombe (losc.fr): "Cela étant dit, je pense qu’on a fait une bonne première mi-temps, on est bien entré dans ce match. Bon, ensuite, on a quoi, quinze minutes d’égarement?"

Le championnat à l’envers
Nicolas Douchez (tfc.info) : "Ce soir on a montré qu'on voulait aller jusqu'au bout, mais ça n'a pas réussi". Metz et Sochaux avaient déjà réservé leurs places.

Le capital risque
Guy Lacombe (losc.fr): "C’est vrai que ce match contre le LOSC, on ne le perd pas ce soir, on l’a perdu bien avant". Même qu’on a les images de la signature du contrat.

L’entraîneur qui a prévu de partir en vacances au mois d’avril
Jean Fernandez (L'Équipe): "Le bilan, on le fera à cinq matches de la fin".

Le retour de la CAN
Yvon Pouliquen (sport24.com) : "Je vais me servir de ce match et on va tenter de s'appuyer dessus".

Leur championnat à l'envers à eux
Juninho (L'Équipe): "Il faut que nous soyons plus chiants".

L’appel à Piquionne
Michel Pastor (eurosport.fr) : "Je demande une forte révolte".

L’hommage et intérêts
Tulio de Melo (L'Équipe) : "Je voudrais vraiment dédier ce but à Cleber Anderson". Un peu comme si on dédiait un accident à Pierre Richard?

L’école des fans
Pape Diouf (L'Équipe) : "La semaine a été bonne sur le plan mathématique". Et sur le plan grammatical, quelle décennie!

La comète du hâlé
Ricardo (L'Équipe): "Ça me rappelle la déroute subie avec le PSG contre la Juve (1-6) il y a onze ans. Bon, une fois tous les onze ans, ça va".

Le directeur sportif qui voudrait faire tampon
Marc Keller (L'Équipe) : "On se sent honteux, comme si le club saignait".

Le président qui trempe ses affaires
Michel Pastor (L'Équipe) : "Je crois qu'on se mouille la chemise dans ce qu'on doit faire".

Le défi
Yvon Pouliquen (sport24.com) : "Nous devons produire pendant 90 minutes le jeu proposé lors de cette seconde mi-temps". Réparti sur les treize matches à venir, c'est jouable.

Le message qui passe moyen
Ricardo (L'Équipe) : "Ça donne l’impression qu’on a laissé filer le match". Quoi? Le score? Noooon.

Le mince espoir de reconversion aux Cahiers du foot
Julien Herichon (France 2 Foot) : "Que les choses s'apaisent entre dirigeants, journalistes, joueurs, arbitres, que le PSG-OM de ce soir soit un modèle de fair-play bref, que tout le monde soit aussi gentil que Denis Balbir, c'est notre espoir, bonsoir".


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C'est curieux, chez les marins, ce besoin de faire des phrases.


Sur la défensive

En classant Nancy troisième meilleure défense européenne à la moyenne de buts encaissés par match, L'Équipe du 16 février faisait fi des particularismes propres à chaque compétition. Derrière le Bayern de Munich, premier, et Manchester United, second, l’équipe de Pablo Correa pointe fièrement sur le podium avec 0, 542 de moyenne. Un peu mieux que l’Inter Milan (0,591) et le FC Barcelone (0,652), aux jeux diamétralement différents de Nancy. "On ne peut pas comparer les Championnats, c’est un truc pour remplir du papier, ça", remarque à juste titre le latéral David Sauget, dès l’entame d’un article baptisé "Nancy, bouclier européen".

Même son auteur Lionel Dangoumau concède la faiblesse de l’angle, au détour d’un "La comparaison vaut ce qu’elle vaut, d’accord". D’accord, opine le lecteur, avant de constater, en lisant la suite, le recentrage du papier sur la culture défensive de l’ASNL, interviews des joueurs à la clé. Et tant pis si l’on s’éloigne alors des terrains étrangers en compagnie de Sauget, qui souligne, citant le Bordeaux de la saison 2005-2006, la nécessité de posséder une défense valable pour bien figurer en Ligue 1. "Une bonne comparaison, bien française", conclut finalement le journaliste, peut-être un peu amusé, en rangeant dans son tiroir ces statistiques poreuses.



La minute pathologique de Guy Roux

"Alors je vais proposer quelque chose: l’UNFP a dit que tous les joueurs auront un T-shirt à l’échauffement ‘Non au racisme’. Moi je propose aux joueurs, tous, de le mettre sous le maillot, et tous les joueurs qui marqueront un but pendant cette journée, ils le lèvent, et y a ‘Non au racisme’. Et on verra s’ils mettront vingt cartons jaunes s’il y a vingt buts dans la journée". (Les Spécialistes)



La minute lourde du demi-président

Bernard Caïazzo : "On va pas se mettre dans un lit tous les deux et puis... devant tout le monde! D'accord? C'est pas notre genre. Je sais qu'il y a des caming out (sic) en ce moment, mais c'est pas notre genre!"

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L'amende à moitié honorable

– Laurent Jaoui : "Les réflexions, alors là, elles nous sont adressées directement. Petit numéro d'autoflagellation. Oui, c'est vrai, nous adorons ce que nous avons brûlé. Il y a deux mois, nous avions fait un débat totalement inverse ici, et les téléspectateurs nous le reprochent. Pourquoi pas. Nous savons aussi reconnaître nos torts, nous avons été versatiles, mais enfin, les résultats de l'OM aujourd'hui font que ce débat puisse avoir lieu".
– Denis Balbir : "Enfin, versatiles... on constate de week-end en week-end hein! On fait pas de projection".



La question qu’on continue de se poser

Au fait, ça sert à quoi exactement, un Laurent Weil qui joue au maître de cérémonie lors des grosses affiches diffusées par Canal?
1. Euh…
2. Attendez, laissez nous réfléchir, on va trouver.
3. Bon, d’accord : à rien.

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Selon la signalétique de Canal+, cette image annonce un mauvais film.


Le journalisme d'altitude

Denis Balbir : "Grenoble a un nouveau stade depuis la fin de semaine. Face à Clermont, il a été inauguré, ce stade au coeur de la ville, avec des innovations technologiques in-cro-ya-bles, notamment des cartes à puces au lieu des tickets pour rentrer dans le stade".

Alain Vernon : "Tout le monde s'est surpassé pour construire le Stade des Alpes. Les architectes d'abord, les mêmes qui ont bâti le Stade de la Licorne à Amiens. Un stade à l'Anglaise entièrement fermé ici, et couvert de vingt mille places. Le seul stade en France où vous verrez les Alpes à travers la toiture. (...) Ce stade, qui a coûté quatre-vingt-cinq millions d'euros, truffé de technologies nouvelles, est le plus moderne de France pour le plus grand bonheur du spectateur".

Pierre Maze, président délégué du club : "Y aura la possibilité d'être interactif avec son équipe, d'envoyer des SMS sur les écrans géants, d'élire le joueur du match, de correspondre avec ses joueurs, et de correspondre avec les autres spectateurs".

[Pour une vision différente de la communication officielle, lire "L'info en (très) bref"]


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Le Stade des Alpes: une belle idée de reconversion pour la question SMS de France 2 Foot.


La fausse vérité

Xavier Gravelaine (France 2 Foot) : "Faut pas oublier que ça fait six ans que l'Olympique lyonnais domine le championnat avec entre huit et douze points d'avance, et que c'est la première année qu'il va certainement finir avec moins d'avance".

Bref rappel
• 2002: 2 points d’avance (sur Lens)
• 2003: 1 point d’avance (sur Monaco)
• 2004: 3 points d’avance (sur Paris)
• 2005: 12 points d’avance (sur Lille)
• 2006: 15 points d’avance (sur Bordeaux)
• 2007: 17 points d’avance (sur Marseille)



Le carambolage de métaphores

Sébastien Dupuy (Canal+) : "Philippe Candeloro était là également, un élan capillaire, un gang des chevelus auquel il faut ajouter Ulrich Le Pen. (...) Oscar Ewolo a été l'homme du match côté lorientais, à la récupération, de tous les instants, une boule de punch, véritable pierre angulaire du FC Lorient ce soir".



Le quiz SMS France 2 Foot (part 1)

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• Parce qu'à Marseille, il y a déjà Cissé qui aime marquer quasiment.
• Parce qu'à Marseille, c'est une habitude : on s'est déjà quasiment passé de Mario Jardel.
• Parce qu'a Marseille, les buts quasiment marqués par Toudic ne comptent pas.
• Parce qu'avec Landreau qui arrête quasiment les tirs, c'est déjà suffisamment difficile de gagner.
• Parce qu'à ce train-là, le PSG est quasiment en Ligue 2.


Le quiz SMS France 2 Foot (part 2)

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• Non, c'est Le Mans qui est plus fort que l'OL, suivez un peu, merde!
• S'ils sont capables de gagner douze points d'un coup, aujourd'hui, c'est incontestable.
• Ça depend, au bras de fer ou au jetetienstumetiens?
• Non, pas aujourd'hui: Valbuena a piscine et Niang un cours de tricot.



Les observations en vrac

• L'entraîneur des gardiens d'Aston Villa qui n'avait pas donné suite à l'essai de Mandanda au mois d'août est-il toujours en poste?
• On entend beaucoup moins clairement les ricanements provoqués par Albert Emon quand il déclarait être convaincu que l'OM serait dans les trois premiers à la fin de la saison.
• Quelqu'un a des nouvelles de Pierre-Alain Frau?
• Après l’expulsion à retardement de Jurietti au Mans (23e), le but refusé à Toudic au Vélodrome (24e) et l’affaire Ouaddou à Metz (25e), jusqu’où ira la grande tournée de Monsieur Ledentu?
• La reconversion à éviter pour Mickaël Landreau: contrôleur aérien.
• L’affreuse méprise de la semaine: le fils de neuf ans d’un membre de la rédaction surprend son père devant la rediffusion d’On refait le match comme s’il était devant un porno. Gros plan sur Hervé Penot: "Tu regardes Jean Sarkozy toi, maintenant?"



L’équipe pauvre type

Il aura fallu faire et refaire les calculs plusieurs fois avant de devoir se rendre à l’évidence. Pour la première fois, l’équipe pauvre type est… une équipe qui existe vraiment. Avec 33,5 points cumulés dans L'Équipe, et 24 dans France Football, l’AS Monaco réalise le premier grand chelem de l’histoire. L’ampleur du score (0-6) aura sûrement fait trembler le stylo des noteurs, tant il est difficile de reprocher aux Monégasques l’insolente réussite des Girondins. De toute façon, la crédibilité des journalistes avait déjà été largement entamée lorsqu’ils ont attribué un 9 à Micoud, soit une note équivalent à celle attribuée à Zidane après la finale de la Coupe du monde 98.

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L’envers du championnat
À force de déjouer au football, Sochaux devait bien finir par déraper. C’est au terme d’une action une nouvelle fois construite en dépit du bon sens, que Maurice-Belay part à la faute pour la première fois de sa jeune carrière. Ne parvenant pas à obtenir un penalty de la main, les Caennais lancent la moissonneuse-batteuse Gomis tacler au cœur de la surface de réparation. Ils pensent avoir fait le plus difficile en entendant le sifflet de M. Malige, mais Grax vient donner un précieux coup de main à Dalmat avant la transformation. Un soutien qui permet au futur-ex Lionceau d’atteindre la cible: en plein sur Planté. Il ne faut que cinq petites minutes au dauphin jaune pour retourner le sort de la rencontre, et obtenir le partage des points après avoir frôlé la catastrophe.

Mais le véritable coup de génie se déroule, une fois de plus, sur la pelouse de Saint-Symphorien. Valenciennes croit piéger le leader avec un modèle de but à l’envers qui semble condamner les Grenats à son deuxième accroc de la saison. C’était sans compter sur le soutien de son douzième homme. Constatant l’impuissance d’un soir de ses protégés, il fait montre d’une intelligence de jeu incomparable, en encourageant Babacar Gueye avec trop de véhémence, tout en faisant mine de s’adresser au naïf Ouaddou qui tombe dans le panneau, contrairement au formidable M. Ledentu qui ne se laisse pas abuser. La jurisprudence bastiaise devrait, en toute logique, concrétiser sur tapis vert un adage jusqu’ici inimaginable: avec le FC Metz, quand tu gagnes, et ben tu perds quand même. Du très, très haut niveau.

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Le challenge Pouliquen à l’endroit, ça manque de panache.

Derrière les leaders, Rennes se fait souffler la troisième place par Toulouse, dans un remake haletant de la lutte du classement à l’endroit de la saison dernière. Guy Lacombe peut nourrir des ambitions légitimes au regard de l’état de forme de sa nouvelle équipe: "On perd ce match parce qu'on est en train de se réveiller", se réjouit-il. Mais les Violets semblent habités par cette espèce de sérénité, et constatent qu’ils confortent leur position, journée après journée. Ainsi Dominique Arribagé se satisfait-il de constater: "L'écart se creuse avec les poursuivants". Les prétendants restent toutefois très nombreux dans la lutte contre le maintien: de Rennes à Strasbourg, sept clubs se tiennent en embuscade à cinq points des Toulousains…
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