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Owen Gourdin

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Le jeu à la Troyenne

Gloire à l'as Sow

Bouteille – Sortons de la cave cet article mis en ligne il y a deux ans, et qui pariait sur l'éclosion de Moussa Sow. Avec un an d'avance sur l'histoire.
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[article mis en ligne le 4 août 2009 dans la série "2008-2010 - les joueurs à suivre"]

Même la famille Pinault, aussi fortunée soit-elle, n’aurait pas parié un kopeck sur Moussa Sow. S’il avait fallu mettre une pièce sur un attaquant à l’aube de la saison 2008/2009, certains auraient misé sur Asamoah Gyan, recruté à Udine pour huit millions d’euros. D’autres auraient joué Jimmy Briand, international français conservé tant bien que mal. C’est finalement un second couteau présumé, revenu d’un prêt à Sedan, qui terminera meilleur buteur des Rouge et Noir (treize réalisations, toutes compétitions confondues).


Le bonheur est dans le prêt

Lorsque Moussa Sow rejoint les Ardennes en août 2007, sa carrière est au point mort. Depuis son premier match professionnel, en octobre 2004, l’attaquant présente des statistiques peu reluisantes: trois buts en 34 apparitions (pour sa défense, il n’est titularisé qu’à quatre reprises). Habitué des terrains du CFA et des bancs de touche de Ligue 1, il n’a d’autre choix que de s’exiler pour progresser.
En changeant d’air, Moussa Sow donne un nouveau souffle à sa carrière. Revigoré par une année ardennaise durant laquelle il a pu se rendre utile (dix buts), l’attaquant revient en Bretagne pour se faire une place au soleil (si, c’est possible). Guy Lacombe souhaite voir son joueur à l’œuvre pour l’évaluer. Il est rapidement fixé. L’attaquant claque quatre buts en cinq matches lors des rencontres amicales d’avant-saison. La valeur de ces rendez-vous, toute relative pour les uns, est parfois capitale pour d’autres, en quête d’une place de choix dans l’effectif.

S’il n’a pas encore l’étoffe d’un titulaire, ses entrées en jeu remarquées et son été convaincant posent les bases d’une saison réussie. En Norvège, face à Stabaek  (deuxième tour aller de la Coupe de l’UEFA, défaite 2-1), Moussa Sow réduit la marque d’une reprise acrobatique. Dix jours plus tard, le 24 août, il s’illustre à nouveau, face à Lille (3e journée de Ligue 1, victoire 2-1). Un extérieur du mollet gauche aussi vilain qu’important, puisqu’il il permet aux Rennais de s’imposer sur le fil.

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De "Super Sub" à Superman

Les pépins physiques de Gyan, combinés au peu de crédit accordé par Lacombe à Wiltord (qui quittera Rennes pour Marseille au mercato hivernal) rapprochent Sow des titulaires. L’attaquant qui monte s’illustre à Caen, où il égalise à peine entré en jeu. Et remet ça juste avant la trêve hivernale. Alors que le Stade rennais est mené 1-0 à Lorient et voit sa série d’invincibilité battre de l’aile comme en Normandie, Sow sort du banc. Bilan: une passe décisive et un but. Guy Lacombe apprécie. Du coup, face à Grenoble (1-0), c’est en tant que titulaire que l’attaquant stadiste lance son année civile. Et de quelle manière: son enchaînement (dribbles, frappe lointaine sous la barre) débloque un match fermé. Bruno Cheyrou dira de son partenaire que sur ce match, c’était "Superman".

Sow aurait pu être le super-héros de tout un club cinq mois plus tard, en mai. Mais Rennes a raté le match qu’il ne fallait pas rater. Et sa révélation le duel qu’il ne pouvait pas rater. Seul face à Gauclin, le gardien guingampais, l’attaquant expédiait une mine pleine barre (sur l’échelle d’Amhada Jambay, le ballon a dû rester en l’air dix secondes après avoir frappé le montant). Ballot, au moment de boucler une saison dont le bilan dépendait tellement de ce rendez-vous dionysien.   

Sous contrat jusqu’en 2010, Sow n’a toujours pas prolongé. Malgré une dernière saison réussie, c’est encore une fois dans la peau d’un remplaçant qu’il a débuté sa saison. Ni Gyan, ni Bangoura, recruté cet été pour onze millions d’euros, n’ont encore marqué. Sow, lui, en est déjà à deux buts lors des matches amicaux. 


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